Grand vin

La dernière à gauche en montant – Michèle Manceaux

« La dernière à gauche en montant ». Ces mots ne seront désormais plus que souvenir. En 2007, l’auteur vend cette maison de Neauphle-le Château dont les murs sont imprégnés d’une voisine d’exception … Marguerite Duras. Lorsque l’auteur fait l’acquisition de cette maison en 1963, elle la choisit pour devenir la maison de famille dont tout le monde rêve. Mais dans ce foyer campagnard, elle vivra le départ d’Eric, son compagnon de vie, qui s’évadera en la laissant seule avec ses deux enfants. Puis il y a aussi le souvenir de tous ceux qui ne sont plus là. Cette bâtisse de Neauphle ne sera plus le havre de paix espéré … Le sort touchera un à un ceux qui s’en approchèrent : Françoise se suicidera, Valérie mourra sur la route et … Marguerite disparaîtra bientôt elle aussi.

Un récit intime et une réflexion sur l’attachement aux lieux, aux choses, aux livres. Un texte bouleversant et âcre sur la destruction des illusions, une ode aux enfants qui grandissent et s’échappent si vite.

Quelque quarante années d’existence couchées sur un papier tantôt blanc imprégné de soleil pour relater les rires d’enfants, les nombreux amis qui passent ou s’y installent fût-ce un instant parce qu’il y fait bon vivre, tantôt un peu jauni pour dire les épreuves de la vie, la mort qui frappe et enlève des êtres aimés.

Et on finit par laisser s’envoler les souvenirs quels qu’ils soient, on enferme cette existence engloutie dans l’espace confiné d’un camion de déménagement …

La dernière à gauche en montant – Michèle Manceaux, Editions Nil

Article publié par Catherine le 26 avril 2010 dans la catégorie Grand vin
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vin de table

Le Désir demeuré – Christine Aventin

Chrisine Aventin publie à 15 ans un roman « le cœur en poche », assez réussi, presque trop abouti pour son âge. Vu ce succès précoce, on se serait attendu à une carrière fulgurante. Ce ne sera point le cas. Aurait-elle mal grandi ?

Je l’ai regardé comme une émission de Canal+ sans décodeur. Les images se devinent plus qu’elles se voient. Mais si le mode affichage sans décodeur convenait parfaitement à certains films du samedi soir, entre 3 et 4 heures – encore que… cet organe qui tremble, était-ce un bras ou autre chose ? – … en revanche cette écriture « brouillée » m’a parfois perturbé. Il faut un bon esprit déductif pour comprendre, entre les changements de point de vue sans préavis et les sauts du coq à l’ânesse.

Il y a de beaux passages, qui touchent… mais d’autres ont une moindre portance. Écriture dans la douleur, dans ses cicatrices, très personnelle…Trop ? Il faut un effort soutenu pour entrer dans les anfractuosités de cette écorchure vivante et en comprendre le sens. Le côté intime pourrait éloigner le lecteur. Une certaine liberté de style par rapport aux usages peut plaire. En excès elle déroute.

Extraits :

« Elle déteste la Toussaint, elle n’aime pas qu’on lui dise quel jour elle doit être triste. »

« Des lèvres maintenues séparées sont absorbés un à un tous les rouges, l’un après l’autre, se défont. »

Le Désir demeuré – Christine Aventin – Editions du Somnambule Equivoque

Article publié par Yves Rogne le 24 avril 2010 dans la catégorie vin de table
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Grand vin

Un brillant avenir – Catherine Cusset

Elena, brillante étudiante roumaine, malmenée par l’histoire épouse Jacob en 1958 contre l’avis de ses parents. L’antisémitisme régnant les pousse à s’expatrier aux Etats-Unis où Elena rompant avec le passé devient Helen. De cette union naît un fils à qui on prédit « un brillant avenir ». Mais Alex décide d’épouser Marie contre l’avis de ses parents…

Un brillant avenirUn roman fort qui traite de la peur d’une destruction du noyau familial. D’un bout à l’autre du récit on ressent très fort la psychologie des protagonistes et on entre sans le vouloir dans leur intimité jusqu’à se sentir imprégné par leur vie, leurs soucis. On a envie de les comprendre, de les aider même.

Le style est fluide, les personnages sont dépeints avec sensibilité. L’histoire est émouvante, palpitante et l’on a envie de poursuivre ce voyage riche de sentiments humains.

Un récit classique, construit autour de deux pôles : les souvenirs d’une jeunesse meurtrie et le plongeon dans une autre vie aux antipodes du cocon familial.

Seuls bémols peut-être les incessants va-et-vient entre les périodes éloignées (enfance d’Hélène/vieillesse d’Hélène) et  les redondances multiples qui fatiguent un peu le lecteur et donnent à ce roman un sentiment de longueur inutile.

Un brillant avenir – Catherine Cusset, Gallimard

Date de parution : 25/08/2008  
Article publié par Catherine le 18 avril 2010 dans la catégorie Grand vin
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Cru bourgeois

Fantômes d’hiver – Kate Mosse

J’ai longtemps hésité avant d’ouvrir un roman de Kate Mosse. Ce nom me faisait penser à la créature filiforme qui hante les magazines et qui aurait pu figurer dans « Holocauste »… Mais bien entendu, à part l’homophonie du patronyme, modèle et romancière n’ont rien en commun. Les premières pages semblaient captivantes, j’ai donc sauté.

Fantômes d’hiver est un récit construit sur la douleur.

Freddie évoque la perte de son frère George durant la grande guère. Dix ans plus tard, souffrant toujours de cette cicatrice inguérissable, il part en errance et rencontre une jeune femme étrange, légère, transparente.

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Article publié par Noann le 18 avril 2010 dans la catégorie Cru bourgeois
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Grand vin

Je m’attache très facilement – Hervé le Tellier

Il a cinquante ans, elle en a trente. Elle a été sa maitresse l’espace de quelques mois alors qu’elle vit avec un « régulier » qui lui assure la sécurité. Il est encore amoureux ou veut le croire ; elle ne l’est plus, l’a-t-elle d’ailleurs jamais été ?

L’aventure touche à sa fin, il s’en doute. Pourtant, il s’accroche et c’est sur un coup de tête qu’il part rejoindre la jeune femme, alors même qu’elle ne souhaite pas sa venue. L’escapade est truffée de contretemps, de plans miteux. Et de déconvenues autant que d’illusions imperméables aux évidences.

Un tout petit roman d’une centaine de pages, drôle et touchant, dans lequel l’auteur navigue avec aisance entre la narration, l’interpellation du lecteur, et des commentaires « off » qui ne manquent pas de sel.

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Article publié le 14 avril 2010 dans la catégorie Grand vin
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Premier Grand Cru Classé

Elle danse dans le noir – René Frégni

Il a la rage d’écrire et offre un peu de sa plume féconde aux prisonniers des Baumettes avec qui il se lie même d’amitié. Autour de lui, il y a quelques amis, en toile fond les senteurs de Manosque, du pastis, de la garrigue.

Tout irait bien pourtant … mais peu à peu, il verra les malheurs s’accumuler. En quatre ans, il va perdre sa mère, son père paralysé dans un hospice et la femme de sa vie qui le quitte pour un homme plus jeune et s’installe à une encablure de la maison où il a tout partagé avec elle. Il lui reste Marilou, sa fille, à qui il donnera tout.

Au fil des jours, il devra affronter la difficulté de croiser celle qui était sa femme il y a peu et qui déménagera sous ses yeux et combattre la  maladie de sa mère qui s’éteindra, brûlée dans ses entrailles à force de radiothérapies répétées et vaines…

Enfin, après tout cela, il s’inventera une femme imaginaire … qu’il rencontrera … mais qui n’est pas libre.

Un livre tout simplement bouleversant … Les mots ont le parfum de la Provence, sonnent comme un clocher en pleine nature, vous remuent jusqu’au fond du cœur, vous secouent l’âme, vous enchantent. Tout est amour dans ses textes. L’auteur nous livre un univers de désarroi et de tourments, mais toujours avec une grande pudeur.

Elle danse dans le noir – René Frégni, Folio

Article publié par Catherine le 12 avril 2010 dans la catégorie Premier Grand Cru Classé
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Grand vin

La Route – Cormac McCarthy

Résumé

« L’apocalypse a eu lieu. Le monde est dévasté, couvert de cendres. Un père et son fils errent sur une route, poussant un caddie rempli d’objets hétéroclites et de vieilles couvertures. Ils sont sur leurs gardes, car le danger peut surgir à tout moment. Ils affrontent la pluie, la neige, le froid. Et ce qui reste d’une humanité retournée à la barbarie. Cormac McCarthy raconte leur odyssée dans ce récit dépouillé à l’extrême. »

Dès les premières pages, j’ai senti l’agacement me gagner, ça commençait mal : je n’accrochais pas et j’en étais toujours là  après la cinquantième page … à me demander pourquoi ce roman avait eu un tel succès ?

Quelque chose m’échappait ? J’ai donc poursuivi ma lecture, essayant d’oublier ce qui m’irritait :

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Article publié le 9 avril 2010 dans la catégorie Grand vin
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Grand vin

Sa Passion – Véronique Olmi

Bon. Alors… Dans ma dernière note sur Véronique, j’avais été un rien trop négatif, bien que le livre parlât de sexe, et fort bien, avec une bonne syntaxe. Je reconnais avoir été sévère. Cette fois, il serait bon de mettre plus en évidence les qualités de cette auteure, adulée un peu partout sur la blogosphère.

Alors, allons-y pour une nouvelle note sur Véronique Olmi. Ça tombe assez mal, c’est le printemps, il fait beau, la sève monte, les branches montent aussi, et moi ça me met plutôt de mauvaise humeur. Mon arbre m’envahit. Mais bon, faisons un effort pour rester juste et dépasser les sautes d’humeur.

Sa passionJ’ai donc lu, et… Mais pourquoi suis-je toujours d’un avis contraire à la majorité ? C’était pareil avec Françoise Sagan, adorée par tous, les critiques, les journalistes, le pape, E.T., et même le chien, qui aboyait quand j’ai laissé tomber « le lit défait ». Moi elle ne me séduit pas vraiment, ne provoque pas d’enthousiasme, en tout cas j’ai du mal à comprendre la vénération que lui porte le public… Même problème pour Véronique Olmi, qui a d’ailleurs plus d’un point commun avec la blonde médiatique. Toutes deux ont écrit des historiettes d’hommes et de femmes comme tout le monde, ou à peu près, dans un style brut d’apparence.

Le style, à propos… Personnellement, ces phrases écrites debout dans la cohue du métro ont du mal à se frayer un chemin dans ma (très) petite tête, et plus encore à descendre vers le cœur, ou tout organe accessoire.  Les goûts et les couleurs notez bien… C’est comme en musique, il y en a qui aiment Mozart, d’autres préfèrent Lady Gaga (*). Il n’y a rien à redire là dessus. Chacun son rayon.

Bon, où est-ce qu’on en était ? Ah oui, Sagan. Pardon, Olmi. C’est comme tout, en fait, on aime ou on n’aime pas. C’est un genre en soi, une écriture  peu ouvragée, un peu torturée mais naturelle (ouf enfin une qualité !). La vie de couple telle qu’elle est, dans toute son horreur,  et c’est sans doute ce qui touche. La lectrice moyenne, blogueuse du samedi soir entre ses casseroles, se reconnait et s’identifie facilement. Des phrases choc,  du ressenti, du vibrant, du couillu…

Quant à mon appréciation… J’hésite sur le nombre d’étoiles… Allez ! Deux et demi. La sève est retombée. Comme il n’y a pas de demi étoile ici, on en mettra trois (3).

Sa Passion – Véronique Olmi. Editions Grasset – le Livre de Poche

Article publié par Noann le 8 avril 2010 dans la catégorie Grand vin
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Blog de littérature. Critiques, extraits, avis sur les livres…

Dessin de Jordi Viusà. Conçu par Noann Lyne