Comestible ?

Tu ne jugeras point – Armel Job

Dans « tu ne jugeras point », Armel Job relate un fait divers fictif, l’enlèvement d’un petit garçon… fictif mais quand même nettement appuyé par les affaires des dernière années, de Dutr*** à Outreau, en passant par Mac Cann. Le résultat contient hélas quelques clichés et idées préconçues tels qu’il s’en propage dans les bistrots. L’auteur semble s’être relativement peu documenté sur la justice et le milieu judiciaire. Le récit est donc peu étayé et peu convaincant. Il n’est pas impossible d’écrire sur un sujet dont on ignore tout au départ, moyennant une bonne documentation. Malraux a écrit la Condition humaine, histoire qui se passe en Chine, sans avoir mis un pied au delà de l’Oural. Les Bienveillantes a été écrit par un écrivain né après la guerre, et pourtant il contient une profusion de détails.

La fin, au lieu d’éclairer le roman, l’assombrit. On s’aperçoit que l’affaire est assez simple, un cas de figure vu mille fois.

Quelques approximations, parmi les plus flagrantes :

Page 24 : « Rex ne comprenait que le flamand, langue dans laquelle zouk signifie : cherche »

On n’écrit pas « zouk » mais « zoek » (bien que ça se prononce zouk en effet)

Page 257 : « Elle irait voir le juge Conrad, elle lui avouerait ce qu’elle avait sur le cœur. Il suffisait de prendre à droite la rue Hors-Château, puis de suivre les ruelles obscures au pied de la Citadelle. Elle arriverait à l’arrière du palais et chercherait l’entrée. C’est une haute porte cochère par laquelle on accède à une cour carrée… »

Cette description de la ville de Liège, il me semble que l’auteur l’a tirée de sa mémoire lointaine. En effet, la rue Hors-Château conduit directement au palais. Pour y passer souvent, je dois avouer que je n’aurais pas deviné l’endroit pourtant si particulier s’il n’était nommé.

Tu ne jugeras point -Armel Job. Éditions Laffont

Article publié par Noann le 20 janvier 2010 dans la catégorie Comestible ?

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9 petits mots

Xavier de Edmée
Le 23 jan 2010 à 12:04:42

Ah encore une chose…
Pour la description du Palais des princes-Eveques et alentours, c’est un peu vrai ce que vous dites, je pense que l’écrivain s’est basé sur ses souvenirs…. Les ruelles, qui ne sont pas obscures d’ailleurs, auquelles il fait allusions sont celles autour de la rue Pierreuse et les venelles qui vont entrent rue Hors-Chateau et Feronstréee. Je sui sdu coin, hé hé…
Pour ce qui est du flamand, certes la langue est le neerlandais, masi en Belgique on parle souvent du flamand, bien que cela désigne en effet le patoi local, et que dans la police on parle certainmenet le bon neerlandais
Mes excuses pour les fautes s’il en eest, le texte est gris sur fond noir et je ne vois plus très bien, enfin plus comme avant avec la soixantaine passée.
Bravo pour votre site,



 
deashelle
Le 27 juil 2010 à 12:16:34

D’abord l’impression de déjà vu, le monde désuet d’un Maigret en action dans une quelconque banlieue belge. L’éloge du pauvre et digne, passons. Dans les courbes paresseuses du fleuve, les relents glauques d’une nouvelle affaire Dutroux… Peu intéressant, je ne raffole pas des faits divers. Enfin la finesse de l’enquête révèle une mère aux abois, peut-être même criminelle. Les points de vues se croisent et rendent l’histoire de plus en plus embrouillée, le personnage de la mère est l’énigme. Une énigme d’honneur, d’opiniâtreté, d’amour inconditionnel, de féminitude, et de courage. Un personnage dont le mensonge se doit d’être une deuxième nature. Seule manière de se défendre, elle et les siens. Tout l’accable mais elle se bat jusque dans ses derniers retranchements, suppliant d’épargner la vérité à son mari et ses enfants.
L’écriture est leste, matérielle et sans cesse rebondissante. Un parallèle avec une autre mère, d’autres portraits de femmes… Derrière ce roman policier, de quoi s’agit-il? Les apparences sont toujours trompeuses et la phrase en exergue de Saint Augustin d’une précieuse humanité.  » les juges ne sauraient avoir accès à la conscience de ceux qu’ils poursuivent ». Dans les courbes paresseuses du fleuve, est né un très beau roman, dont tous les personnages sont très bien campés et si humains.



 
Noann
Tenancier
Le 27 juil 2010 à 13:47:10

Merci pour votre avis, qui donne un contrepoint intéressant

J’aurais beaucoup de choses à dire au sujet de ce livre. Je l’ai retrouvé et presque chaque page comporte une note, en apostille. Cela va des fautes d’orthographe ou de frappe, à des considérations parfois bizarres. Quelques clichés et sophismes qui personnellement m’ont dérouté. Un juge que je ne sens pas. Je n’ai pas une connaissance parfaite du ministère de la justice, mais ça ne respire pas le vrai, pour faire simple. Comme nous ne sommes pas dans la science-fiction mais dans une histoire qui se veut réaliste, il me semble que le manque de souci du détail nuit considérablement à la portée du livre.



 
Noann
Tenancier
Le 28 juil 2010 à 00:20:50

Voici quelques liens au sujet du Palais des Princes-Évêques

http://fr.wikipedia.org/wiki/Palais_des_Princes-%C3%89v%C3%AAques_de_Li%C3%A8ge
http://www.grandcurtiusliege.be/histoire-et-architecture/le-quartier/le-palais-des-princes-eveques

…. bien autre chose en réalité que le simple bâtiment avec une porte cochère et des couloirs. Un monument que l’auteur décrit mal. certes là n’est pas le but, me dira-t-on, mais tout de même, il y va de la crédibilité du récit et de sa consistance. Dans un récit qui se veut réaliste, il me semble que les descriptions de lieux doivent être réalises elles aussi. Il manque un sérieux soucis du détail et pas mal de rigueur. De même pour le ministère de la justice dont le fonctionnement est à peine effleuré, alors que c’est une institution complexe, chargée de règles et de procédures. NON Monsieur Job, le courrier n’est pas rangé sur une pile ‘anonyme » et une autre nominative. On voit bien que vous n’avez jamais été fonctionnaire, moi bien figurez-vous.

Je peux vous assurer que je connais le moindre recoin de cette ville, surtout les environs de la Citadelle et les rues dites obscures derrière le palais (pas si obscures et et qui ne mènent pas à l’entrée du palais mais derrière). Je n’admets tout simplement pas qu’un écrivain du coin se donne aussi peu de mal pour être crédible et exact quand il parle de sa région.

De plus pas loin de là, un pédophile récidiviste a assassiné deux fillettes (quartier Nord). Après ça, une fiction sur un enfant égaré, c’est vraiment inutile et presque stupide.

Messieurs les « écrivains », rendez-vous une journée ou deux sur les lieux avant d’écrire, c’est un minimum qui nous est dû, à nous lecteurs !



 
Le 8 oct 2011 à 23:50:46

Je m’apprêtais à commander ce roman.
Je fais marche-arrière ^^
Ma PAL vous remercie :)



 
Noann
Tenancier
Le 8 oct 2011 à 23:56:52

Ah oui… ça remonte à loin, je venais de créer mon blog et je n’hésitais pas encore à descendre un auteur (il y a avait peu de visites à l’époque…)
C’est surtout les lieux que j’ai trouvés mal décrits (je connais fort bien la région), et le milieu de la justice, assez sommaire…
Mais certains l’ont aimé… Donc il vaut mieux lire plusieurs avis, quand même (nous ne sommes pas une bible)

Merci Cajou pour cet avis, et l’occasion de découvrir votre blog… J’aime bien la mise en page et les petites icônes (entre autres), j’y reviendrai.



 
Le 9 oct 2011 à 00:11:44

Ayant moi-même vécu 6 ans à Liège durant mes études à l’ULG, je pense que ces imprécisions risquent de me déplaire également :)
A (très) bientôt (vu le nombre de billets, j’en ai encore pour un petit temps avant d’avoir tout découvert!)



 
Mathilde
Le 23 avr 2012 à 19:01:21

J’aime bien ce roman, sans estimer qu’il mérite le prix Nobel… Je pense que vos critiques ne tiennent pas compte du statut du narrateur. Je m’en explique. Dans le cas du nom du chien, il écrit Zouk parce que dans la tête des gens, c’est bien cette graphie qui apparaît, ils ne connaissent pas le néerlandais. D’ailleurs si je ne me trompe, la référence au néerlandais est faite à la fin du passage –> narrateur omniscient
Pour ce qui est des limites des descriptions: je pense que le propos n’est pas là: une fois de plus dans le passage que vous citez, il faut faire attention au narrateur: les bâtiments sont vus à travers les yeux de la femme –> un narrateur omniscient….
Le propos n’est pas le réalisme ou alors j’ai dû manquer un épisode.
Je trouve que la lecture est plaisante parce qu’on se demande en effet ce qui est arrivé à cet enfant et quelle est la responsabilité de la mère. En bref, je vous trouve bien injuste surtout quand on voit ce qu’on nous présente comme polars en général.



 
Yves Rogne
Le 26 avr 2012 à 12:45:12

Les descriptions participent quand même à faire entrer le lecteur dans l’histoire.

Il n’est pas besoin de longues tirades, quelque mots suffisent. Cela donne du crédit à l’histoire. De fait, sans l’avoir lu complètement j’ai parcouru ce roman chez un libraire. Je l’ai trouvé assez factuel, pour les pages que j’ai lue, fort centré sur l’intrigue avec des caractrères un peu légers



 

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