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Depuis 2010, les avis de lecture d’une pléiade de lecteurs passionnés…

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Cru bourgeois

Double Nelson – Philippe Djian

Une jolie maison de bord de mer, une atmosphère paisible, un lieu idyllique propice à la création, pensez-vous… Pourtant Luc, écrivain, se désole de n’avancer guère dans son roman. Depuis neuf mois, il partage la vie d’Édith, membre des forces spéciales de l’armée. À mille lieues l’un de l’autre, ils finissent par se séparer. Chacun poursuit sa route jusqu’au jour où Édith resurgit chez Luc, gravement blessée lors d’une opération qui a mal tourné et le supplie de l’héberger et la cacher le temps de se faire oublier.

Les voilà réunis à nouveau, obligés de partager une vie commune qu’ils avaient abrégée par trop de différences, Luc recherchant la sérénité, la quiétude lui permettant d’écrire et Édith, gonflée d’adrénaline, qui s’ennuyait avec ce compagnon en quête de paix intérieure.

À tour de rôle, chacun y va de son combat quotidien, entretient ses petites querelles. Et plutôt que de se soutenir mutuellement, ils deviennent adversaires, presqu’ennemis… Et entre deux batailles, ils ne s’octroient aucun répit.

double nelsonUne fois encore, la thématique de la relation homme-femme est abordée et l’auteur n’arrive pas à sortir de cette sempiternelle question : comment parler d’amour quand deux personnalités qui ne partagent rien dans la vie, si ce n’est un toit, s’entrechoquent et finissent par fléchir par trop de discordances. La plume, toujours aussi talentueuse de Philippe Djian, mêlant humour, dérision et un style narratif qui sommes toutes ne déplaît pas, convainc le lecteur de se laisser porter jusqu’au bout par cette histoire de couple tumultueux.

Ainsi, on se prend à trouver plutôt sympathique ce couple décalé et l’on en arrive même à s’apitoyer sur le sort de cette femme aux gros bras, victime d’un ennemi redoutable la mettant en péril et venue se réfugier chez son ex, tendre et délicat, à la recherche des mots évanouis dans les tréfonds de son âme, de quelques paragraphes échoués sur une page désespérément blanche…

Le récit, qui ne laissera certes à ma mémoire qu’un simple souvenir fugace, m’a donné néanmoins un vrai plaisir de lecture.

À lire… Pour les narrations toujours efficientes sous la plume de Philippe Djian, pour les situations parfois loufoques qui mettent les héros dans l’embarras, pour l’humour distillé en filigrane, pour les protagonistes tantôt attachants, tantôt agaçants…

N.B : Un « double Nelson », c’est une prise de soumission qui consiste, dans un match de catch, à faire abandonner l’adversaire. Mais on peut aussi s’en servir dans une relation amoureuse.

Double Nelson de Philippe Djian, éd. Flammarion

Date de parution : 25 août 2021  
Article publié par Catherine le 26 novembre 2021 dans la catégorie Cru bourgeois
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Grand vin

Berlin requiem – Xavier-Marie Bonnot

1932. À Berlin, Wilhelm Furtwängler, l’un des plus grands chefs d’orchestre allemands, dirige l’orchestre philharmonique. Le public s’esbaudit par son immense génie.

1934. C’est le commencement des années noires… Hitler est chancelier et détient les rênes du pouvoir. Les artistes se voient dépossédés de leur art, sous le joug du nazisme et les juifs, chassés de l’orchestre, sont obligés de s’exiler. La politique écrase la culture et la musique devient une sorte d’outil de propagande. Que faire dans cette atmosphère de mise sous pression ? Courber l’échine et se soumettre au régime du IIIème Reich ou bien quitter l’Allemagne ? Pour le chef d’orchestre, le dilemme ne se pose pas, il considère qu’il y a lieu d’outrepasser la politique et qu’opiner du chef, se soumettre à la politique du chancelier démontrerait que ce c’est un signe de soumission et que l’inertie pourrait être interprétée comme une collaboration…

Quelque part à Berlin, le jeune Rudolf Bruckmann, fils d’une célèbre cantatrice ayant chanté dans les plus beaux opéras de la capitale, vivote et observe avec son regard naïf de jeune artiste, les évènements et la guerre qui s’annonce. Il voit tous ces SS élégants en uniforme et ne ressent pas le mal qu’ils dégagent. Il n’a qu’une hâte, devenir le plus grand chef d’orchestre de l’Allemagne. Il a un talent immense et l’on a l’impression qu’il est né, entouré de notes de musique, qu’une fée musicienne s’est penchée sur son berceau pour lui insuffler le don qui l’anime et le fait briller. Ainsi, quand il dirige un opéra, les notes virevoltent et le transcendent. Depuis toujours, la musique l’habite, le nourrit, le sublime et rien ne peut l’atteindre, pas même la guerre, ou la déportation de sa mère, encore moins l’absence de père. Rien ne pourra démolir ses avidités. C’est lui qui sera le successeur de Furtwängler. C’est une évidence.

L’auteur nous invite à suivre le destin de deux âmes ambitieuses qui se percutent, s’entremêlent et se jouxtent en harmonie, comme les notes de musique d’une partition endiablée. Les deux personnages de ce roman sont confrontés à des situations compliquées sur fond d’art et nazisme, mais finissent dans un ultime pas-de-deux pour former une partition équilibrée et harmonieuse La position de Wilhelm Furtwängler pendant la seconde guerre mondiale le place dans une situation ténébreuse et équivoque, que la talentueuse plume de Xavier-Marie Bonnot et sa grande connaissance de l’Histoire édifient et éclaircissent. Et il nous tient en haleine, jusqu’à ce qu’éclatent des vérités tenues secrètes jusqu’ores…

Une histoire en deux temps, un chassé-croisé entre deux âmes tiraillées, en quête de vérités qui tardent à être révélées, l’art et la guerre en toile de fonds…

Une thématique hors du commun, une plume magistrale… Un très agréable moment de lecture.

Berlin requiem par Xavier-Marie Bonnot

Date de parution : 1er septembre 2021  
Article publié par Catherine le 23 octobre 2021 dans la catégorie Grand vin
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vin de table

L’Éternel fiancé – Agnès Desarthe

Elle n’a que quatre ans quand elle envoie promener un petit gars du même âge, qui lui déclare son amour, sous prétexte qu’il n’est pas bien coiffé, un petit garçon tout en émotions qu’elle repousse aussitôt.

Pourtant, elle se rend compte de son erreur. Bien des années plus tard, à plusieurs reprises, Étienne va se télescoper avec elle. D’abord au lycée, où leur histoire aurait pu démarrer, puis à la fac, où elle envoûte son frère. Et enfin, après un rupture destructrice. Encore et encore, elle lui fait une place, elle hante sa vie tel un spectre. Et puis, elle vit sa vraie vie, auprès de sa famille versatile, cyclothymique. Sa mère en quête de sérénité, a trouvé l’amour auprès d’un homme rassurant, plus âgé.

Doucement, la jeune fille vivote… Jusqu’au jour où elle fait la connaissance d’Yves. Et tout de suite c’est l’amour, le grand, l’immense.

Éternel fiancéAvec une plume délicate et remplie de tendresse, l’auteur dessine des bouts de vie où l’humanisme occupe une place prépondérante, elle nous livre des histoires un peu dégrafées où en vérité, il ne se passe pas grand-chose… La thématique du sempiternel retour de l’amour d’enfance, déjà traitée mille fois par moult auteurs, revient ici et l’auteur ne nous donne aucunement l’occasion de nous réjouir d’une issue originale qui sorte des sentiers battus, ceux de l’amant déchu, de la petite jeune fille effrontée qui séduit et se joue des sentiments amoureux d’un garçon maladroit.

Au gré du roman que j’ai eu de la peine à lire jusqu’au bout, il ne se passe désespérément rien. Certes, on se laisse porter par l’histoire de cette jeune femme et de son entourage, un mari, deux enfants, une vie banale en quelque sorte, sous le joug de longues périodes d’incertitude. Seul personnage qui apporte une étincelle dans ce paysage monotone, Marie-Louise, une arrière-grand-mère et son arrière-petite fille, camarades de toujours. Et puis il y a la mère de l’auteur, une femme toujours dans les nuages, capricieuse, qui collectionne les sacs en plastique…

Ce récit m’a laissée sur ma fin, voire déçue, habituée de l’excellence des écrits de cet auteur.

L’Éternel fiancé par Agnès Desarthe, éd. de l’Olivier

Date de parution : 19 août 2021  
Article publié par Catherine le 2 octobre 2021 dans la catégorie vin de table
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vin de table

Six pieds sur terre – Antoine Dole

Depuis leur naissance, Camille et Jérémy se cherchent, courent l’un vers l’autre, mais ils ne le savent guère… Ils ont grandi, se sont « re »trouvés et s’aiment, certes, sans pourtant vivre pleinement cet amour et être heureux ensemble. Jérémy ne peut cacher à Camille ses douleurs d’antan et la noirceur de son passé qui l’obsède. Et, lorsque Camille lui confie le désir d’avoir un enfant, Jérémy vacille, s’écroule, ne peut s’imaginer dans le rôle de père. Et se frayer un chemin parmi les vivants alors qu’il n’a jusqu’ores côtoyé la mort le plus souvent lui-même.

Vaille que vaille, les deux jeunes gens au cœur meurtri, à l’âme cabossée, certes épris l’un de l’autre, ne parviennent pas à contrer la dépression qui menace d’empirer pour l’un et grignote insidieusement l’âme de l’autre. Peu à peu, Jérémy voit resurgir la sinistrose morbide et le désarroi qui ne l’a jamais quitté, apaisé quelque temps par l’amour de Camille.

L’auteur nous entraîne dans les tréfonds de deux cœurs de guingois et nous invite à devenir les témoins de ces malades de la vie que la dépression a rendu fébriles et inaptes à l’amour, fuyant les lendemains de quiétude au risque de chavirer une fois encore et préférant nourrir leur perdition plutôt que se laisser aller à la quête du bonheur, fût-il fugace, parce qu’ils ont nagé trop longtemps dans un bain de tristesse incommensurable. Il nous convie dans un huis clos où règne le mal-être et la désespérance, nous laissant complètement effondrés, comme abandonnés sur le bord d’un ravin, s’accrochant tant bien que mal pour ne pas tomber.

six pied sur terreMalgré une écriture troublante et métaphorique, l’auteur n’arrive pas à nous délivrer de cette effroyable détresse qui nous poursuit et séjourne dans ce roman en filigrane.
Jusqu’à l’antépénultième phrase de la fin, je suis restée quelque peu dubitative. Peut-on vraiment ressortir indemne de ce récit de naufrage qui ne nous laisse guère de chance de survie, même si l’infime rai de lumière qui éclaire l’épilogue du roman, donnant un sens au titre de l’ouvrage qui laissait présager un espoir…

Un premier roman de littérature pour adultes d’Antoine Dole, alias Mr Tan, auteur de la série jeunesse phénomène Mortelle Adèle.

Six pieds sur terre d’Antoine Dole, éd. Robert Laffont

Date de parution : 23 août 2021  
Article publié par Catherine le 11 septembre 2021 dans la catégorie vin de table
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Grand vin

57 rue de Babylone, Paris 7e – Alix de Saint André

En 1974, Alix intègre le très réputé lycée Victor-Duruy, où étudient de jeunes filles fortunées et à la mode. Pas vraiment son style ce lycée huppé et snob, elle qui arrive de Saumur. Fort heureusement, elle y rencontre Pia et devient son amie. Pia est la parfaite petite bourgeoise chrétienne, bien loin de ce que représente son entourage, peu conventionnel, voire ordinaire. Ainsi, Alix fait la connaissance de la famille de Pia, à mille lieues de ce qu’elle imaginait. La maman tient une pension de famille, nommée jadis le Home Pasteur, tenue auparavant par la grand-mère, au 57, rue de Babylone. Dans cet établissement vit Samuel, le papa de Pia, très cultivé et producteur de musique classique pour une clientèle élitiste qui lui assure de quoi faire vivre sa maison d’édition. Tandis que sa femme surnommée Cocotte, d’origine italienne, et sa sœur Monica détiennent le cordon de la bourse et entretiennent toute la famille.

57 rue de BabylonePia est rigoureuse, classique tandis qu’Alix, dont le père dirigeait le Cadre noir de Saumur, l’excellence hippique, rêve de fantaisie et de lendemains de liberté. Pourtant, une grande amitié naît entre elles deux, improbable puisqu’elles semblaient aux antipodes l’une de l’autre.

Dans la pension de famille tenue par la mère de son amie, Alix croise des hôtes insolites, du jeune Américain au vieux comédien bougon, des personnages extravagants, tous plus farfelus l’un que l’autre et dans ce monde hors des conventions, Alix découvre les amours, le bonheur, les chagrin aussi…

Avec un talent indéniable, une plume enlevée, l’auteure dépeint un univers disparu aujourd’hui et rend hommage à un pan de sa vie qui lui a permis d’approcher la liberté et d’en faire son credo.

On se laisse porter jusqu’au bout par l’histoire de cet établissement insolite et l’on suit les pérégrinations des personnages que cette pension a logés. Et l’auteure, sous quelques chapitres syncopés, relate l’atmosphère du lieu depuis le temps de l’Occupation, lorsque que le Home Pasteur était tenu par la grand-mère de Pia, jusqu’à sa fermeture. Elle parle aussi du temps où des célébrités se croisaient, tels le mari de Françoise Sagan, ou le scénariste de Chabrol. Des personnages saugrenus se retrouvent régulièrement dans cet antre de liberté, chargé de fantaisie, sous le joug des années sexe et rock and roll.

Un roman délicat et goguenard, livré à travers la plume de la magistrale Alix de Saint-André qui, comme à l’accoutumée, ne cesse de nous surprendre et nous ravir.

Irrépressible… Convaincant. À lire absolument.

57 rue de Babylone, Paris 7e par Alix de Saint André, éd. Gallimard

Date de parution : 1er avril 2021  
Article publié par Catherine le 15 août 2021 dans la catégorie Grand vin
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Cru bourgeois

Celle qu’il attendait – Baptiste Beaulieu

Eugénie D. est une jeune femme un peu spéciale, un peu différente, que le monde insupporte, effraie même. Elle se réfugie dans un monde imaginaire rempli de poésie, se crée un univers décalé, invente des choses insolites, comme la cravate-parapluie ou la poussette à pastèques. Il faut dire que déjà quand elle est née, elle avait des particularités très rares… Un curieux bébé à la peau quadrillée qui lui donnait un air de martien, venu d’une autre galaxie. Ainsi sa peau était maculée de cases blanches et noires, comme des mots croisés. En grandissant, le damier s’est mélangé et la voici devenue une jeune femme aux formes généreuses, très belle pensent certains tandis que pour la plupart elle inspire l’indifférence ou la répulsion souvent.

Un jour de pluie à la gare Montparnasse, elle croise Joséphin, tout le contraire d’elle, très maigre, très grand et meurtri par une timidité maladive et une déprime larvée qu’il soigne en modelant, sculptant, s’adonnant au travail de la céramique. Issu d’un pays où pleuvent les bombes, il est chauffeur de taxi à temps partiel et sculpteur-céramiste, une passion qui l’occupe des heures entières.

Celle qu'il attendaitEugénie et Joséphin tombent amoureux très vite. Et très vite, ces êtres aux ailes abimées qui se percutent en plein vol, s’apprivoisent et se consolent dans les bras l’un de l’autre. Puis, très vite aussi, leur vie bascule, se complique…

Ces deux écorchés de la vie s’épanchent de plus en plus et de leurs confidences ressortent des souffrances similaires liées au passé, les stigmates qu’ont gravé dans leur cœur le monde cruel, les meurtrissures que les gens leur ont infligées à coup de marteaux piqueurs. Pas à pas, l’on suit ces personnages attachants et fragiles, de ces deux muets qui s’entraident et se livrent enfin, se délivrent même, à coup d’amour et de soutien.

L’auteur nous livre un conte aérien où l’amour s’immisce entre chaque ligne, s’épanouit à tout va, se fiche des bien-pensants, contourne le raisonnable en se moquant de ce qui pourrait gêner le politiquement correct.

L’histoire de deux êtres que rien ne semblait rapprocher, si ce n’est peut-être les douleurs du passé qui les ont fait fléchir…

J’ai apprécié dans l’ensemble cette promenade dans les tréfonds d’âme en détresse mais regrette peut-être que l’auteur ne se soit pas attardé sur la personnalité des protagonistes…

Celle qu’il attendait de Baptiste Beaulieu, éd. Fayard

Date de parution : 5 mai 2021  
Article publié par Catherine le 25 juillet 2021 dans la catégorie Cru bourgeois
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Grand vin

Voulez-vous danser ? Annette Lellouche

« Si toute vie va inévitablement vers sa fin, nous devons durant la nôtre, la colorier d’amour et d’espoir. » Marc Chagall

Des bouts d’existence de femmes au cœur écorché, à l’âme cabossée par les meurtrissures de la vie, mais aussi des soubresauts d’espoirs, des cœurs en émoi. À travers un bouquet de nouvelles, l’auteure raconte ces femmes, ces héroïnes anonymes, ces femmes d’exception, chacune à leur manière. Toutes celles qui, sous le dais de la perdition, se sont arc-boutées à une étoile, celles qui ont bravé les vents contraires et les éléments déchaînés pour survivre à tout prix et connaître des lendemains de soleil et d’azur, fût-ce un instant.

Et le lecteur se retrouve embarqué pour une valse langoureuse ou un tango endiablé aux côtés de ces belles cavalières pleines de grâce et de tendresse, pleines de larmes aussi pour certaines, mais toujours invincibles dans leur course au bonheur. Car elles sont belles ces dames combattantes pour des jours meilleurs, pour un ballet de la dernière chance, de la résurrection. Ainsi, nous croiserons tour à tour, entre autres, Jeanne, qui, sous prétexte de pannes avec son ordinateur, contacte le jeune technicien plusieurs fois par jour, parce qu’elle le trouve gentil, juste pour lui parler, et puis Éliette, qui voyage avec Robert. Ensemble, ils taillent la zone, toujours à la recherche de nouveaux paysages, de nouvelles rencontres. Il y a la généreuse Francine, qui espère gagner à un concours et offrir un voyage à sa voisine, ou Émilie, qui, lors d’une soirée dansante, tente le tout pour le tout et invite un homme qui lui sourit simplement.

voulez vous danserTout ce petit monde qui vacille, trébuche et perd pied jamais ne chute parce dans cette perdition, des amitiés naissent, une solidarité se crée et il émane de ces femmes d’infortune, merveilleuses et émouvantes, une intense joie de vivre et un immense désir de la communiquer. Et elles y parviennent ces belles âmes sensibles, à coup d’espoir, d’amour et d’émotions.

Et l’auteure de faire passer ce message en donnant le « la » à sa partition de mots, l’espérance et l’amour toujours en filigrane…

Dans mon cœur résonne l’écho de ces pans de vie – et certains me parlent – et remue en moi des souvenirs d’écorchures pansées par un regard aimant, une caresse, un éclat d’amour lancé en plein cœur, un tango dans les bras d’un fougueux cavalier, ou de bras maladroits mais réconfortants, d’un sourire qui enivre, d’un visage que l’on veut garder pour le contempler au réveil…

À lire, indéniablement…

Voulez-vous danser ? par Annette Lellouche

Article publié par Catherine le 3 juillet 2021 dans la catégorie Grand vin
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Grand vin

Journal amoureux – Benoîte Groult et Paul Guimard

Il fallait le faire… Publier en 2021 un journal écrit en 1959, qui couvre la période 1951-1953. Le journal intime de deux amoureux, et pas n’importe lesquels. Paul Guimard voulait aider sa femme, Benoîte Groult, à se lancer dans l’écriture. Il relève le défi et celui-ci est concluant : cet écrit est resplendissant. Paul Guimard parle avec tant d’emphase de celle qui partage sa vie. Humour, phrases volubiles c’est elle, bien elle, Benoîte Groult.

Alors qu’est-ce qu’on peut bien faire de sa vie quand on pas d’activités professionnelles ? On épouse, on fait des enfants, on assume son rôle de mère de famille, tant bien que mal, et un quotidien sans anicroche. Le couple est solide bien que naissent parfois quelques infidélités. L’on aime ailleurs, mais discrètement.

Journal amoureuxJ’ai été surprise d’apprendre que Benoîte Groult a découvert tardivement le plaisir de l’écriture et pris le train en marche, alors que son époux était déjà coutumier de l’exercice périlleux de coucher sur papier ce que sa plume avait de prolixe puisqu’il était journaliste – ils l’étaient tous deux d’ailleurs mais Benoîte Groult n’exerçait pas – et l’auteur du très beau roman « Les choses de la vie », qui sera adapté au cinéma et interprété par Michel Piccoli et la délicieuse Romy Schneider. Mais qu’avait-elle de richesses jamais révélées ? Paul Guimard a cru en elle, intimement convaincu par le talent indéniable de cette épouse indomptable et rebelle que le destin avait mis sur sa route. Ils se lancent tout de go dans un journal à quatre mains qui parle de leur couple, des journées qu’il leur inspire.

D’abord, chacun griffonne de son côté, sans manquer de jeter un petit coup d’œil furtif sur ce que l’autre dévoile. Ils relatent ainsi leurs émois, leurs défaillances, tout ce que leur relation leur apporte au quotidien, tout ce que l’un et l’autre nourrissent dans la relation de couple. Ils écrivent au lit sur ce que leur inspire la journée basée sur l’état de leur relation, l’un à part de l’autre, d’abord, puis l’un avec l’autre.

En conclusion : voici un journal ingénieux, tantôt jubilatoire, tantôt cruel, issu d’une plume magistrale… Aussi, le constat indéniable d’écrivains talentueux couronnés de gloire et de nombreux succès…

À lire, non pour découvrir quelques pans de la vie intime d’un couple de renom mais bien pour savourer le chassé-croisé de deux plumes amoureuses et envolées…

Journal amoureux de Benoîte Groult et Paul Guimard, préface de Blandine de Caunes

Date de parution : 24 mars 2021  
Article publié par Catherine le 26 juin 2021 dans la catégorie Grand vin
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Dessin de Jordi Viusà. Conçu par Noann Lyne