Grand vin

Le cas Sneijder – Jean-Paul Dubois

Quelque part dans une ville du Canada, un ascenseur chute violemment et Paul Sneijder perd sa fille. Il sort seul indemne de cet accident … Bien sûr sa vie bascule et il passe désormais ses nuits blanches à scruter et potasser la nombreuse documentation sur les … ascenseurs. Par dépit, il trouve même un emploi minable. Il devient promeneur de chiens pour se rapprocher de la vie basique, loin de la vie feutrée et aseptisée où l’on passe de son appartement surchauffé  à l’ascenseur qui mène au bureau… nous faisant presque oublier la nature et la terre…

Notre héros, bouleversé, meurtri, décide de prendre des chemins de traverse, loin des conventions, loin de ceux qui partagent sa vie, enfin qui vivent à côté de lui … Il va délaisser le monde des gens bien pensants, bien assis dans leur vie professionnelle si ennuyeuse et petit à petit il sera jugé, toisé, traité de fou même.Le cas Sneijder

Cependant, au cours de son escapade marginale, il croisera quelques rares personnages sortant du lot, humains ou capables de le comprendre.
À travers un style élégant, l’usage de mots rares, l’auteur donne au drame du départ une autre connotation, livre une sorte de leçon de vie, de retour aux sources, loin du tumulte de la vie citadine. Il apaise même le lecteur, effondré par cette mort insensée du début.

Un roman doux-amer où l’auteur fait fi des conventions, des modèles de référence, des vies de pacotille entre béton et… béton.

Et le lecteur de se laisser porter par cette fable entre roman noir et satire ironique qui fait réfléchir et bouscule. Avec humour et dérision, l’auteur dépeint l’univers glacial et insipide de la modernité, en profitant pour mettre le lecteur devant le fait accompli.
Distrayant, mouillé d’acide aussi ce portrait de l’humain de nos jours…

En refermant cet opus, on n’a qu’une seule envie… fuir, partir mais sans tambour ni trompette, sans heurts, juste suivre un chemin de sérénité…

Le cas Sneijder de Jean-Paul Dubois, Éditions de l’Olivier

Date de parution : 06/10/2011   Isbn : 2879298644
Article publié par Celeste le 15 novembre 2011 dans la catégorie Grand vin

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8 petits mots

Le 15 nov 2011 à 18:14:07

Il m’intéresse, je note, merci !



 
Celeste
Rédactrice en chef
Le 15 nov 2011 à 19:42:45

Bonsoir DeL. Bonne lecture, ce roman en vaut la peine



 
Le 23 nov 2011 à 15:45:41

Pas si fréquent que nos deux blogs partagent des lectures en simultané :) Ce sera pourtant le cas avec celui-ci. toutefois, arrivé aux deux tiers, je ne me suis pas encore senti touché par cette profondeur qui t’a tant ébranlée. Jolie chronique en tous cas.



 
Céleste
Le 23 nov 2011 à 18:03:15

Bonsoir Emmanuel,
Tout d’abord merci du compliment au sujet de ma chronique !
Je n’irais jusqu’à dire que j’ai été ébranlée … juste touchée par l’invitation à la réflexion que suscite le récit.



 
Le 27 nov 2011 à 15:11:28

J’ai beaucoup aimé Une vie française de Jean-Paul Dubois, un peu moins ses romans suivants bien que je les aie lus avec plaisir. « Distrayant, mouillé d’acide aussi ce portrait de l’humain de nos jours », comment pourrais-je passer à côté alors ?



 
Céleste
Le 27 nov 2011 à 16:32:11

Bonjour Krol,
Je te conseille ce livre et je suis curieuse de connaître ton ressenti …



 
Le 1 déc 2011 à 12:52:18

Je confirme mon impression mitigée. Effectivement, l’écriture de Dubois est propre et efficace. Par contre, le côté « évènement qui change une vie » et les monologues existentiels avec pour aune les ascenseurs ou le dog walking n’ont pas marché pour moi. Quand à l’ironie, voire la critique, qui entoure la maladie et les soins psychiatriques, je trouve qu’elles sont indignes d’un auteur qui se prétend un tant soit peu intellectuel.



 
Celeste
Rédactrice en chef
Le 1 déc 2011 à 13:57:20

Certes Emmanuel, j’abonde dans votre sens dans les grandes lignes. En revanche, c’est le côté un peu absurde de l’histoire et cette forme de retour aux sources qui m’avaient quelque peu émue. Pour ce qui est de la maladie et des soins psychiatriques, je ne les ai même pas évoqués tant pour moi ils semblaient sans intérêt et n’apportaient pas grand chose au récit si ce n’est une parenthèse quelque peu malveillante (ou indigne que vous le dites). Cela dit, je n’avais encore rien lu de cet auteur et a fortiriori ne connais rien de sa personnalité …



 

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