Cru bourgeois

On aurait dit une femme couchée sur le dos – Corine Jamar

Résumé :

Fuyant son père et son passé, Samira a trouvé en Crète un lieu pour vivre, un univers qui, s’il lui demeure un peu étranger, est devenu profondément le sien, sublimé par la mer et les montagnes qui en forment les contours. Elle épouse là le bel Eleftheris et ouvre une petite cantine sur la plage de l’Akrotiri, mondialement célèbre depuis le succès du film Zorba le Grec. Son bonheur n’est cependant pas sans ombres… Comment oublier qu’elle a trahi de vieux amis pour le gagner – et fermé les yeux sur un meurtre… ? Comment accepter les règles ancestrales, parfois si violentes, qui gouvernent la communauté où elle vit désormais ? Guidée par la présence quasi palpable des dieux anciens et soutenue par son ami Walter, le chef opérateur de Zorba, qui a choisi lui aussi de vivre sur l’île, Samira trace lentement son chemin vers la réconciliation avec elle-même.

L’avis de Noann :

On audait dit une femmeC’est tout un contexte que celui de ce roman, un contexte double : d’abord les lieux, chaleureux, empreints de nostalgie et du soleil méditerranéen. Mais aussi, un ancrage dans un monde apparemment sans histoire, où le bonheur brille comme les rayons méridionaux. En apparence toutefois. Vient aussi se superposer le tournage du film Zorba le Grec, sous forme de retours en arrière. L’auteure nous introduit dans cette histoire à tout petits pas, presque de façon confidentielle, comme des bribes de souvenirs. Le ton est amical et sans fioritures : pas d’effets de style ou de formulations alambiquées… Un peu comme un dialogue entre amis, sur le mode « je me souviens »… Ce sont comme des atomes, des images, de petits fragments qui sont donnés au lecteur pas à pas… Il faudra un peu de patience pour entrer dans le vif du sujet et découvrir ce qui cloche dans cet univers à l’apparence tranquille et sereine. Alors, le lecteur est pris à témoin et il devient le spectateur des arcanes de ce petit monde îlien… C’est une petite incursion estivale dans un lieu de villégiature… Où le drame rôde en sourdine.  L’auteure nous donne cette histoire par petits fragments, des anecdotes qui tissent une toile plus subtile qu’il ne parait.

L’avis de Céleste

Samira ou le bonheur tâché de pénombre… Samira et la reconstruction dans un nouvel univers, un refuge, pour oublier qu’hier elle a trompé ses proches, et renaître enfin dans les bras de l’homme de sa vie, un Crétois prénommé Eleftheris. Là-bas, elle croisera aussi un illustre personnage installé sur l’île et qui n’est autre que le chef opérateur du célèbre Zorba le Grec. Ainsi, l’on suivra les périples de cette femme à l’âme meurtrie, contrainte malgré elle à côtoyer un monde où les valeurs sont différentes. L’écriture est dispersée çà et là comme un puzzle pour que le lecteur s’imprègne peu à peu du destin particulier de cette femme déchirée. Les deux moteurs de ce roman qui traite de la trahison et de la reconstruction dans un autre monde sont dessinés par paliers que l’on gravit d’un bout à l’autre, en se laissant porter par l’histoire qui ronronne doucement…

On aurait dit une femme couchée sur le dos de Corine Jamar. Le Castor astral

Date de parution : 28/08/2014  
Article publié par Noann le 28 août 2014 dans la catégorie Cru bourgeois

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