L’Exécution – Robert Badinter
Robert Badinter a voué sa vie à l’abolition de la peine de mort, et il continue d’en parler avec exaltation et sans jamais manquer de salive. Il faut dire qu’on est têtu dans la famille, avec Elisabeth et son concept d’équivalence absolue entre homme et femme. Robert, lui, est et restera l’abolitionniste, le défenseur de toute vie, l’avocat des assassins diront certains.
L’Exécution est un livre où tout est dit sans excès et sans fracas. Une belle écriture, pour un ministre.
Ce livre est articulé autour du procès Bontems-Buffet. Désabusés, ces deux taulards avaient commis en 1971 une prise d’otage à la centrale de Clairvaux, soldée par la mort d’une infirmière et d’un gardien. C’est Buffet qui a tué. Roger Bontems lui n’a jamais tué personne. Ils seront pourtant tous deux guillotinés. Badinter ne parviendra pas à sauver son client, presque un ami. Mais cette iniquité va le convaincre. Désormais, il défendra tout accusé qui le sollicite, quel que soit le crime commis… Un regret : que Badinter n’ait pas défendu Ranucci. Mais Ranucci est arrivé trop tôt. Il n’était ni au bon endroit, ni au bon moment, ni de la bonne époque.
En 1977, Badinter sauve de justesse la tête de Patrick Henri, coupable à 22 ans de l’assassinat gratuit du petit Philippe, 7 ans. Condamné à la perpétuité, il bénéficie d
‘une libération conditionnelle en 2002. Interpellé pour trafic de drogue en Espagne, il est extradé et retrouve les barreaux après quelque mois.
Lors du procès de Patrick Henri, Badinter a plaidé non pas la défense de l’accusé, mais l’inutilité et l’immoralité de la peine de mort. Il a responsabilisé les jurés en leur signifiant que le poids de leur décision, c’est toute leur vie qu’ils allaient le porter. Sept jurés ont voté la peine capitale. Il en fallait huit pour qu’elle fût appliquée.
L’Exécution – Robert Badinter – Grasset, Le Livre de poche

Bonjour, attirée par le titre de ce blog, je suis venue faire un petit tour… J’adore les catégories choisies et je reviendrai sûrement m’enivrer ici ! Et puis j’ai vu que mon cher Daniel était dans les parages… il est partout cet homme-là !