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Sa Passion – Véronique Olmi

Bon. Alors… Dans ma dernière note sur Véronique, j’avais été un rien trop négatif, bien que le livre parlât de sexe, et fort bien, avec une bonne syntaxe. Je reconnais avoir été sévère. Cette fois, il serait bon de mettre plus en évidence les qualités de cette auteure, adulée un peu partout sur la blogosphère.

Alors, allons-y pour une nouvelle note sur Véronique Olmi. Ça tombe assez mal, c’est le printemps, il fait beau, la sève monte, les branches montent aussi, et moi ça me met plutôt de mauvaise humeur. Mon arbre m’envahit. Mais bon, faisons un effort pour rester juste et dépasser les sautes d’humeur.

Sa passionJ’ai donc lu, et… Mais pourquoi suis-je toujours d’un avis contraire à la majorité ? C’était pareil avec Françoise Sagan, adorée par tous, les critiques, les journalistes, le pape, E.T., et même le chien, qui aboyait quand j’ai laissé tomber « le lit défait ». Moi elle ne me séduit pas vraiment, ne provoque pas d’enthousiasme, en tout cas j’ai du mal à comprendre la vénération que lui porte le public… Même problème pour Véronique Olmi, qui a d’ailleurs plus d’un point commun avec la blonde médiatique. Toutes deux ont écrit des historiettes d’hommes et de femmes comme tout le monde, ou à peu près, dans un style brut d’apparence.

Le style, à propos… Personnellement, ces phrases écrites debout dans la cohue du métro ont du mal à se frayer un chemin dans ma (très) petite tête, et plus encore à descendre vers le cœur, ou tout organe accessoire.  Les goûts et les couleurs notez bien… C’est comme en musique, il y en a qui aiment Mozart, d’autres préfèrent Lady Gaga (*). Il n’y a rien à redire là dessus. Chacun son rayon.

Bon, où est-ce qu’on en était ? Ah oui, Sagan. Pardon, Olmi. C’est comme tout, en fait, on aime ou on n’aime pas. C’est un genre en soi, une écriture  peu ouvragée, un peu torturée mais naturelle (ouf enfin une qualité !). La vie de couple telle qu’elle est, dans toute son horreur,  et c’est sans doute ce qui touche. La lectrice moyenne, blogueuse du samedi soir entre ses casseroles, se reconnait et s’identifie facilement. Des phrases choc,  du ressenti, du vibrant, du couillu…

Quant à mon appréciation… J’hésite sur le nombre d’étoiles… Allez ! Deux et demi. La sève est retombée. Comme il n’y a pas de demi étoile ici, on en mettra trois (3).

Sa Passion – Véronique Olmi. Editions Grasset – le Livre de Poche

Article publié par Noann le 8 avril 2010 dans la catégorie Grand vin
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Grand vin

L’Horizon – Patrick Modiano

L’histoire se déroule entre Paris et Berlin. Un homme, Jean Bosmans, tente de retrouver une femme Margaret Le Coz, avec qui il a eu une liaison dans les années 60.

Ils ont 20 ans ou un peu plus. Faute d’avoir été aimés, écoutés, ils doutent presque de leur existence. Pas de repères familiaux, pas d’amis, ils trainent une solitude morbide qui fait frémir. Ce sont des êtres éteints avant d’avoir vécu et ils avancent vaille que vaille dans cette existence insipide. Leur crainte ? Croiser peut-être, pour l’un, une mère aux bras d’un homme de mauvaise vie, pour l’autre, un type louche qui demande de l’argent …

Chacun cherche une brèche dans l’horizon, un espoir de sortir de cette quarantaine pesante.

Jean et Margaret se frayent un chemin dans cette jeunesse perdue. Chaque soir ils se rencontrent dans une librairie pleine de vieux bouquins d’occultisme, où ils croisent des gens à l’âme funeste. Vont-ils les aider à trouver enfin une place dans leur existence ?

L’auteur décrit avec talent, à travers des phrases qui glissent et flottent comme des nuages, un univers angoissant de farfadets et de spectres, qui contaminent tout autour d’eux.

L’on ressent d’un bout à l’autre du récit la torpeur et la solitude qui paralysent et clouent les êtres sur place, les laissant à leur passé ombrageux.

A travers des mots justes, l’auteur nous conte les tourments du jadis et du présent. Un condensé de phrases élégantes, légères qui donne un roman impressionnant, un message philosophique sur le temps et ses frontières invisibles.

L’Horizon – Patrick Modiano, Gallimard.

Article publié par Catherine le 5 avril 2010 dans la catégorie Grand vin
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La lance de la destinée – Arnaud Delalande

Israël. 2006. Les fouilles archéologiques entreprises sur le site de Meggido permettent de retrouver La Lance de la Destinée, celle qui aurait transpercé le flanc du Christ lors de sa crucifixion sur le Mont Golgotha.

Alerté de la découverte, le Vatican envoie sur place une enquêtrice de confiance : Judith Guillemarche a pour mission de récupérer la lance en toute discrétion. C’est alors que l’équipe d’archéologues est massacrée et l’objet biblique dérobé. Lancée sur la piste des assassins voleurs, la jeune femme découvrira que l’objectif des ravisseurs n’est autre que de récupérer l’ADN déposé sur la pointe de la lance et de procéder au clonage du Christ. Rien que ça !

J’avais aimé l’un des premiers romans d’Arnaud Delalande : Notre Dame sous la terre. J’ai abordé celui-ci avec enthousiasme. Trop sans doute.

Sans aller jusqu’à dire que le lecteur s’ennuie ou que le roman « est mauvais », on peut quand même avouer que ce thriller religieux n’est pas à la hauteur de ce qu’il aurait pu être.

Deux raisons à cela : d’abord, on a constamment l’impression que l’auteur ne parvient pas à faire un choix entre –le roman- et – l’ouvrage de réflexion- Ainsi, si l’histoire possède bien les caractéristiques du roman, les développements moraux et religieux récurrents s’apparentent à un tout autre genre, plus proche de l’essai éthique et spirituel. Ensuite, et peut-être même en conséquence, les personnages manquent de stabilité, voire de crédibilité pour certains. L’écriture peut être inégale à force de se chercher un ton, et les propos, redondants. Il en va ainsi jusqu’à un épilogue décevant tant il est cousu de fil blanc. C’est vraiment dommage car Arnaud Delalande produit habituellement, dans le genre, des romans d’une toute autre qualité. Dans son cas, on peut donc se rassurer : une fois n’est pas coutume…

LA LANCE DE LA DESTINEE – Arnaud DELALANDE. Ed. Robert Laffont, 2007 / Livre de poche, 2009

Article publié le 3 avril 2010 dans la catégorie vin de table
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L’Exécution – Robert Badinter

l'exécutionL’Exécution est un livre où tout est dit sans excès et sans fracas. Une belle écriture, pour un ministre. Ce livre est articulé autour du procès Bontems-Buffet. Désabusés, ces deux taulards avaient commis en 1971 une prise d’otage à la centrale de Clairvaux, soldée par la mort d’une infirmière et d’un gardien. C’est Buffet qui a tué. Roger Bontems lui n’a jamais tué personne. Ils seront pourtant tous deux guillotinés. Badinter ne parviendra pas à sauver son client, presque un ami. Mais cette iniquité va le convaincre. Désormais, il défendra tout accusé qui le sollicite, quel que soit le crime commis… Un regret : que Badinter n’ait pas défendu Ranucci. Mais Ranucci est arrivé trop tôt. Il n’était ni au bon endroit, ni au bon moment, ni de la bonne époque.

En 1977, Badinter sauve de justesse la tête de Patrick Henri, coupable à 22 ans de l’assassinat gratuit du petit Philippe,  7 ans. Condamné à la perpétuité,  il bénéficie d‘une libération conditionnelle en 2002. Interpellé pour trafic de drogue en Espagne, il est extradé et retrouve les barreaux après quelque mois.

Lors du procès de Patrick Henri, Badinter a plaidé non pas la défense de l’accusé, mais l’inutilité et l’immoralité de la peine de mort. Il a responsabilisé les jurés en leur signifiant que le poids de leur décision,  c’est toute leur vie qu’ils allaient le porter. Sept jurés ont voté la peine capitale. Il en fallait huit pour qu’elle fût appliquée.

L’Exécution – Robert Badinter – Grasset, Le Livre de poche

Article publié par Noann le 1 avril 2010 dans la catégorie Grand vin
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vin de table

La pluie ne change rien au désir – Véronique Olmi

Au début, j’ai trouvé cette écriture légèrement fade. Le premier mot qui me vient à l’esprit est blanche, une écriture blanche, et encore, ce n’est pas tout à fait ça. Il y a des écritures dites blanches qui sont intéressantes, je pense à celle de Marguerite Duras, parfois. Mais ici c’est encore différent. Le style m’a paru carrément… transparent. Mon esprit glissait sur les lignes sans jamais s’attacher. Cet homme et cette femme font un tas de choses banales, décrites de manière assez commune. Je fus donc très déçu.

La pluie ne change rien au désirMais vers la page 53 le récit à commencer (enfin) à prendre des couleurs :

« Elle pissa quand même. Puisque maintenant elle était là »

Ah tout de même, un peu de jaune… Il faut attendre encore quelques pages pour que le coloriage s’accentue :

« Elle sentit ses doigts sur son cul, l’habileté de ses doigts à faire glisser son string… »

« Il mordit son cou fort, longtemps, et fit entrer sa verge dans son vagin »

Ça devient profond tout à coup ! Je dois réviser ma première impression, « la pluie ne change rien au désir » est un livre haut en couleurs, fauve, dense… Mais en ce qui me concerne je n’ai pas été touché. Cette histoire charnelle m’a semblé insipide au regard du monde actuel. En 1960, peut-être… Du sexe du sexe… on en a plein le cul finalement !

Globalement je n’ai été séduit par la façon de conter l’histoire. Il m’a semblé que l’auteur ne savait pas où aller et n’avait pas les idées claires… C’est bien d’écrire sur le moment, mais il faut dormir, aussi.

La pluie ne change rien au désir – Véronique Olmi- Grasset / le livre de poche

Article publié par Noann le 30 mars 2010 dans la catégorie vin de table
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vin de table

Encerclement – Carl Frode Tiller

A Namsos, en Norvège, David a perdu la mémoire. Ses proches tentent de réveiller des souvenirs. Jon a vécu une histoire charnelle avec David. Arvid, le beau-père pasteur, entretient avec David des relations tendues. Silje lui rappelle les jeux artistiques. La question est posée de la reconstitution de la mémoire.

D’abord, il y a David, qui place une photo dans un journal local, exhortant ceux qui le reconnaissent à se manifester. Viennent alors à sa rencontre trois personnages qui ont perdu tous leurs repères et qui profitent de cette occasion pour replonger dans leur passé et faire le bilan de leur existence. Ils racontent chacun à leur tour leurs déboires sentimentaux, leurs crises familiales et chaque témoignage est entrecoupé de lettres ardentes à leur compagnon amnésique, qui devient le seul prétexte pour leurs règlements de compte avec le passé …

Puis surgit le témoignage de Jon, un musicien paumé, qui tente de se réfugier dans la relation amoureuse qui le liait jadis à David.

Claquemurés dans leurs vieux carcans, enclerclés par leurs démons, ils se débattent tant bien que mal pour se libérer du poids de leurs origines, de leurs souffrances et tentent de retrouver leur identité, de se réinventer une nouvelle identité même, afin de dissimuler les zones d’ombre de leur passé. Leur seul refuge est peut-être David, l’insaisissable, qui incarne à leurs yeux la folle liberté.

Un roman époustouflant – le premier tome d’une trilogie – qui laisse sans voix. L’auteur fait preuve d’une grande finesse littéraire et ses analyses psychologiques sur l’échec et la manipulation du passé sont poignantes. Il décrit le petit village de Norvège profonde où il a vécu, s’autorise des débordements sans jamais tomber dans la perplexité. Il dépeint à merveille les facettes multiples de ses personnages, tantôt soucieux d’aider David à retrouver les coins perdus de sa mémoire, tantôt désireux de se donner le beau rôle, de juger les autres pour se justifier de leur existence tachetée d’ombre, de leur perversité …

Cependant, il s’agit d’une œuvre ardue, difficile d’accès, qui demande un réel effort pour en apprécier toutes les nuances et d’assiduité pour en parcourir le cheminement intellectuel complet …

Encerclement – Carl Frode Tiller, Stock.

Article publié par Catherine le 28 mars 2010 dans la catégorie vin de table
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Asiles de fous – Régis Jauffret

L’histoire débute par un long monologue chaotique. Gisèle, la trentaine, apprend que son compagnon, Damien,  décide de rompre après cinq années de vie commune. Il n’a pas eu le courage d’annoncer la nouvelle lui-même ; il a délégué la corvée à son père, François (dont on apprendra plus tard qu’il s’appelle aussi Joseph). Entrée en matière sur le mode délirant, un peu déroutante mais, si le lecteur veut bien se laisser faire, la perplexité se transforme assez vite en curiosité pour la suite.

S’ensuit l’entrée en scène des trois autres personnages composant  la famille brocardée par l’auteur. Volontairement caricaturaux, chacun d’entre eux va livrer tour à tour sa vision personnelle de l’affaire (la rupture), dévoilant ce qu’il est, ce qu’il n’est pas, ce qu’il voudrait être, ce qu’il n’a pas le courage d’être, etc. Un grand déballage de mensonges, d’hypocrisie, de fantasmes, d’égocentrisme, où perce néanmoins parfois, une franche lucidité.

asyle de fous« La rupture » apparaît ainsi comme  un prétexte permettant à l’auteur de barbouiller de vitriol un tableau satirique de la famille et finalement, de  lui régler son compte.  D’Institution sacrée porteuse de valeurs et fondée sur l’amour, elle devient sous la plume acide et vigoureuse de Régis Jauffret, un creuset étouffant où les comportements et les relations hautement pathogènes se développent comme des champignons. Vénéneux bien sûr. Solange, la mère, possessive et castratrice, insupportable d’arrogance, est omnipotente. Le père, lâche et mesquin, est soumis à la tyrannie de son épouse et fait figure de pièce accessoire à peine tolérée ; le géniteur en tant que  -mal nécessaire-. Damien, le fils, produit résiduel du décapage maternel,  vampirise un milieu familial qu’il critique mais dont il profite ; veule, carriériste, insensible à tout, il est incapable d’une quelconque autonomie, incapable de grandir.

Asile de fous… famille de dingues fictive ? Au bout du compte, avec un petit effort d’imagination et de franchise, on pourrait bien, sous les traits forcés, reconnaître des situations et des individus familiers.  Sous la caricature, l’impression de déjà vu…

On apprécie, ou pas. Mais dans tous les cas, on ne peut qu’admirer l’ingénieuse construction de ce roman dérangeant et le talent audacieux de l’auteur dont la jubilation caustique transparait à chaque ligne. On rit ; parfois-jaune- ; on grince des dents…mais à aucun moment on ne s’ennuie.

J’ai bien aimé.

ASILES DE FOUS Régis Jauffret – Ed. Gallimard

Article publié le 26 mars 2010 dans la catégorie Grand vin
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Philippe – Camille Laurens

« Son visage était bleu, tuméfié – visage de martyr qui respirait à la fois, aussi absolues, la connaissance et l’innocence. Philippe, né à 13h10, mort à 15h20, tu as eu deux heures pour accomplir ta vie d’homme, en faire le tour… moi j’ai eu deux minutes pour être mère. Enfant défunt, mère défunte. »

Camille Laurens écrit avec brio sa tragédie la plus intime de femme, la mort d’un enfant, le premier, qui a eu tout juste le temps de naître et de connaitre la souffrance. C’est cette mort qui va l’amener à l’écriture, auto-biographie et autofiction.

Tout est dit en quatre-vingts pages. Il n’en fallait pas plus à cette brillante auteure pour exhumer le désarroi, mener l’enquête, décrire les sentiments, donner des extraits de rapport d’expertise. C’est dit avec force et sans cri, ce qui rend cette tragédie d’autant plus poignante. Accident, fatalité ou laxisme ? Le lecteur découvre atterré la vérité, telle qu’elle est, stupide et agaçante de simplicité.

« Yves répétait souvent cette idée, que peu importe la durée de la vie, que, même, peu importe son effective réalité : il suffit qu’on l’ait imaginée »

Philippe – Camille Laurens -Editions POL, Gallimard, Folio

Article publié par Noann le 24 mars 2010 dans la catégorie Grand vin
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Dessin de Jordi Viusà. Conçu par Noann Lyne