vin de table

Dans la fureur glaciale – Viviane Forrester

Un de ces livres qu’on a du mal à résumer. Dont il est difficile de parler, tout simplement. Ce qui est parfois mauvais signe… J’aime résumer un livre à ma manière, selon mes impressions. Mais j’avoue rester perplexe. Allons, courage. Pour m’aider, à titre exceptionnel, je recopierai la présentation de l’éditeur :

« Dans ce recueil de quatorze nouvelles, l´émotion de l´écriture et le rythme envoûtant de Vivianne Forrester nous happent aussitôt dans la chair du récit. »

Me voilà bien avancé ! A-t-on déjà vu quatrième de couverture aussi conne courte, banale, et insipide ? J’en suis donc réduit à gloser au sujet de ce recueil de ‘nouvelles’. Le mot ‘nouvelles’ en soi me fait frémir, tant les auteurs et les éditeurs français l’ont utilisé sans vergogne, pour fourguer leurs fonds de tiroir, le plus souvent. Cependant, ce bouquin ne semble pas fait de bouts de ficelles et de déchets, tels qu’en laisse derrière lui tout écrivain de longue date. Il semble composé, rédigé avec soin. Et même beaucoup de soin…

L’écriture est, il faut bien le reconnaitre, méticuleuse, détaillée, elle fleure la composition, la recherche, l’alignement de mots, la rédaction, l’architecturation, la fabrication.

Dans la fureur glaciale« Mais seuls m’envahissent ces tourbillons verts et le vide plus haut, et ces événements que l’on appelle montagnes »

« Au théâtre, la présence d’une peau sous le taffetas, l’espace entre cette peau, l’étoffe et le décor, peuvent-ils s’énoncer? »

« Nous fumions, faiseurs d’histoires, enterreurs, causeurs, partageant avec les abeilles, machinalement, ce monde. Pourquoi mourir ? L’herbe était chaude. Et ces deux-là, parmi les tombes, s’étaient enlacés, apaisant le désordre. »

Un glossaire explicatif serait utile, voire une traduction en français. Mais il est vrai que la littérature, c’est comme la grande musique, elle se suffit à soi. Et si les mélomanes ne la comprennent pas, qu’importe. L’artiste s’arroge toutes les libertés, même celle d’emmerder son public. Surtout quand il acquiert de la renommée.

Cette œuvre littéraire donnera, sans aucun doute, à certains lecteurs un plaisir, mais plus réfléchi que tactile ou émotif. Oserais-je dire, masochiste, voire, oui j’ose, masturbatoire de neurones. Ça parle de quoi au juste ? De sujets forts divers… De théâtre, de la Shoah, d’exils, de destinées, de douleur. On devine, plus qu’on ressent, beaucoup d’émotions fortes, discrètes, larvées, cachées derrière quelques afféteries, effets et sauts de points de vue. Un peu trop. Dommage…

« La Zitruve. Inaccessible. Écarterais-je les jambes, dévoilerais-je entre ses cuisses un gouffre, elle y disparaitrait. »

« Ne pas l’entendre annoncer le silence de l’autre »

Dans la fureur glaciale de Viviane Forrester. Éditions Gallimard.

Date de parution : 3/03/2011  
Article publié par Noann le 13 août 2011 dans la catégorie vin de table

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