vin de table

Le Désir demeuré – Christine Aventin

L’éditeur : Le Somnambule Équivoque est un éditeur de Liège, Belgique, et c’est à ce titre qu’il a suscité ma curiosité, d’abord comme on s’intéresserait au Perron ou à Manneken Pis. C’est une maison qui a une lignée éditoriale particulière. Ses ouvrages sont intimistes et singuliers, à l’image de leurs auteurs (voir le site). Le style sort des sentiers battus : phrases courtes, émotives, brutes, à l’apparence peu ouvragée.

L’auteure : Chrisine Aventin publie à 15 ans un roman « le cœur en poche », assez réussi, presque trop abouti pour son âge. Vu ce succès précoce, on se serait attendu à une carrière fulgurante. Ce ne sera point le cas. Aurait-elle mal grandi ?

Le livre : Je l’ai regardé comme une émission de Canal+ sans décodeur. Les images se devinent plus qu’elles se voient. Mais si le mode affichage sans décodeur convenait parfaitement à certains films du samedi soir, entre 3 et 4 heures – encore que… cet organe qui tremble, était-ce un bras ou autre chose ? – … en revanche cette écriture « brouillée » m’a parfois perturbé. Il faut un bon esprit déductif pour comprendre, entre les changements de point de vue sans préavis et les sauts du coq à l’ânesse.

Il me semble que C. Aventin prend son lectorat pour un psychanalyste. Elle vide son sac… Certes il y a de beaux passages, qui touchent… mais d’autres ont une moindre portance. Écriture dans la douleur, dans ses cicatrices, très personnelle…Trop ? Il faut un effort soutenu pour entrer dans les anfractuosités de cette écorchure vivante et en comprendre le sens. Le côté intime pourrait éloigner le lecteur.

Il s’agit probablement d’une auteure brillante avec une personnalité, mais dont l’écriture devrait évoluer, afin de rencontrer le public exigeant, un peu lassé, de notre époque. Quelques phrases devraient selon moi être récrites (cfr second extrait). Une certaine liberté par rapport aux usages peut plaire. En excès elle déroute.

Extraits :

« Elle déteste la Toussaint, elle n’aime pas qu’on lui dise quel jour elle doit être triste. »

« Des lèvres maintenues séparées sont absorbés un à un tous les rouges, l’un après l’autre, se défont. »

Le Désir demeuré – Christine Aventin – Editions du Somnambule Equivoque

Article publié par Yves Rogne le 24 avril 2010 dans la catégorie vin de table

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