Bleu Terre – Jean-François Joubert
Ce beau petit livre est accompagné d’assez jolies aquarelles de Georges Briot (cliquer sur l’image pour voir une vidéo de ses œuvres), qui illustrent bien le propos : incantations de bord de mer, mouvement des vagues et du ciel, émotions face à la nature bretonne. Ce sont de petits textes de longueurs diverses, dans une sorte de prose poétique, un recueil d’émotions sur fond de tempête, de brume, d’éclaircies soudaines, et de tout ce qui fait le charme de cette région. L’auteur semble imprégné de cette nature sauvage et c’est avec un certain talent qu’il nous livre le fruit de ses impressions.
En fin d’ouvrage, il y a une surprise, quelques unes des discussions que l’auteur a eues sur des forums au sujet de ses livres. Belle sincérité, car on peut y lire aussi bien des avis négatifs que positifs. Ah c’est vraiment une bonne idée, il faudrait l’appliquer à tous les produits. Ainsi, avant d’acheter une machine à laver ou un téléviseur, on pourrait lire qu’une cliente est mécontente, qu’une autre a eu son appareil trois fois en panne en deux ans, que le service après-vente est inexistant, etc… Une idée qu’il faudra généraliser. Quant aux textes, de beaux moments, de jolies émotions, mais aussi quelques passages qui auraient pu gagner en profondeur. Je laisse le dernier mot à certaine Ludivine Cossé : « Votre texte à mon avis manque de maturité, mais pas de talent ni d’ambition. Ce n’est surement qu’une question de temps et d’expérience… »
Bleu Terre – Jean-François Joubert. Éditions les penchants du roseau

Noann, j’ai lu avec intérêt votre billet et ma proximité avec Bleu Terre m’empêche d’en discuter l’appréciation. Toutefois, je ne me retiens pas de glisser un mot. Vous parlez en souriant de Goncourt et je vous réponds très sérieusement qu’il dépend plus de l’éditeur que de l’auteur ; « malheureusement », Jean-François Joubert n’a pas choisi le bon parti. Et le Goncourt justement ; celui qui vient de tomber ; ses écrits sont à l’exact opposé de ceux de Jean-François. Le premier était déjà revenu de tout dès ses premiers écrits, le second persiste à enchanter ce qui l’entoure y compris les déchirements. Les meilleurs lecteurs du premier ont le rictus aux lèvres, ceux de Jean-François ont le cristallin qui brille. Je ne suis pas sûr que son texte gagnerait à être plus mature, à moins d’être radicalement autre, il pourrait se ternir.