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vin de table

Mon amant du dimanche – Alexandra Lucas Coelho

Un beau petit bout de femme : 50 ans, 50 kilos et une allure de jeune fille. Aujourd’hui célibataire, elle vit dans l’Alentejo et travaille comme correctrice pour une maison d’édition. Intense et passionnée, elle a une énergie débordante. Sa vie amoureuse a été tumultueuse. Mais il y a eu Lui… Il l’avait d’emblée séduite avec sa petite gueule d’amour, son air de poète et ses paroles d’artiste. Elle l’a aimé à perdre la raison mais il s’en est allé, la laissant exsangue. Furieuse aussi. Elle se retrouve là, désemparée et enragée, bien décidée à se venger.

Mon amant du dimancheAlors qu’elle se rend à Lisbonne chaque dimanche pour soigner le chat d’une amie partie en voyage, elle nourrit de plus en plus l’envie de vengeance envers l’homme maudit qui l’a abandonnée. Entre les livres, ses quelques brasses à la piscine, elle met tout en œuvre pour que son schéma de représailles ne soit pas foireux.

Mais avant, il lui faut se ressourcer. Elle se réfugie dans des bras improbables, chaque dimanche, ceux d’hommes qui vont faire renaître en elle une dose de courage et de confiance.

À travers une belle écriture, certes, mais pas époustouflante pour autant, où s’immiscent çà et là quelques mots osés, voire audacieux, mais sans jamais être vulgaires, l’auteur nous livre un récit d’amour bien rythmé, au style tantôt léger, tantôt plus soutenu.

Un bon livre de plage qui n’offre guère d’invitation à de grandes réflexions philosophiques, juste distrayant sans plus. Un récit qui ressemble plutôt au journal d’une femme désabusée en quête de règlements de compte.
Tout est dit. Je serai peu prolixe donc car le livre, certes sympathique, n’appelle pas de longs développements…

Mon amant du dimanche par Alexandra Lucas Coelho, édition du Seuil

Date de parution : 07/04/2016  
Article publié par Celeste le 25 juillet 2016 dans la catégorie vin de table
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vin de table

Le mystère Henri Pick – David Foenkinos

Delphine Despero, une jeune éditrice parisienne, se rend chez ses parents en Bretagne le temps d’un week-end. Dans une bibliothèque insolite qui conserve des manuscrits refusés, Delphine découvre un récit qui ne manque pas de l’enthousiasmer. Elle est d’emblée conquise par ce texte jamais publié. Ainsi, elle se met à la recherche de son auteur, apprend que celui-ci est mort et que sa veuve avoue n’avoir jamais vu son défunt mari lire ou écrire au cours de sa vie quelque livre que ce soit…

Delphine s’interroge et n’a qu’une envie, celle d’en savoir plus sur cet auteur mystérieux. Qu’a-t-il fait de sa vie, lui qui se bornait à griffonner la liste de courses ou l’une ou l’autre bafouille ? Et alors que le livre publié in extremis devient un succès, a un impact considérable sur le destin d’une multitude de personnes, le mystère autour de cette œuvre reste entier.Le mystère Henri Pick Jusqu’à ce qu’un journaliste remette en question la valeur réelle de l’écrit et la version officielle de sa publication. Peut-être ne serait-ce qu’une embrouille subtilement organisée, une opération de la dernière chance pour faire vivre une bouquinerie bretonne en mal de ventes, au bord du gouffre financier ?

Le début du récit, tout en émotion, dans un style enlevé et une rythmique bien dosée, mêlant tour à tour quelques bribes de psychologie larvée, quelques fragments de roman policier, laisse présager tout de même une atmosphère entre gris clair et gris foncé, haletante, aux mille rebondissements, une enquête menée de main de maître et tenue par des personnages attachants. Il n’en est rien… L’histoire s’essouffle, désarçonne le lecteur qui s’attendait à un bouquet final plus littéraire et non au scénario d’un policier de série B télévisé.

Autant j’ai adoré « La Délicatesse », du même auteur, autant je regrette que l’auteur se soit fourvoyé ici dans un récit qui aurait pu être élu « roman de l’été à emporter à la plage» par les lectrices d’un magazine féminin de grande diffusion…

Le mystère Henri Pick de David Foenkinos, éd. Gallimard

Date de parution : 01/04/2016  
Article publié par Celeste le 17 juillet 2016 dans la catégorie vin de table
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vin de table

Mémoire de fille – Annie Ernaux

Fidèle lectrice de cette auteure depuis bien longtemps, toujours enthousiaste à me plonger dans chacun de ces nouveaux récits et convaincue qu’une fois encore je serais portée par ses mots, j’ai fait l’acquisition de ce nouvel opus. Habituée d’une plume tantôt remplie d’émotions, tantôt douce-amère, je suis quelque peu tombée des nues…

Mémoire de filleAnnie Ernaux livre ici une sorte de journal intime de son adolescence au début des années 60, y peignant tour à tour son initiation sexuelle et ses expériences dans le domaine plutôt ratées, qu’elle ne manque d’ailleurs pas de décrire tout de go, faisant jouxter les mots grivois, exempts de sensibilité dans un style austère et impassible, ses premiers balbutiements en amour, la rigueur des usages, les douleurs encourues par une éducation sévère, sous le joug d’une France ballottée entre les événements historiques et politiques.

Ainsi l’auteur se déshabille et s’épanche à cœur ouvert sur ce que fut sa vie entre chaos et ressentiments. Et elle pointe du doigt les hommes qu’elle considère d’emblée comme vils et grossiers, ne poursuivant qu’un seul but, celui d’assouvir leurs pulsions les plus abjectes et de se soucier essentiellement de leur jouissance sans jamais n’y voir autre chose que le plaisir charnel. Et l’auteur, avec l’amertume à son paroxysme, dresse le portrait de l’homme de cette époque en le comparant déjà à celui d’aujourd’hui, plus égoïste encore et plus dénué de sentiments.

L’atmosphère de l’époque est bien relatée, entre bouleversements de toutes sortes, rigueur de l’éducation, étroitesse des mentalités, rêves et préambule d’une liberté des mœurs latente. Je regrette néanmoins la vision qu’a l’auteur de l’homme, qu’elle qualifie d’être monstrueux et basique, dépourvu de sentiments et d’amour….

Mémoire de fille d’Annie Ernaux, éd. Gallimard

Date de parution : 01/04/2016  
Article publié par Celeste le 8 juillet 2016 dans la catégorie vin de table
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Cru bourgeois

On dirait nous – Didier Van Cauwelaert

Soline est violoncelliste et Ilan un botaniste peu motivé reconverti dans l’immobilier. Ils ont tous deux la trentaine. Ils croisent Georges, professeur de linguistique retraité et sa compagne Yoa, une Amérindienne originaire d’Alaska. Tout devrait séparer les trentenaires et leurs aînés mais un point essentiel les unit, l’Amour fou. Yoa est gravement malade, en phase terminale même, et Georges conclut avec ses jeunes amis une sorte de contrat insolite et mystérieux destiné à gérer la succession de Yoa…

De prime abord, c’est l’habit de ce roman, d’oiseaux amoureux et de belles couleurs, qui m’a séduite et guidée vers la caisse de ma librairie, sans avoir même feuilleté l’une ou l’autre page, ni avoir été convaincue par la quatrième de couverture.

on dirait nousL’auteur nous livre ici un récit teinté d’amour, mais d’Amour grandiose et infini. Il met en scène deux couples à mille lieues l’un de l’autre, une rencontre improbable entre des personnages que tout éloigne, à commencer par le fossé de l’âge – les aînés ont trois fois trente ans – et les passions et activités professionnelles aux antipodes. Entre Soline, la belle et délicieuse musicienne, et Ilan toujours en plein doute, toujours tourmenté, l’amour passionnel séjourne, sublimé ardemment par Ilan. Tandis que Georges le scientifique s’émeut de sa Yoa, issue d’une terre délaissée d’Alaska. Et dans ce huis-clos amoureux, chacun y va de son expérience, de ses anecdotes, de ses émotions. Mais le couple d’octogénaires se montre de plus en plus envahissant et leurs attitudes inquiétantes désarçonnent les jeunes tourtereaux… L’atmosphère devient pesante et l’on devine que derrière le pacte conclu se cache bien de mystérieux secrets…

Le style, certes bien rythmé et mouillé d’humour larvé ne rejoint pas celui de certains récits plus anciens de l’auteur, donnant en cela ici un sentiment de lassitude, surtout dans la deuxième partie du roman. Et le lecteur de s’essouffler rapidement de tous les désordres et confusion qui s’installent avant l’épilogue.

L’histoire est originale et les personnages attachants mais pour ma part il eût été opportun de donner plus de poids et d’harmonie à la fin du récit, trop légère, voire un peu bâclée…

Vient à présent la question du classement de ce roman sur notre site… Un seul ou deux verres ? Après moult hésitations, je lui attribuerai deux verres, pour la première partie du roman…

On dirait nous de Didier Van Cauwelaert, éd. Albin Michel

Date de parution : 04/05/2016  
Article publié par Celeste le 16 juin 2016 dans la catégorie Cru bourgeois
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Premier Grand Cru Classé

Apaise le temps – Michel Quint

Abdel, un jeune professeur de lettres à Roubaix, se retrouve l’heureux héritier d’une librairie coincée dans une ruelle du centre-ville. Yvonne, la propriétaire de ce lieu, vient de décéder. Elle a légué à Abdel, non seulement une bâtisse désuète mais surtout les murs entiers de livres. Et dans ce joyeux fatras de papier, Abdel se souvient… De son avidité à lire les grands auteurs, même s’il ne les a pas toujours compris, des longues heures à fouiner pour découvrir des trésors de littérature. L’heureux héritier donc ? Pas si sûr… Lorsque, dans ses fouilles, Abdel trouve des photos compromettantes de son aînée, des archives de la guerre d’Algérie. Le passé ressuscite et remue en lui moult questions. Dans sa quête de vérité, il se fait aider par Saïd, un ancien employé de la librairie, la naïve Zita et la très spontanée et sulfureuse Rosa, sa collègue de lycée.

Apaise le tempsTour à tour, les interrogations fusent et ne trouvent pas de réponse… Quel a été le rôle du vieil employé Saïd, que cachent les comportements mystérieux de Rosa ? Et dans la tête d’Abdel, le chaos s’installe. Admettre la succession relèvera pense-t-il d’une décision difficile. Les dettes d’argent d’une librairie en déficit et celles de cœur se côtoient, laissant à Abdel un sentiment doux-amer. Car, entre Zita et Rosa, son cœur balance…

À travers un récit succinct, l’auteur nous plonge dans les tréfonds de l’âme humaine en plein délabrement sous le joug d’une ville au parfum désuet et économiquement détériorée. Dans le paysage désolé de Roubaix, il y avait Yvonne et sa librairie, un antre de papier jauni, mais aussi sorte d’écrin d’espoir au milieu de nulle part. Mais Yvonne n’est plus et le sort des livres entassés se trouve à présent entre les mains du jeune héritier.

Le personnage d’Abdel est très attachant et l’on ressent combien il est désireux de redonner à la librairie nouveau souffle, un nouvel essor. Il n’y a guère de clichés ni de jérémiades stériles ni de larmoiements dans cette histoire où se jouxtent blessures d’antan et lendemains teintés de gris clair. Rien de cela car l’auteur distille subtilement entre les lignes un parfum d’espoir et de renouveau.

Un récit court mais rempli d’émotion et de sentiments. Aussi, un portrait acéré de ce bout de terre du Nord de la France, magistralement décrit.

Apaise le temps de Michel Quint, éd. Phebus

Date de parution : 01/04/2016  
Article publié par Celeste le 8 juin 2016 dans la catégorie Premier Grand Cru Classé
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Grand vin

La Pudeur des sentiments – Dalila Heuse

Voici un titre qui a abouti mystérieusement dans ma boite aux lettres… Et en feuilletant les premières pages, je vois que c’est l’histoire d’un homme qui reçoit mystérieusement un livre.. Dans sa boite aux lettres. Amnésique, victime d’un AVC, cet homme commence sa lecture et des morceaux de sa mémoire se remettent en place. Qui est donc cette petite Doriane qui raconte son histoire ? Qui est cette petite fille qui a tant souffert, sous l’emprise d’un monstre qui l’attaque la nuit, et qu’elle nomme « la bête ». Et qui est cette bête ? L’homme découvre atterré une bien sombre histoire d’inceste.

la pudeur des sentimentsLe livre se présente comme un polyptyque, et nous suivons en parallèle la lecture de cet homme, le récit de la petite Doriane, mais aussi l’accident de Léa, qui tombe dans le coma suite à un accident de voiture. Quel est le rapport entre ces personnages ? Nous ne tardons pas à le découvrir, même si le fin mot n’arrive… Qu’à la fin. Ce qui se présente comme une intrigue est donc rapidement dévoilé… Mais qu’à cela ne tienne, la construction de l’ouvrage nous tient en haleine, et surtout le sort de cette petite Doriane, qui livre ses émois, de façon très réaliste et très convaincante. Si réaliste que l’on se demande si ce n’est pas une histoire vécue. Les mots sont touchants, douloureux, prenants. Le lecteur n’aura aucun mal à se glisser dans l’esprit de cette petite fille, maltraitée et pourtant aimante, qui cache son calvaire pour protéger sa famille. Les passages sur l’inceste sont hurlants de vérité, et la façon dont la petite fille conte son histoire, sa pudeur et son courage, ne peuvent laisser indifférent. Le sens du détail, les pensées intimes et les aléas de cette histoire donnent un tour particulièrement saisissant. Le temps va passer pour la petite Doriane et heureusement son avenir ne sera pas totalement morose. La suite est plus conventionnelle, des histoires d’amour, des exploits sportifs, moins détaillés et étayés que la première partie, plus romancés peut-être, on n’est plus vraiment dans le vécu mais dans la fiction romanesque.

Premier ouvrage semble-t-il d’une auteure belge, qui a connu un relatif succès suite à sa parution sur Internet. L’on peut toutefois regretter certaines tournures de phrase un peu ampoulées, à-côté d’autres extrêmement riches. Le fait d’avoir eu 15.000 lecteurs n’est pas tout, et comme le dit Werber : « ce n’est pas parce que vous êtes nombreux à avoir tort que vous avez raison ». Aussi l’ouvrage eût-il pu être mieux encadré et relu, de façon à l’épurer de quelques fautes de grammaire, de tournures hasardeuses. Les qualificatifs sont un peu trop présents, comme « terrible », « grave » ou « triste » qui reviennent souvent, ajoutant un inutile pathos au pathos. En outre, l’expression « roman autobiographique » n’a pas de sens. Un roman est une histoire inventée et une biographie une histoire vraie.

Cela dit, l’auteure est extrêmement douée pour communiquer de l’émotion et c’est le principal. On vibre souvent en lisant ses lignes, surtout dans le drame que traverse la petite fille. Le reste n’est finalement que paroles, comme dans tout roman.

« Mon corps tremblant écrasé par le poids de cette masse mouvante s’écartela et se déchira sous ses œuvres. Comme un oiseau qu’on empale, quelque chose d’inconnu s’empara violemment de ce que j’avais de plus pur, de plus tendre et, avec une brutalité indescriptible, pulvérisa mon âme d’enfant. La terreur tuait peu à peu le raisonnement qui emmenait lentement mon esprit loin de mon corps meurtri. J’étais en enfer. Le temps avait suspendu son vol ; la douleur n’avait pas de fin ; je voulais me dégager ; je voulais qu’on arrête de me faire mal ; je voulais maman. »

La Pudeur des sentiments de Dalila Heuse. Éditions Mazarine

Date de parution : 6/6/2016  
Article publié par Noann le 29 mai 2016 dans la catégorie Grand vin
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