La faute de goût – Caroline Lunoir
Alors, bon. Que dire sur ce livre ? Je veux dire, que dire de positif ? Pas grand chose… Que dire même en guise de résumé ? Rien. Enfin, je vais essayer de broder quelques mots quand même pour vous parler de cette … histoire.
Euh…Bon. Une famille tentaculaire se réunit pendant les vacances pour… rêvasser et bavasser. Ça cause à bâtons rompus de tout et de rien, surtout de rien, comme on pourrait le faire dans n’importe quelle famille. Il y a surtout la piscine, autour de laquelle on se rencontre. Rien de bien folichon, vraiment, on aura du mal à venir à bout de ces 110 pages de très petit format. Une grande qualité tout de même, le titre est bien choisi…
J’aurai plus à dire par contre au sujet du style, mais quelques exemples valent mieux que de longs discours :
« Je le regarde, il dodeline de la tête dans ce hochement qui m’est désormais familier, l’air épanoui. »
Dodeliner de la tête. On a du mal à imaginer de quoi on pourrait dodeliner, à part de la tête. On peut essayer de dodeliner de la queue, mais c’est plus difficile. J’essaie, sans résultat… Mais enfin, le Petit Robert admet cette formule. Soit. Par contre dodeliner de la tête dans un hochement me semble carrément un pléonasme. De la lourdeur ajoutée à de la lourdeur…
« Une voiture s’arrête devant moi et m’apostrophe »
Une voiture qui apostrophe. Bernard Pivot n’en reviendrait pas. Mais sait-on jamais… Les constructeurs font des progrès. Peut-être que la voiture qui apostrophe est à l’étude. Si elle pouvait être écolo, en plus…
« … le village ronronne toujours, paisible, mais mes cousins semblent avoir tout barbouillé de confiture. »
Il en a fallu des quantités… J’essaie d’imaginer ce village barbouillé de confiture !
« Il a passé toute son enfance dans les souterrains avant d’enfouir son adolescence dans le garage, à bricoler sa bécane. »
Même au figuré du figuré, cette expression ‘enfance passée dans des souterrains’ me laisse dubitatif… Quant à enfouir son adolescence dans le garage, ma foi… On a déjà fait mieux pour décrire les troubles de cet âge… Mais cela doit être pratique si on veut la retrouver plus tard. On ne sait jamais. Complexe d’œdipe mal négocié…
« Il a grandi sans prévenir, d’un seul coup. »
Ça me semble une évidence, quand on grandit on ne prévient pas ! Mais pauvre jeune homme. J’essaie d’imaginer sa tête quand il s’est levé le matin, plus grand de 30 centimètres…
Le style de ce premier roman est empreint d’afféteries, de formules creuses peu porteuses de sens, de métaphores simplistes. Une écriture à la fois trop factuelle et pas très rigoureuse… Quant au contenu, on s’ennuie à mourir. Difficile d’éprouver quelque émoi pour cette famille décousue, décrite de façon sommaire. Pour faire de cette thématique banale un texte intéressant, il eût fallu un talent comme celui de V. Bizot, qui dans un genre semblable est bien plus intéressante. On peut raisonnablement se demander : Avec qui faut-il coucher pour être publié dans cette collection assez insipide, dénommée « Un endroit où aller », mais qui ne nous conduit nulle part ?
Et dire que ce bouquin minuscule et sans ampleur est vendu 16 euros !
La faute de goût – Caroline Lunoir. Éditions Actes sud

Et bien, ça a le mérite d’être clair ^^