Cru bourgeois

Le jour avant le bonheur – Erri De Luca

Erri De Luca nous offre l’histoire d’une complicité touchante entre un jeune garçon orphelin, qui est aussi le narrateur principal, et son mentor, don Gaetano, un homme à tout faire, concierge, plombier, et qui est surtout un sage capable de lire dans les pensées, selon lui. Don Gaetano parle de l’histoire de sa ville, de ce juif qui est resté cloitré dans un réduit sous une statue pendant des mois, il évoque le débarquement et l’insurrection des habitants contre l’ennemi. Peu à peu se tisse une complicité de plus en plus magique entre les deux hommes. En filigrane apparait aussi la petite fille, celle qui restait secrètement dans l’ombre du troisième étage quand le garçon, dix ans plus tôt, allait rechercher le ballon de foot en grimpant aux tuyaux. Don Gaetano initie son complice aux choses fondamentales de la vie. J’ai trouvé l’histoire touchante, par de toutes petites choses subtiles, les sauts entre entre passé et présent, l’entrelacement des voix du garçon et de son mentor, et leur complicité grandissante.

Ceux qui ont l’habitude de fréquenter ce site (ça existe) savent que je suis sensible au style. Sur ce point, je ne suis pas totalement satisfait. Mon esprit a parfois trébuché sur ce texte pourtant simple. J’ai fait quelques aller et retour dans les paragraphes, j’ai dû revenir en arrière. Finalement, j’ai sauté les passages où j’achoppais pour passer à la suite.  Quelques belles phrases. D’autres imbuvables, mal structurées (voir l’extrait). Évidemment, si on traduit des expressions napolitaines mot pour mot en français, il y a forcément un petit problème.

Bref, trois étoiles pour l’histoire, zéro pour la traduction. Au total ça fait une étoile et demie, comme je suis gentil j’en mettrai finalement deux.

« Je t’ai attendue jusqu’à oublier quoi. Une attente est restée dans mes réveils, quand je saute du lit à la rencontre du jour. J’ouvre la porte non pas pour sortir mais pour le faire entrer. »

J’appuyai ma tempe sur la sienne.

« Anna, il s’est écoulé une éternité.

- C’est fini. Maintenant commence le temps, qui dure des moments. »

Le jour avant le bonheur – Erri De Luca. Éditions Gallimard

Article publié par Noann le 31 août 2010 dans la catégorie Cru bourgeois

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3 réponses

Noann
1 sept 2010 à 3 h 42 min

Dans l’extrait que j’ai publié, voici ce qui me pose problème :

« Je t’ai attendue jusqu’à oublier quoi. » – Outre le fait que cette phrase n’est pas belle, je ne vois pas le pourquoi du « quoi ». Je ne vois pas à quoi ce « quoi » se rapporte… Il alourdit la phrase et est de trop. On aurait pu écrire : « je t’ai attendue jusqu’à oublier », ou aller plus loin, par ex. « je t’ai attendue jusqu’à oublier mes rêves, mes projets,etc… »

« Une attente est restée dans mes réveils » – quelle métaphore étrange… comprends pas.

« quand je saute du lit à la rencontre du jour. » – tout de suite après une métaphore étrange, une autre…

« J’ouvre la porte non pas pour sortir mais pour le faire entrer. » – J’ai longtemps cherché à quoi se rapportait le « le ». Je viens de le trouver : ‘le jour’. L’antithèse « pour sortir » <> « pour le faire entrer » me hérisse.

« J’appuyai ma tempe sur la sienne. » – Pas beau

« Anna, il s’est écoulé une éternité. » – On dirait du Guillaume Musso en moins bon. C’est du déjà vu 100 fois ou 1000 fois. Effet éculé.

« C’est fini. Maintenant commence le temps, qui dure des moments. » – Que veut dire cette phrase ?

… Bref, un exemple de passage que je n’ai pas du tout aimé car mélangeant effets éculés et mal tournés, des articles dont a du mal à trouver le sens, et des mots mal choisis.

Cet extrait représente tout ce que je déteste en terme d’écriture.


 
Clémence
1 sept 2010 à 21 h 11 min

La personne chargée de la traduction en français…s’est servie d’un « traducteur gratuit sur l’internet » (les résultats sont presque toujours -étonnants-) ?… Je ne vois pas d’autres hypothèses. Ou alors, c’est à désespérer…
N’empêche que d’une façon ou d’une autre, ce qui est encore plus -étonnant-, c’est que l’éditeur ait pu laisser la publication se faire sous cette « forme »..(?)


 
Noann
1 sept 2010 à 21 h 18 min

J’ai eu exactement la même pensée au sujet de l’éditeur.

Gallimard est vraiment bizarre.


 

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