L’homme qui ne savait pas dire non – Serge Joncourt
« L’homme qui ne savait pas dire non » est l’histoire… l’histoire… Comment la décrire en quelques mots ? C’est l’histoire d’un homme qui ne savait pas dire non. Voilà tout. Un peu simpliste comme résumé, sans doute, mais c’est en (très) gros ce que j’ai retenu de ces presque 300 pages de prose.
L’idée de base est géniale, traitée avec talent, finesse (même un peu trop), et humour. Cet homme qui ne savait pas dire non est une trouvaille. Il est confronté à des problèmes cocasses. Ses collègues en profitent, son patron en abuse. Le moindre acte du quotidien devient une épreuve. Il suit un atelier d’écriture pour tenter de retrouver l’usage de ce mot capital. Premier exercice : écrire mille mots, ou à défaut s’acquitter d’une amende d’un euro par mot manquant. Second exercice : le même avec deux mille mots… Toute une épopée philosophique…!
Serge Joncourt a du talent et de la finesse, disais-je. Il nous emmène en bateau de Singapour à Vancouvert en passant par les Maldives, les haut-plateaux du Tibet et la tour de Pise. On voit du pays, mais quel trajet ! C’est un prosateur hors pair, qui pond des kilomètres de phrases pour nous convaincre, sans se départir de son flegme.
On peut être séduit par ce récit sophistiqué… Ou rester de marbre. Personnellement j’ai trouvé l’écriture pontifiante et chargée de périphrases inutiles. Les mille bonnes idées sont perdues dans davantage encore de développements qui n’atteignent pas toujours leur but, s’il en est un. Les dialogues sont à revoir : trop longs et sans intérêt.
J’ai eu l’impression d’affronter un puzzle en 3D dont il manque des pièces, ou de voir un film de Lynch sans les images, de faire trois fois le tour du Sahara comme les Dupont-Dupond… Mais ce livre est peut-être tout simplement un bon roman de 100 pages, caché dans une somme de 297 pages. Le génie de Joncourt tient dans la quantité de mots.
L’homme qui ne savait pas dire non – Serge Joncourt. Éditions Flammarion

D’accord sur le manque de qualité des dialogues. En revanche, j’ai adoré les chapitres « broderie »