Cru bourgeois

La Langoureuse – Etienne Ethaire

E. Ethaire nous donne à lire les tourments d’une ado. Il écrit, paraît-il, toujours sous une identité féminine. Pourquoi pas ? Ce n’est pas le seul mâle qui essaie de se mettre dans la peau d’une femme, et c’est un exercice qui demande un grand talent (compte tenu de la complexité de cette dernière). Labro et Lamartine s’y sont risqué eux aussi…

Maleea, ado un peu masculine ne manque pas de caractère, et elle est décrite avec fougue. Tout repose sur elle. Pari difficile… Et réussi…! Elle m’a plu, dans son genre « je me fous du monde entier », elle m’a souvent touché.  La quatrième de couv’ nous annonce qu’il s’agit d’un « thriller psychologique au style incisif ». Et c’est vrai qu’il y a une psychologie dans ce texte, peut-être pas comme dans les romans du début du siècle dernier. Cependant cette jeune personne peut sembler un rien égocentrique et superficielle. Les épreuves ont l’air de lui couler dessus comme de la mayonnaise sur un boulet-frites à la liégeoise. Ce n’est toutefois qu’apparences !

Il y a beaucoup de bonnes idées.

Le style, précis et riche, aurait pu porter l’ouvrage encore plus haut. Le ton constant, toujours un peu ironique, est amusant mais parfois monotone (à mon goût).

En résumé, voilà un bon roman, qui aurait pu bénéficier de quelque chose de plus pour gagner un large lectorat en ces périodes difficiles, où le lecteur ne lit plus que sur écrans. Mais j’ignore ce qui aurait pu porter cet ouvrage plus haut. Peut-être l’auteur ne cherche-t-il guère le succès, et tourne-t-il volontairement le dos aux recettes trop commerciales… Liberté, choix d’artiste, indiscutables par essence.

La Langoureuse – Etienne Ethaire – Éditions du Somnambule Equivoque

Article publié par Yves Rogne le 2 mai 2010 dans la catégorie Cru bourgeois

Consulter tous les articles sur Etienne Ethaire (2)

Facebook Twitter Netvibes Mail

Les commentaires ne sont plus possibles pour cet article...

 

Blog de littérature. Critiques, extraits, avis sur les livres…

Dessin de Jordi Viusà. Conçu par Noann Lyne