Cru bourgeois

Le cercle des cendres de Balthasar Thomass

Comment  Friedhart est-il arrivé à ses fins ? Comment a-t-il séduit cette femme plus jeune que lui, mariée, mère d’un jeune garçon de dix ans pour devenir son amant et plus encore puisqu’il s’installe dans cette famille de Munich, formant un ménage à trois et brisant en cela le peu d’harmonie qui existait encore entre la mère et le père.

Le jeune garçon a grandi et se souvient …

Lorsque Friedhart meurt, le jeune homme se penche sur son vécu et tente de remettre en place les lambeaux de sa vie, de son enfance brisée par une famille décousue, sous le joug de la culpabilité nazie.couverture le cercle des cendres

Les chapitres virevoltent, s’enchaînent et on découvre les multiples facettes de Friedhart, personnage hors du commun, traducteur, gandin littéraire, séducteur frénétique mais aussi homme désespéré fuyant le lourd passé de sa famille nazie, en se réfugiant dans un projet démesuré : construire de ses propres mains une maison de rêve sur l’île de Lanzarote.

Et on ne sait quels fantômes il poursuit …

A travers ce jeune homme devenu adulte, aux tendances suicidaires, on voit défiler toute la génération des années 60, avide d’émancipation quitte à se perdre, s’autodétruire.

L’auteur met tout son cœur à donner une littérature envoûtante, dans un style éblouissant et fort.

Un récit étrange, saisissant, qui vous cloisonne dans les spirales de la mémoire et vous invite à suivre le héros dans sa quête du passé …

Poignant …

« J’avais mes réserves. J’avais choisi de vivre ici et je m’étais convaincu que le français était la plus belle des langues. J’étais tombé amoureux d’une Française, et avec elle amoureux de la langue française, alors qu’en réalité peut-être étais-je simplement tombé amoureux de mes propres déclarations d’amour. Cette langue avait pour moi encore un certain exotisme, un souffle, une sensualité, un parfum qui m’attiraient. Je pensais que les mêmes mots – arbre, table, amour ou parole – devaient forcément avoir un sens plus noble, plus profond et plus délicat en français qu’en allemand, où l’on dit brutalement Baum, Tisch, Liebe, Wort, telles des pierres jetées dans un puits. »

Le cercle des cendres – Balthasar Thomass, Éditions Philippe Rey

Article publié par Celeste le 8 janvier 2011 dans la catégorie Cru bourgeois

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4 petits mots

Le 10 jan 2011 à 10:15:38

Hello, la chronique donne envie mais je suis perplexe par rapport à la note…
Faut-il le lire ou non ?



 
celeste
Le 10 jan 2011 à 11:30:03

à Boulie :
Oui. Fût-ce pour le personnage de Friedhardt …



 
Noann
Tenancier
Le 10 jan 2011 à 11:38:43

Mais attention à ceci :

« Et on ne sait quels fantômes il poursuit … »

..qui est assez révélateur. Il semblerait que le récit soit un peu désorganisé et que le lecteur ne sache pas où l’auteur veut en venir, ce qui est souvent désagréable.

Bouile, vous avez-vu dans la rubrique « sites sympas » ?



 
celeste
Le 10 jan 2011 à 13:25:45

Indubitablement. Noann a raison … Le roman traite essentiellement de la mémoire jusque dans ses tréfonds. Mais au fil du récit, le lecteur est déconcerté par le narrateur qui laisse plâner des doutes, des non-dits quant au personnage de Friedhart. On a envie d’en savoir plus sur ce séducteur ambigu, désespéré aussi.
D’aucuns n’y attacheront aucune importance mais certains lecteurs pourraient trouver ce récit un peu confus … J’en fais partie … Néanmoins, si j’ai classé ce roman dans la catégorie « cru bourgeois » c’est tout simplement parce j’ai trouvé certains passages attachants …



 

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