Comestible ?

Les Taiseux – Jean-Louis Ezine

Je destinerais cette « œuvre » à un lectorat pointu ; cogitateurs, littérateurs ou carrément universitaires bigleux et boutonneux. Précisons que pour le traitement des boutons, il existe des ouvrages plus appropriés, comme San Antonio, Playboy ou carrément Hustler. Ah vous ne connaissiez pas…

« Les Taiseux » est un texte tourné vers un public averti, amateur d’exercices masturbatoires des neurones. C’est résolument une écriture qui demande du temps, de la réflexion, voire des relectures de paragraphes entiers. L’univers est riche, dense, décrit de façon complexe. Il s’agit d’un triptyque basé sur la recherche d’une vérité filiale, sans intrigue et sans histoire véritable. En le lisant j’ai senti quelques pustules naitre sur ma peau et mes synapses se plaindre. Hélas il n’y avait plus de paracétamol dans l’armoire à pharmacie, mais fort heureusement je lis souvent la nuit, et quelques programmes frivoles à la télé me permettaient de changer d’exercice.

Le plus simple est encore de vous livrer un extrait :

« L’enfant au canard mandarin aura vécu sous un nom qui, pour avoir été d’abord celui d’une jeune fille, qui elle même le tenait légitimement de sa jeune fille de mère, était beaucoup moins factice, en somme, que celui qu’elle m’a fait donner par un inconnu qui passait par là, au large de notre histoire, un  mercenaire disponible à tous les emplois et à qui du reste je n’ai jamais adressé la parole pendant les dix-sept années que j’ai passées sous son toit. »

Non je vous assure, avec PlayboyTV en sourdine, c’est très agréable à lire.

Les Taiseux – Jean-Louis Ezine. Éditions Gallimard 16,90 €

Article publié par Yves Rogne le 8 février 2010 dans la catégorie Comestible ?

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9 petits mots

Clémence
Le 8 fév 2010 à 21:23:34

Oups…D’emblée, moi, je ne suis pas -partagée- , mais bien résolue à ne pas risquer (en plus de l’urticaire) la crise d’épilepsie et/ou la catatonie qui pourraient être consécutives à la lecture laborieuse d’un ouvrage où l’écriture semble se pâmer dans une inutile complexité. Et tout cela pour dire…quoi ?
Je fais référence à l’extrait, mais j’imagine que dans le respect de l’homogénéité du style, le reste est du même cru … imbuvable.



 
Yves Rogne
Le 8 fév 2010 à 21:52:03

Ben… un passage comme ça .. ce n’est encore rien. Je dois dire surtout que ce qu’il y avait avant ne prépare pas à la lecture dudit passage, et c’est surtout là que j’ai eu du mal. C’est comme un puzzle dont il faut assortir les pièces, dans son esprit…

Merci de votre commentaire.



 
Le 9 fév 2010 à 10:45:28

Si je le croise sur un boulevard, peut-être… sinon, votre billet ne me donne guère envie d’acheter. Enfin, nous verrons bien. Merci pour cet avis!



 
Yves Rogne
Le 9 fév 2010 à 10:59:06

Merci aussi pour votre commentaire !

Je ne voudrais pas décourager les lecteurs éventuels. C’est tout un même un livre riche et dense, mais cette lecture ne conviendra pas à tout le monde, elle demande un bagage littéraire et un certain temps pour être apprivoisée

Je pense toutefois que certaines idées eussent pu être dites de façon moins complexe (ça y est je m’y mets aussi à présent – mes neurones se complexifient)



 
Le 9 fév 2010 à 23:10:44

… je viens d’ajouter votre blog à ma blogroll! Ainsi, je pourrai venir vous visiter facilement.

Et puisque vous parlez de San-Antonio, sa lecture est particulièrement d’actualité cette année, puisqu’on célèbre les dix ans de sa mort. J’ai lancé un petit défi à cette occasion:

http://fattorius.over-blog.com/article-defi-frederic-dard-2010–42396614.html

Si le coeur vous en dit… bienvenue!



 
Le 11 fév 2010 à 17:51:25

… merci pour le p’tit lien dans votre blogroll! :-)



 
Le 11 fév 2010 à 23:50:32

Pas de quoi DF…

C’est un plaisir de mettre un lien vers un site comme le vôtre, qui est très bien construit, et qui plus est animé par un écrivain.



 
âne-rale
Le 23 fév 2010 à 16:03:15

Il ne faudrait tout de même pas pousser mémé dans les orties. Si effectivement quelques phrases nécessitent une véritable attention et une relecture, cela ne reflète pas l’ensemble.
C’est un livre que j’ai particulièrement aimé. Et je ne suis pas une universitaire bigleuse et ne corresponds à aucun de vos clichés réducteurs.
Votr critique manque singulièrement de fonds et à vous lire, je me demande si ce n’est pas vous qui vous adonnez à des « exercices masturbatoires des neurones » en écrivant ce type de critique. Après tout si vous y prenez du plaisir…



 
Yves Rogne
Le 24 fév 2010 à 09:04:20

Je suppose qu’il doit y avoir une forme de plaisir dans la critique, d’ailleurs ne faites-vous pas la critique de la critique? Qu’éprouvez-vous ?

J’entends bien vos objections qui sont tout à fait louables

Mais vous ne pouvez pas nier que certains passages auraient gagnés à être écrits avec plus de simplicité… Avez-vous remarqué dans le passage cité, le nombre de « qui » et de « que » ? Le nombre de prépositions ?

C’est en cela que j’ai trouvé ce livre décevant, car le style m’a semblé inutilement complexe. Mais cela dit cette complexité peut être source de joie elle aussi.



 

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