Grand vin

Une année avec mon père – Geneviève Brisac

L’on traverse quatre saisons à partir de l’automne qui voit la mort de la mère de la narratrice dans un accident de la route. Le père, rescapé, doit réapprendre à vivre en dépit du traumatisme physique mais surtout psychologique, trouver un souffle nécessaire à survivre dans cette charpente usée. Et cet homme opiniâtre va donner du fil à retordre à sa fille, qui apprend doucement à connaître la face cachée de ce père dont elle savait peu en réalité.

J’ai découvert cet auteur avec enthousiasme et j’ai été séduite par ce récit subtil et très réussi. Les dialogues sont intégrés çà et là sans jamais encombrer le fil du récit qui coule et nous parle du naufrage d’un homme puis de sa reconstruction aux côtés de sa fille.

Geneviève Brisac dépeint avec beaucoup de finesse cette décadence, ce dépérissement de l’être vieillissant. Elle nous relate la relation qui s’installe entre un père et sa fille quand, amoindri, il retombe en enfance et s’accroche à elle, seul repère. Et dans cette perdition, il sauve son indépendance et sa dignité.

Extrait :

« J’aimerais pouvoir écrire ce récit à la manière des gens qui se souviennent de tout. J’aimerais avoir accès à la manière circonstanciée, aux faits, aux preuves, mais j’oublie, il ne me reste que les miettes. Une sensation de virage, une odeur de voiture et d’hôpital, une nausée permanente, une branche jaune, un panneau routier, une publicité pour Mobalpa à l’embranchement du funérarium. »

Geneviève Brisac, Une année avec mon père, Editions de l’Olivier

Article publié par Celeste le 26 juillet 2010 dans la catégorie Grand vin

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