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Depuis 2010, des lecteurs passionnés parlent de leurs lectures.

 

 
 
vin de table

Nous – David Nicholls

Douglas, biochimiste, et Connie, mariés depuis vingt ans, ont un fils de 17 ans, Albie, passionné de photographie. Les aléas de la vie n’ont pas eu raison de la famille. Et à coups de compromis et de concessions, on peut dire qu’elle est soudée et solide, prête à braver les vents contraires. Puis une nuit, Connie annonce tout de go à Douglas qu’elle ne l’aime plus. Et le couperet tombe soudain…

Ils feront malgré tout un grand voyage organisé de longue date, le tour des grandes villes culturelles européennes. Ainsi, ils s’arrêtent d’abord en France où Connie était jadis étudiante en art. Puis entre musées, tavernes et pizzerias ils sillonneront Amsterdam, Munich, Vérone, Rome, et ailleurs. NousTandis qu’Albie les photographie, Douglas gamberge, médite et fait le compte à rebours des caps de sa vie et toutes les crises, celle de la cinquantaine difficile, de son couple et de son ado, et voit l’horizon se ternir peu à peu. Mais ce voyage sera-t-il la seule issue possible pour raccommoder les blessures récentes et celles plus anciennes de la relation tumultueuse qu’il entretient avec son fils ?

À travers 552 pages, l’auteur nous invite à faire nous aussi un périple tantôt teinté de notes enjouées, tantôt misérables. L’on passe du sourire, au rire jaune et à l’amertume en deux temps trois mouvements. Et puisque, lassés des états de cette famille moderne, on n’a qu’une seule hâte, celle de s’intéresser un peu plus aux lieux croisés par les trois héros. Mais les élucubrations de ceux-ci prennent désespérément trop de place dans le panorama culturel de ces belles villes traversées.

L’écriture, certes enlevée, le style rythmé, les situations parfois cocasses, parfois plus mélancoliques, ne sauvent à mon sens pas le récit où foisonnent en abondance les clichés et les images de déjà vu moult fois.

Il eût peut-être mieux valu alléger le volume du roman car le kilo de pages pour une histoire sommes toutes d’une banalité affligeante est à mon avis stérile…

Nous de David Nicholls, éd. 10/18

Date de parution : 07/04/2016  
Article publié par Celeste le 28 août 2016 dans la catégorie vin de table
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Grand vin

Cœur Croisé – Pilar Pujadas

Dans un appartement défilent tour à tour cinq femmes d’âges différents. Pourquoi se retrouvent-elles là ? Est-ce pour une cause plus ou moins légitime ou plus ou moins honnête ? Les unes après les autres passent dans ce lieu insolite et découvrent le soutien-gorge rouge de la propriétaire, nonchalamment abandonné dans une pièce. Et dans le cœur et la mémoire de Déborah, Marie-France, Muriel, Eve et Béatrice, cet objet intime fera resurgir des souvenirs du passé, remuera en elles des épisodes confus…

Ce bout de dentelle de couleur rouge va réveiller pour certaines des souvenirs de passion intense tandis que pour d’autres il suscitera des moments tumultueux de leur passé. Troublées par la présence de cet objet, elles se remémorent des instants intenses mais aussi des douleurs.

coeur croiséUn récit qui ressemble à un recueil de nouvelles où chaque chapitre donne à l’histoire une nouvelle énigme, une surprise inattendue, un éclaircissement. Le lecteur suit avec enthousiasme les histoires de ces femmes et s’invite dans ce huis-clos pour accompagner ces femmes au cœur meurtri, leurs souvenirs enfouis délicatement réveillés par une dentelle rouge intime.

L’auteur nous livre ici un récit d’une grande élégance qui coule comme une rivière dans une prairie rafraîchie par la rosée matinale. Les mots virevoltent et dansent et les héroïnes, toutes attendrissantes, toutes charmantes, nous invitent à ce pas-de-deux rempli d’émotion, dont nous ressortons tout émus.

La sensibilité et la délicatesse s’immiscent dans chaque ligne et après avoir refermé l’opus, nous n’avons qu’une hâte, le relire aussitôt et filer dans un magasin de lingerie pour y faire l’acquisition d’un soutien-gorge rouge que l’on rêve dégrafé par un amoureux aux douces mains… (petit clin d’œil perso…)

Cœur Croisé de Pilar Pujadas, éd. Mercure de France

Date de parution : 02/06/2016  
Article publié par Celeste le 17 août 2016 dans la catégorie Grand vin
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Cru bourgeois

Arithmétique de la chair – Macha Méril

Bettina, 32 ans, célibataire, expert-comptable, est passionnée par les mathématiques. Elle se sent heureuse, même si elle n’a pas de compagnon et que sa vie professionnelle ne lui donne pas pleinement satisfaction. Mais elle se met soudainement à grossir. Et l’obésité s’installe de manière incompréhensible, lui donnant un physique ingrat… Elle se concentre alors sur ce qu’elle a plus précieux, la passion des nombres et l’arithmétique. Puis un jour, elle participe sous le pseudonyme de Sœur Isolde, à un concours de calcul mental organisé par une chaîne de télévision, qu’elle remporte haut la main. Grâce à elle, l’audimat de l’émission explose et Bettina devient la star des mathématiques et une cour de fans l’entoure et la vénère. Même Damien, le producteur de l’émission tombe amoureux d’elle.

Arithmétique de la chairEt grâce à l’intervention de Damien, Bettina devient chroniqueuse pour une émission scientifique. Épanouie et bien dans sa peau, bercée par l’amour que lui donne Damien, elle se met soudainement à maigrir. Ravie de sa nouvelle silhouette séduisante, elle se sent pousser des ailes et la rend intrépide. Mais son nouveau corps la rendra-t-elle vraiment plus heureuse ?

À travers une écriture enjouée et un style rythmé et spontané, l’auteur nous convainc que quel que soit la dessein d’une femme, elle en maîtrisera toujours la trajectoire et ce, même si parfois celle-ci est semée d’embûches, pourvu que surgissent des moments d’émotions, un amour improbable…

Un récit succinct distrayant, plein d’humour qui fait passer un bon moment, à tout le moins, un instant d’évasion léger et sans prise de tête. Je serais d’ailleurs moi-même peu prolixe car une fois le livre refermé, je n’en garderai que quelques souvenirs fugaces d’une lecture de vacances agréable mais sans plus…

Arithmétique de la chair de Macha Méril, éd. Flammarion

Date de parution : 09/03/2016  
Article publié par Celeste le 11 août 2016 dans la catégorie Cru bourgeois
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Grand vin

Le sommeil le plus doux – Anne Goscinny

Jeanne se rend à Nice en compagnie de sa mère, gravement malade, et de sa grand-mère paternelle. Pour la mère de Jeanne, atteinte d’un cancer en phase terminale, ce sera un voyage ultime. Elle restera d’ailleurs dans sa chambre d’hôtel aux côtés de la grand-mère. Désespérée et battante à la fois, elles croient encore à la vie, plus que tout, dans ce monde si impitoyable qui ne fait aucun cadeau… Alors, tour à tour elles rient puis pleurent, puis se ressaisissent quelques instants et s’accrochent à un soupçon d’espoir.

Doucement, Jeanne se prépare à la disparition de sa maman. Elle se promène longuement, se remémore son père qui s’est enfui lorsque a sonné le glas de la maladie. Dans Nice elle déambule et se rend au Cours Saleya. Nichée au fond, dans un coin, Sainte-Rita, la patronne des causes désespérées veille. Pourra-t-elle aider sa mère à vaincre la maladie ? Qui sait.

Sur la promenade des Anglais, Jeanne rencontre Gabriel, sur un banc. le sommeil le plus douxIl la séduit, voudra la revoir. Elle l’attire, l’interpelle. Elle lui parle de la maladie de sa mère, de la disparition de son père mais ne dit pas grand-chose d’elle. Il lui reprend la main, veut l’emmener avec lui. Elle hésite, tout est si compliqué… Et l’amour s’immisce doucement dans le cœur de cette jeune femme qui se cherche encore.

À travers une écriture aérienne et délicate, l’auteur dépeint l’âme en plein chaos d’une jeune femme qui a grandi auprès d’une maman d’exception, douce, fragile, au cœur immense, fusionnelle, freinée injustement dans sa course au bonheur par des vents contraires, victime du couperet de la maladie.

Un récit bouleversant qui remue à l’intérieur et vous déchire le cœur et l’âme. Les thématiques de la relation fusionnelle mère-fille, de la maladie d’un proche, de l’amour improbable sont abordées avec pudeur et délicatesse, sans jamais frôler l’emphase ou le pathos.

Ainsi, il faut s’imprégner à petites doses de ce récit succinct afin de rencontrer les messages subtilement livrés par l’auteur.

Poignant…

Le sommeil le plus doux d’Anne Goscinny

Article publié par Celeste le 1 août 2016 dans la catégorie Grand vin
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vin de table

Mon amant du dimanche – Alexandra Lucas Coelho

Un beau petit bout de femme : 50 ans, 50 kilos et une allure de jeune fille. Aujourd’hui célibataire, elle vit dans l’Alentejo et travaille comme correctrice pour une maison d’édition. Intense et passionnée, elle a une énergie débordante. Sa vie amoureuse a été tumultueuse. Mais il y a eu Lui… Il l’avait d’emblée séduite avec sa petite gueule d’amour, son air de poète et ses paroles d’artiste. Elle l’a aimé à perdre la raison mais il s’en est allé, la laissant exsangue. Furieuse aussi. Elle se retrouve là, désemparée et enragée, bien décidée à se venger.

Mon amant du dimancheAlors qu’elle se rend à Lisbonne chaque dimanche pour soigner le chat d’une amie partie en voyage, elle nourrit de plus en plus l’envie de vengeance envers l’homme maudit qui l’a abandonnée. Entre les livres, ses quelques brasses à la piscine, elle met tout en œuvre pour que son schéma de représailles ne soit pas foireux.

Mais avant, il lui faut se ressourcer. Elle se réfugie dans des bras improbables, chaque dimanche, ceux d’hommes qui vont faire renaître en elle une dose de courage et de confiance.

À travers une belle écriture, certes, mais pas époustouflante pour autant, où s’immiscent çà et là quelques mots osés, voire audacieux, mais sans jamais être vulgaires, l’auteur nous livre un récit d’amour bien rythmé, au style tantôt léger, tantôt plus soutenu.

Un bon livre de plage qui n’offre guère d’invitation à de grandes réflexions philosophiques, juste distrayant sans plus. Un récit qui ressemble plutôt au journal d’une femme désabusée en quête de règlements de compte.
Tout est dit. Je serai peu prolixe donc car le livre, certes sympathique, n’appelle pas de longs développements…

Mon amant du dimanche par Alexandra Lucas Coelho, édition du Seuil

Date de parution : 07/04/2016  
Article publié par Celeste le 25 juillet 2016 dans la catégorie vin de table
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vin de table

Le mystère Henri Pick – David Foenkinos

Delphine Despero, une jeune éditrice parisienne, se rend chez ses parents en Bretagne le temps d’un week-end. Dans une bibliothèque insolite qui conserve des manuscrits refusés, Delphine découvre un récit qui ne manque pas de l’enthousiasmer. Elle est d’emblée conquise par ce texte jamais publié. Ainsi, elle se met à la recherche de son auteur, apprend que celui-ci est mort et que sa veuve avoue n’avoir jamais vu son défunt mari lire ou écrire au cours de sa vie quelque livre que ce soit…

Delphine s’interroge et n’a qu’une envie, celle d’en savoir plus sur cet auteur mystérieux. Qu’a-t-il fait de sa vie, lui qui se bornait à griffonner la liste de courses ou l’une ou l’autre bafouille ? Et alors que le livre publié in extremis devient un succès, a un impact considérable sur le destin d’une multitude de personnes, le mystère autour de cette œuvre reste entier.Le mystère Henri Pick Jusqu’à ce qu’un journaliste remette en question la valeur réelle de l’écrit et la version officielle de sa publication. Peut-être ne serait-ce qu’une embrouille subtilement organisée, une opération de la dernière chance pour faire vivre une bouquinerie bretonne en mal de ventes, au bord du gouffre financier ?

Le début du récit, tout en émotion, dans un style enlevé et une rythmique bien dosée, mêlant tour à tour quelques bribes de psychologie larvée, quelques fragments de roman policier, laisse présager tout de même une atmosphère entre gris clair et gris foncé, haletante, aux mille rebondissements, une enquête menée de main de maître et tenue par des personnages attachants. Il n’en est rien… L’histoire s’essouffle, désarçonne le lecteur qui s’attendait à un bouquet final plus littéraire et non au scénario d’un policier de série B télévisé.

Autant j’ai adoré « La Délicatesse », du même auteur, autant je regrette que l’auteur se soit fourvoyé ici dans un récit qui aurait pu être élu « roman de l’été à emporter à la plage» par les lectrices d’un magazine féminin de grande diffusion…

Le mystère Henri Pick de David Foenkinos, éd. Gallimard

Date de parution : 01/04/2016  
Article publié par Celeste le 17 juillet 2016 dans la catégorie vin de table
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vin de table

Mémoire de fille – Annie Ernaux

Fidèle lectrice de cette auteure depuis bien longtemps, toujours enthousiaste à me plonger dans chacun de ces nouveaux récits et convaincue qu’une fois encore je serais portée par ses mots, j’ai fait l’acquisition de ce nouvel opus. Habituée d’une plume tantôt remplie d’émotions, tantôt douce-amère, je suis quelque peu tombée des nues…

Mémoire de filleAnnie Ernaux livre ici une sorte de journal intime de son adolescence au début des années 60, y peignant tour à tour son initiation sexuelle et ses expériences dans le domaine plutôt ratées, qu’elle ne manque d’ailleurs pas de décrire tout de go, faisant jouxter les mots grivois, exempts de sensibilité dans un style austère et impassible, ses premiers balbutiements en amour, la rigueur des usages, les douleurs encourues par une éducation sévère, sous le joug d’une France ballottée entre les événements historiques et politiques.

Ainsi l’auteur se déshabille et s’épanche à cœur ouvert sur ce que fut sa vie entre chaos et ressentiments. Et elle pointe du doigt les hommes qu’elle considère d’emblée comme vils et grossiers, ne poursuivant qu’un seul but, celui d’assouvir leurs pulsions les plus abjectes et de se soucier essentiellement de leur jouissance sans jamais n’y voir autre chose que le plaisir charnel. Et l’auteur, avec l’amertume à son paroxysme, dresse le portrait de l’homme de cette époque en le comparant déjà à celui d’aujourd’hui, plus égoïste encore et plus dénué de sentiments.

L’atmosphère de l’époque est bien relatée, entre bouleversements de toutes sortes, rigueur de l’éducation, étroitesse des mentalités, rêves et préambule d’une liberté des mœurs latente. Je regrette néanmoins la vision qu’a l’auteur de l’homme, qu’elle qualifie d’être monstrueux et basique, dépourvu de sentiments et d’amour….

Mémoire de fille d’Annie Ernaux, éd. Gallimard

Date de parution : 01/04/2016  
Article publié par Celeste le 8 juillet 2016 dans la catégorie vin de table
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