Cru bourgeois

À la folle jeunesse – Ann Scott

Ann Scott se souvient de ce qu’elle avait enduré en 2000 suite à la publication de son roman « Superstars », témoignage d’une génération en perdition, sur fond de sexe, drogues, débauche … On la soupçonnait d’être l’héroïne du roman et elle encaissait au quotidien les coups de poing, les appels anonymes, le dénigrement sur des sites de rencontre, …

Ainsi elle a connu le statut de RMiste, côtoyé la gloire … et puis sombré dans la désolation.

La chute a été lourde …a la folle jeunesse

Mais ce terrible malentendu lui donnera un nouveau souffle …

Voici donc la journée d’une femme, l’auteur cette fois … Aux premiers balbutiements de la quarantaine, elle fait le compte à rebours de sa vie, de ce qu’elle fut, de ce qu’elle est devenue et se met à rêver de ce qu’elle aurait pu être …

Dans un style vif, concis, sans fioritures, elle nous livre une autobiographie romancée qui mélange sincérité et mensonges …

Et le lecteur doit faire la part des choses dans ce méli-mélo de mots qui passent sans transition d’une réelle authenticité à un flot de galéjades …

A côté de cela, elle donne un grand coup de pied à cette société de consommation où, restant en dehors de l’arène qu’elle a créée, elle croise les personnages avec le sourire aux lèvres comme une sorte de bouclier, refuse de vivre comme tout le monde, ne croit pas aux coups de foudre … Ainsi, elle nous parle d’elle à travers les autres, ceux qu’elle a connus et aimés, ceux qui l’ont déçue aussi. Elle nous parle d’elle … mais c’est sans doute pour mieux parler des autres.

Le style est fluide, pudique, d’une grande qualité littéraire, certes … mais l’auteur ne m’a pas émue … Peut-être parce ses mots transpirent un peu trop l’amertume et le règlement de compte …

A la folle jeunesse – Ann Scott, Editions Stock

Article publié par Catherine le 27 décembre 2010 dans la catégorie Cru bourgeois
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Cru bourgeois

Tout pour le mieux – Catherine Siguret

Marylin et Albert vivent dans le même immeuble, juste séparés par deux étages et … 28 ans. La première vit dans une thébaïde de névroses et de peurs jusqu’à la peur de l’amour, le second vient de se poser chez sa mère Irène, une mère abusive et tyrannique … D’ailleurs c’est elle qui va s’arranger pour que Marylin et Albert tombent amoureux.

Et son plan fonctionne si bien qu’elle va se sentir dépassée par le cours des choses … Le couple va se former et les deux tourtereaux vont tomber éperdument amoureux.tout pour le mieux

La plume est teintée d’humour, noir parfois, mais il émane surtout de ce récit une infinie douceur, beaucoup de poésie. Le rythme du roman est soutenu du début à la fin avec une énergie inépuisable.

Voici un livre plaisant qui réunit toutes les ficelles de la comédie sentimentale, certes, mais aussi un livre qui n’appelle pas de longs atermoiements. La thématique est simple, croisée mille fois. Cependant, les personnages sont attachants, ce qui rend le récit passionnant.

Tout pour le mieux – Catherine Siguret, éditions Robert Laffont

Article publié par Catherine le 26 décembre 2010 dans la catégorie Cru bourgeois
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Cru bourgeois

Quatrième étage – Nicolas Ancion

Alors, j’avoue être bien embarrassé… D’ordinaire je suis toujours prolifique au sujet des livres, or celui-ci, je ne sais pas par quel bout le prendre…

Commençons par l’histoire, ou plutôt les histoires, qui se déroulent à Bruxelles, petite ville de Belgique, un curieux pays (si c’en est encore un) . Ce sont en fait deux récits entrelacés, celui de Thomas et Marie, deux paumés qui vivent au quatrième étage d’un petit appartement. Marie ne quitte plus son logement. Thomas subvient comme il peut à leurs besoins. D’un autre côté de la ville, Serge le plombier, part réparer une fuite dans un appartement situé lui aussi au quatrième étage. Il est accueilli pas les voisines, deux jumelles disertes d’un âge déjà avancé… Il va incidemment rencontrer la résidente de l’appartement, une jeune et jolie femme.

Ambiance étrange… Thomas veut acheter de quoi manger, il se rend au marché, accepte un troc : de la nourriture contre une photo. Aussitôt un malabar surgit, empoigne Thomas et le jette dans une pièce infestée de serpent sur un mètre de hauteur. Une photo est prise de lui en train de suffoquer parmi les reptiles, photo que vont s’arracher les citadins et qui donnera lieu à moult marchandage…

L’auteur s’en donne à cœur joie dans le délire. Bruxelles ici, n’est pas la “Bruxelles ma belle” de Dick Annegarn. C’est une ville sordide, déshéritée, aux quartiers bassement populaires, peuplés de doudingues. L’auteur  fabule et donne un supplément de noirceur, qu’on ne rencontre même pas dans les bas-fonds d’Ixelles ou Etherbeek. Grosso modo, la réalité est travestie et noircie, au point que la ville est méconnaissable. Mais le résultat est intéressant. On déambule dans cette mégapole, tantôt par la voix du narrateur, tantôt par celle des personnages, qui n’hésitent pas à donner au lecteur leur vision de leur milieu, avec quelques notes de philosophie teintées de sarcasmes..

Au niveau de l’écriture, on dirait que l’auteur hésite entre plusieurs styles, entre langage de la rue ou plus complexe. Compte tenu du contenu (marrant ça), l’écriture aurait pu être plus simple et plus fluide (et un peu plus soignée tant qu’on y est). Au niveau du propos, je me suis demandé où l’auteur voulait en venir… Quels que soient ses objectifs, je pense qu’il aurait pu aller loin. Mais je laisse le dernier mot à Didier Van Cauwelaert : “Quatrième étage est un grand livre”. Ouais. Ça sent le copinage.

Quatrième étage – Nicolas Ancion. Éditions du Grand miroir

Article publié par Noann le 21 décembre 2010 dans la catégorie Cru bourgeois
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Grand vin

La Bascule du Souffle – Herta Müller

Léopold a 17 ans et doit partir … Dans sa valise, il entasse les objets qui lui sont chers, quelques livres, un exemplaire de Faust, une anthologie poétique et quelques vêtements chauds parce qu’il sait qu’il part pour le Nord de la Russie, glacial et enneigé.

Fin de la guerre en Europe, les prisonniers rentrent chez eux, les familles sont à nouveau réunies Il n’en va pas de même pour les Roumains … Les Russes exigent que tous les citoyens roumains d’origine allemande, qui vivent en Transylvanie, soient arrêtés.

Il y a aussi cette adolescente roumaine envoyée dans un camp soviétique, pendant la guerre, contente de quitter sa petite ville où chacun de ses gestes est épié, où l’on espionne sa vie sexuelle.

la bascule du souffleUn récit dans lequel on se plonge sans se soucier de reprendre une bouffée d’oxygène, non parce qu’il invite au divertissement – la thématique est grave et l’horreur omniprésente –, mais parce ce que le talent d’écriture de l’auteur s’exprime dans chaque mot. Même s’il est question de la faim d’un bout à l’autre du roman, tout se déroule comme si, faute de nourriture, la narratrice était contrainte de donner aux mots une effervescence, une turbulence  jusqu’à les rendre réconfortants, rassasiants. L’auteur décrit l’horreur mais ses paroles sont souvent amusantes ou s’unissent librement.

La souffrance et le désarroi frappent d’un bout à l’autre du récit mais les mots sont habilement déviés pour permettre à ceux-ci de s’exprimer. Sans cela le récit pourrait paraître insoutenable …

Un roman bouleversant, grandiose …

« Depuis que les sacs d’os masculins et féminins étaient asexués les uns pour les autres, c’était l’ange de la faim qui s’accouplait avec chacun de nous : il trompait jusqu’à la chair qu’il avait déjà dérobée. »

 

La Bascule du Souffle – Herta Müller, Editions Gallimard

Article publié par Catherine le 17 décembre 2010 dans la catégorie Grand vin
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vin de table

Où j’ai laissé mon âme – Jérôme Ferrari

Un de mes profs de lettres, un jésuite soit dit en passant, avait un petit défaut. Il disait souvent “hein” (sur un ton assez sympathique d’ailleurs). J’avais pris l’habitude de tracer un trait dans mon cahier pour chaque “hein”. Résultat : entre 58 et 83 “heins” par heure. Ce petit jeu demandait de la concentration. A la fin de la leçon, nous comparions nos résultats entre potaches. J’avais souvent 4 ou 5 “heins” trop peu. Je manquais d’attention, perdu dans mes rêveries… Trente ans plus tard, j’ai redécouvert ce petit plaisir, grâce à ce livre. J’ai compté le nombre de “capitaines”. Un peu lassé (on ne s’amuse pas des mêmes bêtises à 40 ans qu’à 18 !), j’ai arrêté page 50. Il y avait déjà 124 “heins”, pardon, 124 “capitaines”, avec un maximum de huit sur une page.

Certes, ce terme marque un certain respect pour l’autorité, celui qu’ Andréani, un simple lieutenant, témoigne à son “capitaine”. Tout en faisant preuve d’allégeance, Andréani reproche à son capitaine (ça y est je m’y mets aussi) d’être un tortionnaire. Le capitaine (zut) s’est en effet rendu coupable de torture envers des insurgés algériens, comme bon nombre de militaires français, en plus d’actes de viols en bandes. C’est une histoire connue, mille fois débattue.

Dès les premières pages, j’ai eu l’impression que l’auteur allait exploiter tout ce que l’homme a de plus vil. On nous l’a faite cent fois cette année, entre “Ouragan”, “Purge”, “Mon enfant de Berlin” , un grand nombre d’écrivains et dramaturges ont utilisé la ficelle un peu usée qui consiste à exploiter la réalité historique et à en tirer toute sa perversité pour exciter notre petit cerveau de primate. Il reste que, si certains s’en sont bien sortis, comme Gaudé, ici je suis sceptique. Ce capitaine (eeeeh zut) et ce lieutenant n’ont pas éveillé en moi grand intérêt. Je dois avouer que je ne suis pas (plus) sensible à cette débauche d’horreur.

Je m’attendais d’après la présentation à en apprendre sur la guerre d’Algérie. Mais l’auteur passe surtout du temps à exciter notre cerveau inférieur, avec un certain pathos et quelques clichés. Et puis, m’étais-je dit, si même je n’apprends rien, ce sera un beau moment de lecture… Certes, ce n’est pas mal écrit, mais avec quelque emphase et insistance. Les passages où le lieutenant Andréani écrit à son capitaine (contagieux ce truc) m’ont ennuyé. Je me suis senti en dehors, comme non concerné par cette vieille rancoeur franco-Algérienne, dont il semble impossible de déduire des responsabilités. Les français ont torturé, parce que les Algériens avaient massacré, parce que les français les avaient torturés. Bref, cette rengaine n’en finit pas, et ce livre ne donne pas un point de vue nouveau. Certes certes, la façon dont ces hommes battent leur coulpe est intéressante, la remise en question, le lavage de linge sale, mais …

En dépit des bravos et des avis positifs qu’on peut lire un peu partout, ce livre n’a pas emporté mon enthousiasme. Aurait-il autant de mentions positives s’il avait été publié ailleurs, chez un petit éditeur ? De plus, je n’ai pas trouvé que ce péplum ajoutait quoi que ce soit de neuf à la question. Le style n’est pas non plus novateur. Le mélange de points de vues narratifs est du déjà vu mille fois. Je ne doute pas que certain(e)s auront adoré… L’homme est un animal, même l’homo littératus… L’horreur emporte toujours un grand nombre de voix.

Où j’ai laissé mon âme – Jérôme Ferrari. Actes sud

Article publié par Noann le 14 décembre 2010 dans la catégorie vin de table
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Grand vin

La couleur des sentiments – Kathryn Stockett

Nous sommes à Jackson, petite bourgade en plein Mississippi, dans les années 60…

Trois voix s’élèvent, une jeune femme blanche et deux domestiques noires, pour nous conter leurs vies. Trois personnages passionnants et attachants se décident enfin à raconter ce qu’ils ont couché sur papier jadis et jusqu’ores gardé secret.

En s’unissant de la sorte pour nous conter les lambeaux de leurs vies, les trois héros de ce récit découvriront que leur histoire bouleversante accrochera et deviendra une grande histoire d’hommes victimes de la lutte raciale, qui se sont acharnés pour leurs droits civiques.

L’auteur approche un sujet grave mais elle parvient avec beaucoup de subtilité à détourner le regard dramatique du lecteur en imprégnant d’humour son récit. Les personnages sont émouvants, cocasses et remplis de sensibilité, ce qui donne un roman poignant, fort.

L’on se plonge dans cette histoire sans faire de pause. Le style sublime mêle humour, dérision et drame sans jamais heurter le lecteur. Ainsi l’auteur relate une page de l’histoire américaine hantée par la honte, la peur mais aussi la solidarité entre les trois héroïnes qui s’unissent pour crier haut et fort qu’elles ne sont pas différentes des « autres ».

Voici une émouvante quête de justice menée par une jeune dame du Mississippi que rien et surtout pas son éducation ne prédisposait à regarder les Noirs autrement que comme des domestiques. Un beau récit d’amitié que cette dame va nouer avec les bonnes de Jackson alors que la fin de la ségrégation approche doucement …

Magnifique …

La couleur des sentiments – Kathryn Stockett. Éditions. Jacqueline Chambon.

Article publié par Catherine le 14 décembre 2010 dans la catégorie Grand vin
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Grand vin

Une soirée au Caïre – Robert Solé

C’est adolescent que Robert Solé quittera sa terre natale, Égypte, pour se ruer vers Paris, ville en laquelle il voit un avenir littéraire.
Mais il ne cessera de revenir sur la terre bénie de son enfance et consacrera toute son œuvre à ce Moyen-Orient laissé derrière lui géographiquement mais cher à son cœur pourtant.

A travers Charles, le narrateur de son dernier opus, il se replonge entre le Liban et la Suisse, périple qu’il connaît bien et qui a marqué son enfance.Une année au Caire

Le héros est donc chargé d’une mission délicate auprès de Dina, sa tante, mission dont il ne dévoilera la vraie nature qu’aux deux-tiers du récit. Charles retrouve cette femme qui jadis le troublait dans ses songes. Dina est retournée en Égypte, vit dans la villa de son beau-père où elle reconduit la tradition des réceptions d’antan … Charles s’en émeut et retrouve le goût de sa jeunesse et l’envie de faire revivre ses souvenirs engloutis.
C’est d’ailleurs au cours d’une de ces fastueuses soirées que se déroule la phase clef du roman. Le héros sera enfin débarrassé des zones d’ombre de son passé lorsqu’à 18 ans, il s’est installé à Paris.
Autour de Charles, vivent des personnages drôles et émouvants. Ainsi l’on côtoie entre autres le patriarche de la famille, Georges Batrakani, sa femme Yolande et leurs enfants et surtout Dina, veuve d’Alex, nonchalant et débonnaire.
Est-ce le retour à l’exil, les regrets, l’amertume qui ont poussé l’auteur à nous livrer un récit magistral où il triomphe à ressusciter les images de son passé.
A travers une plume discrète, sans fracas, qui accroche le cœur et l’âme, il donne tout de lui-même et nous entraîne dans un compte à rebours de ses origines avec sensibilité et pudeur.
Je me lui laissée porter par ce voyage dans le temps et l’histoire, cette enjambée entre deux pays, deux civilisations, deux vies …

Une soirée au Caïre, Robert Solé – Seuil

Article publié par Catherine le 8 décembre 2010 dans la catégorie Grand vin
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Premier Grand Cru Classé

Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants – Mathias Enard

L’histoire est des plus conventionnelles. Ennuyeuse même, diront certains lecteurs, les mêmes sans doute qui avaient adoré “Da Vinci code”… . Ce n’est pas un péplum fascinant, malgré l’époque, mais un texte d’ambiance et de nuances, une peinture à petites touches chamarrées. Il faut le regarder avec soin et fort d’un certain bagage littéraire, une certaine sensibilité. Il faut croire que les “lycéens” ont encore de l’esprit, pour lui avoir décerné leur Goncourt, en dépit du style et du vocabulaire sophistiqué… (à moins qu’il ait été traduit en langage sms…)

En 1506, Michel-Ange affronte le pape Jules II. Ils ont tous deux de fichus caractères. Jules II est à la tête d’une église encore toute puissante. C’est un pape imbu, belliqueux, mauvais payeur…  Jules II a prié (normal pour un pape), il a prié Michel-Ange de lui dessiner un tombeau. Mais l’artiste, épris de gloire et vexé par l’arrogance du pape, se tourne vers un autre royaume, celui du sultan Bajazet à Constantinople. Celui-ci lui propose de concevoir un pont sur la Corne d’Or, ouvrage emblématique qui relierait la partie nord de la ville au centre. Michel-Ange est d’autant plus flatté que Léonard de Vinci avait été pressenti pour cet ouvrage, et que son projet a été refusé. S’il réussit, il sera non seulement couvert d’or mais aussi de gloire. Toutefois l’aventure n’est pas sans risque. L’église pourrait monter une cabale, le considérer comme traitre et l’excommunier. Michel-Ange accepte et se met au travail. Mais c’est un artiste. Il n’a pas toute la science de Léonard, son aîné de vingt ans. Très vite les problèmes s’accumulent. En toile de fond, Constantinople, mégapole luxuriante, ville de débauche aussi.

Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphantsEn filigrane, l’amour. Mesihi, un poète épicurien qui s’adonne aux joies de la bisexualité, tombe sous le charme de l’artiste, pourtant laid et sale. Mais Michelangelo n’a d’yeux que pour une jeune danseuse rencontrée dans un bouge du centre-ville, avec qui il va connaitre sa première nuit d’amour. Mesihi est jaloux…

“Parle-moi de batailles etc” est un roman qui peut paraitre austère. Il y a peu d’hémoglobine, peu de suspens. Jules II ne lancera pas ses troupes à l’assaut du monde musulman. Pas cette fois. Le sultan ne fera pas trancher la tête de Michelangelo en cinq pages. Il n’y a dans ce livre que des faits simples mais emblématiques d’une époque semblable en bien des points à la nôtre.

Récit révélateur de l’immense orgueil de l’homme, des querelles de royaumes et religions, de la difficulté de l’artiste devant un défi, et de bien d’autres aspects encore. En cela, « Parle-moi de batailles etc » est parfaitement réussi. L’auteur est parvenu à exploiter plusieurs dimensions, mais il le fait sans fracas, de façon discrète et nuancée, avec une écriture somptueuse. En vérité je vous le dis, ce roman, en termes de style, est un de mes préférés de l’année.

“Elle a chanté pour lui, cette ombre, la voilà à ses côtés, et il ne sait plus qu’en faire; il a honte et grand peur ; elle s’allonge contre lui, à le toucher : il sent son souffle et en frissonne, comme si le vent de la nuit, venu de la mer, le gelait soudain”

Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants – Mathias Enard. Actes Sud

Article publié par Noann le 5 décembre 2010 dans la catégorie Premier Grand Cru Classé
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Dessin de Jordi Viusà. Conçu par Noann Lyne