Cru bourgeois

Le dernier gardien d’Ellis island – Gaëlle Josse

Résumé :

New York, 3 novembre 1954. Dans quelques jours, le centre d’immigration d’Ellis Island va fermer. John Mitchell, son directeur, reste seul dans ce lieu déserté, remonte le cours de sa vie en écrivant dans un journal les souvenirs qui le hantent : Liz, l’épouse aimée, et Nella, l’immigrante sarde porteuse d’un très étrange passé. Un moment de vérité où il fait l’expérience de ses défaillances et se sent coupable à la suite d’évènements tragiques. Même s’il sait que l’homme n’est pas maître de son destin, il tente d’en saisir le sens jusqu’au vertige.

À travers ce récit résonne une histoire d’exil, de transgression, de passion amoureuse, et de complexité d’un homme face à ses choix les plus terribles.

L’avis de Noann :

Le dernier gardien d'Ellis IslandVoici donc le dernier roman de Gaëlle Josse, une auteure que nous étions les premiers à chroniquer sur Livrogne.com, dès la sortie de Les heures silencieuses…  Un bon bout de chemin parcouru, et un constat : de ces quatre livres, aucun ne ressemble vraiment aux autres. Seul dénominateur commun : l’écriture, classique et soignée, de leur auteure, et aussi la capacité à nous faire entrer dans un univers en quelques mots.

« Le dernier gardien d’Ellis island » nous conte donc l’histoire… du dernier gardien d’Ellis island, eh oui. Le récit se déroule dans les années cinquante, quand des milliers de migrants arrivaient aux USA en quête d’un avenir. Nous suivons les pensées de ce dernier gardien, appelé bientôt à d’autres fonctions ; le centre d’immigration qu’il dirige va bientôt fermer, car le flux migratoire se tarit et les autorités ont modifié leur politique. C’est d’emblée un personnage tourmenté qui se présente à nous, un homme qui s’interroge sur ses responsabilités et devoirs. Il nous conte ses souvenirs, et sa rencontre avec Nella, une jeune Sarde, arrivée avec son frère, légèrement attardé mental. Entre eux existe un lien très fort. Si l’histoire se perd un peu, au début, dans le pathos de ce gardien décidément fort affecté (on sent la plume d’une femme), elle prend un tour dramatique avec l’arrivée de cette fratrie méridionale pleine de rêves… Et de souvenirs. Tout à coup, le drame se met en place, en cinq lignes. L’auteur bascule alors dans le passé de Nella, et nous conte la genèse de sa famille riche de tradition… et de tensions. Après une cinquantaine de pages sobres et posées, surviennent un viol, un suicide, et tout de suite les souvenirs de Sardaigne. C’est un texte joliment écrit, toutefois, l’on trouve ici les mêmes défauts  particularités que dans certains précédents romans de l’auteure : une construction simple, et l’utilisation du drame comme outil. Ici, il arrive à brûle-pourpoint, un peu comme s’il fallait à un moment donné remotiver le lecteur. Un début contemplatif, quelques pages enflammées, et puis le gardien retombe dans sa solitude tourmentée. Si les personnages sont intéressants et bien décrits, les lieux magnifiquement évoqués, la construction de l’histoire me pousse à ramener mon verdict

Le dernier gardien d’Ellis island de Gaëlle Josse

Date de parution : 04/09/2014  
Article publié par Noann le 28 août 2014 dans la catégorie Cru bourgeois

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