Mémoires d’un ange maladroit – Francis Dannemark
Une femme et un homme, qui est aussi le narrateur, sont engagés pour écrire la biographie d’un certain « Hermann ». Je dis « un certain » parce que nous n’apprendrons pas grand chose de cet homme qui a pourtant
vécu la guerre et tout ce qui suit, jusqu’à sa retraite en mer du nord, et qui a voyagé dans le monde entier.
Conforme à son habitude, Francis Dannemark écrit par petites touches de pinceaux à l’encre diluée. Il en résulte un tableau qui n’est pas sans intérêt, et dont certains traits plaisent, mais qui peuvent laisser un sentiment de vide avec le recul. Si ce style convainc pour d’autres récits, il m’a laissé perplexe dans ce cas-ci. J’aurais aimé que l’auteur allât plus au fond des choses. Ce Hermann reste énigmatique. Une ombre, un fantôme, que l’on tente de se représenter à défaut de le voir, et qui s’enfuit de ligne en ligne dans un brouillard impénétrable.
Mais un extrait résume à merveille : « J’écris pour rien les mémoires de personne ».
Francis, c’est votre droit d’écrire pour rien, mais nous lecteurs nous aimons lire pour quelque chose.
Mémoires d’un ange maladroit – F. Dannemark; Éditions du Castor Astral
