Grand vin

Léon et Louise – Alex Capus

Présentation de l’éditeur :

Le jour des obsèques du grand-père, la famille est en train d’attendre le prêtre dans la cathédrale Notre-Dame-de-Paris, lorsqu’une petite dame énergique, portant un foulard rouge, s’approche du cercueil, pose un baiser d’adieu sur le front du défunt et, en souriant malicieusement en direction de l’assistance, actionne une vieille sonnette de vélo. Dans les premières rangées, on chuchote. Est-ce vraiment cette Louise ? Elle a donc osé ?

Léon et Louise n’ont pas vingt ans lorsqu’ils se rencontrent dans un petit village français vers la fin de la Première guerre mondiale. Connus, reconnus, perdus de vue, séparés par les hasards de l’Histoire, les deux jeunes gens ne s’oublieront jamais.

Avec un sens délicat du détail et un souffle narratif puissant et élégant, Alex Capus explore les ressorts complexes de deux existences. Surgissent alors le décor et l’ambiance des différentes époques durant lesquelles nous suivons les péripéties des deux héros : la Normandie pendant la Première guerre ; Paris sous l’Occupation ; le Quai des Orfèvres et la Banque de France ; l’action du préfet de police pour cacher les archives relatives à l’immigration ; l’opération de sauvetage de l’or de la République…

En réinventant la vie secrète de son propre grand-père sur plus de quarante ans, Alex Capus signe le roman d’un amour plus fort que le tourbillon de la vie, une irrésistible épopée qui a déjà séduit un grand nombre de lecteurs à travers le monde.

Traduit de l’allemand – Prix du public de la RTS (Radio Télévision Suisse ) 2013. ( écouter : www.rts.ch/espace-2/programmes/entre-les-lignes )

Mon avis :

Leon et LouiseVrai coup de cœur pour ce livre. Plein de tendresse, d’amour, de finesse et de subtilité. Mais sans mièvrerie sans sentimentalisme. Une belle histoire d’amour dont le cours logique sera détourné par la guerre mais qui perdurera envers et contre tout. Mais qui ne ravagera pas tout autour d’elle. Un amour contrarié qui respecte la vie et les autres. Un roman sur la persistance des sentiments, sur « le grand Amour ». L’écriture est fluide. Le décor est l’entre-deux guerres en France, l’envers du décor, la vie des gens normaux dans la France occupée : en Normandie, à Paris ; on tournera aussi des pages d’histoire… Le sauvetage de l’or par la Banque de France, la destruction des archives par la police… De plus Capus réussit à rendre tous les personnages intéressants et attachants. C’est de plus une histoire vraie, celle de sa famille…

Extraits et citations :

« Nous sentons exactement pareil. — Nos odeurs se sont mélangées. — Je voudrais que ça reste comme ça. — À jamais. »

« La nuit, avant de s’endormir, Léon ne cessait de revivre en pensée le trajet en Torpédo, les moments passés avec Louise au Relais du Midi et les dernières heures, jusqu’à l’aube, en lisière de cette forêt d’où l’on apercevait la tour Eiffel. Il eut la surprise de constater que ses souvenirs ne s’estompaient pas au fil des semaines, des mois et des années ; au contraire, ils devenaient de plus en plus puissants, de plus en plus vivants. »

« La journée, il allait consciencieusement travailler, et le soir il plaisantait avec sa femme et se montrait auprès de ses enfants un père plein de tendresse ; mais au fond, les moments où il était le plus vivant étaient ceux où, tel un vieillard, il s’abandonnait totalement à ses souvenirs.. »

« Debout devant la fosse ouverte, Léon s’étonna de ce rituel qui s’accomplissait sans aspérités – elle était presque offensante, la simplicité avec laquelle un être pouvait être enterré comme si de rien n’était, comme si cet être n’avait pas, après tout, aimé et haï durant une vie ou n’avait pas été, au moins, utile à ses proches d’une manière ou d’une autre ; un dossier classé qu’on expurgeait sans façon du quotidien. »

« Je vis bien, tu ne me manques pas, comprends-tu ? Tu es seulement un de ces points vides parmi tant d’autres, de ces blancs que je transporte à travers ma vie ; après tout, je ne suis pas devenue pilote de course automobile ni ballerine, je ne dessine pas et je ne chante pas aussi bien que je le désirais, et je ne lirai jamais Tchekhov en russe. »

« On s’y fait, à ces blancs, on vit avec, ils font partie de vous et on ne voudrait pas se priver d’eux ; si je devais me décrire, la première chose qui me viendrait à l’esprit, c’est que je ne parle pas russe et que je ne sais pas faire de pirouettes. »

« Et avec le temps, je me suis aperçue que je m’ennuie moins avec moi-même qu’en compagnie d’un monsieur qui ne me plaît pas complètement. »

Léon et Louise d’Alex Capus

Date de parution : 05/09/2012  
Article publié par Yves Rogne le 3 septembre 2013 dans la catégorie Grand vin

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