Cru bourgeois

La femme sur l’escalier – Bernhard Schlink

Un homme d’une soixantaine d’années, avocat allemand de renom, se rend en Australie et, alors qu’il visite une galerie d’art, se retrouve pétrifié devant un tableau montrant une femme qu’il reconnaît d’emblée. Il se remémore une affaire qu’il avait traitée au début de sa carrière. Une histoire de règlement amiable entre le peintre Schwind et l’industriel Gudlach, qui avait fait l’acquisition d’un tableau intitulé Femme sur l’escalier. Et le modèle était Irène, la femme de Gudlach. Gudlach qu’Irène quitta pour le peintre. L’industriel déchu propose alors au peintre et amant d’Irène de lui restituer la toile à la seule condition qu’Irène revienne vivre avec lui.

L’avocat est chargé de rédiger un contrat précisant les conditions d’exercice de cet échange, mais au cours de la mise en place du contrat et des réunions s’y attachant, l’avocat s’éprend d’Irène. Ils s’unissent et décident de tromper les deux parties au contrat, Gudlach et Schwind, se promettant de récupérer le tableau et de s’échapper ensemble…

Cependant, tout bascule… Irène a pris la fuite, seule, emmenant avec elle le tableau et laissant à leurs disputes les deux intéressés et l’avocat.

La femme sur l'escalierUne quarantaine d’années plus tard, le narrateur-avocat se décide à mener une enquête pour tenter de connaître des vérités tues jadis. Il apprend qu’Irène vit sur une île, seule, qu’elle est atteinte d’un cancer en phase terminale. Et il retrouve cette femme qu’il a aimée à perdre la raison. Désormais il ne s’éloignera plus d’elle, s’installe à ses côtés. Alors peu à peu Irène se livre, s’épanche et, sous l’emprise de la drogue qu’elle a prise ce soir, descend l’escalier, nue comme sur la toile, et le narrateur lui fait l’amour passionnément. Soudain un incendie dévaste l’île et les deux amoureux s’échappent à bord d’un bateau. Ils s’endorment enlacés…

Je tairai la suite de l’histoire pour laisser au lecteur la surprise de découvrir le mot de la fin, inattendu…

À travers une histoire entre intrigue policière et réflexions sur les aléas de l’existence, l’auteur nous invite à un compte à rebours de notre vie et à se poser les questions sur ce qu’elle serait ou eût pu être si elle avait pris une autre tournure, fait un virage à 180°. À cœur ouvert il nous parle de tous ces bouts de vie, ces chemins de traverse pris malgré nous, ces questions restées lettre morte, ces mots remisés dans un coin de la mémoire, qui ressurgissent un jour, ces amours jamais tout à fait perdus, ces rencontres improbables qui laissent des traces indélébiles.

Les mots sonnent juste la plupart du temps, le suspense est au rendez-vous mais une certaine confusion s’immisce entre les lignes, laissant parfois le lecteur un peu dans la nébuleuse.

Un récit à la fois surprenant et aigre-doux, jouxtant parfois l’imaginaire…

La femme sur l’escalier de Bernhard Schlink, éd. Gallimard

Date de parution : 01/03/2016  
Article publié par Celeste le 25 mai 2016 dans la catégorie Cru bourgeois

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