Comestible ?

Un léger passage à vide – Nicolas Rey

« Entre notre date de naissance et notre date de décès, il y a quelques moments dingues, des mauvaises passes et puis tout le reste. J’ai retiré tout le reste pour t’offrir rien que des moments dingues et des mauvaises passes. Et des moments dingues, aussi. Et des mauvaises passes. Et ainsi de suite. Bien à toi. »

Que ne fut pas mon ire d’avoir reçu d’une amie ce livre, elle qui connaît si bien les lectures qui m’émeuvent et celles qui me déçoivent … Est-ce le livre « tendance » qu’il faut avoir dans sa bibliothèque, ou est-ce un achat à la hâte après une journée de travail éprouvante ?

Avant de massacrer ce livre, j’ai pris un peu de recul pour l’attaquer de front en me donnant de bonnes raisons, en essayant de me persuader que l’autofiction pourrait offrir de beaux récits. Moult auteurs nous l’ont démontré … mais ici auteur, narrateur, héros se renvoient la balle vers une seule personne, l’auteur lui-même. On fait une grande boucle, on tourne autour et on refait une grande boucle dans l’autre sens pour se retrouver au même point … l’auteur.

Et de ce récit il n’émane qu’une littérature pauvre, négligée, sans émotion aucune. De ces bouts de phrase sans queue ni tête, surgit un personnage stupide, alcoolique, dégénéré qui débite des onomatopées au sujet de son état qui se dégrade, son addiction à la drogue, sa perte totale …

Les propos tenus à travers des dialogues décousus sont tellement benêts qu’on se demande si l’auteur ne se fiche pas de nous …

Il nous décrit de long en large sa perdition et se retranche pour ce faire derrière une logorrhée vulgaire, machiste, dénuée du moindre intérêt.

On a beau essayer de s’apitoyer sur le sort de l’auteur, dépressif, traversant une mauvaise passe, on ne cède pas à la compassion tant les mots pour traduire ce mal être sont mal choisis, dénués de la moindre émotion.

Un léger passage à vide est un plutôt un grand saut vers le néant. Et le néant littéraire aussi…

Peut-être l’auteur a-t-il trouvé dans l’écriture une façon de soulager sa peine …

Pour ma part j’ai été soulagée de refermer ce livre …

« Un léger passage à vide » – Nicolas Rey, Au Diable Vauvert, 5 janvier 2010

Article publié par Catherine le 12 février 2010 dans la catégorie Comestible ?

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