Grand vin

Silencieuse – Michèle Gazier

À Saint-Julien-des-Sources, un bourg de six cents habitants, des êtres se croisent au détour d’une ruelle, dans un bistrot, à la supérette, entre autres, mais ne sont pas très loquaces… Il y a Hans Glawe, peintre et sculpteur allemand dont l’œuvre imprégnée de sauvagerie et de brutalité a fait la renommée, Louis, un hippie étranger que la vie a meurtri et qui retrouve chaque nuit son amante, la petite caissière de la supérette. Il y a aussi Claude, un sociologue retraité, qui passe la plupart de son temps à épier discrètement les pérégrinations des habitants du village et écrit une chronique sur Hans qui l’interpelle. Mais la seule qui donne à cet endroit désolé une petite touche de lumière, colore en bleu le quotidien de ces gens aigris est Valentina, une petite fille étrange et taciturne qui se retranche derrière une paroi de silence et garde enfouis ses souvenirs.

silencieuseEntre les habitants, les échanges verbaux sont exceptionnels, peut-être de temps à autre se saluent-ils d’un petit signe de la main ou hochent-ils de la tête pour adresser un bonjour.

Dans ce monde irréel, les rumeurs vont bon train, toutes larvées, les non-dits s’agglutinent pour devenir une sorte de magma inébranlable, les secrets sont cloisonnés dans les cœurs et chacun essaie de sortir tant bien que mal de sa thébaïde. Pour l’un, il s’agira de se réfugier dans son art, sa passion, pour l’autre d’observer sans dire mot les faits et gestes des habitants et pour le dernier de s’attacher à la rédaction d’une analyse approfondie d’un personnage visé, dans le but peut-être d’apaiser ses propres tourments.

Ainsi, chacun tente de s’arracher à une solitude morbide, un silence tellement étouffant qu’il en devient insupportable de cris et de tumultes. Et derrière cette barricade de mutisme, se retrouvent des êtres tourmentés et blessés par la pesanteur du passé.

L’auteur nous entraîne avec brio dans un huis-clos suffocant nous invitant par là même à une réflexion sur les désastres de la solitude et sur les ravages engendrés par l’absence de communication entre les êtres.

Un examen pertinent sur les problèmes de communication qui déchirent et abîment les hommes…

Silencieuse par Michèle Gazier

Date de parution : 30/03/2017  
Article publié par Catherine le 6 juin 2017 dans la catégorie Grand vin
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vin de table

L’empire du mail – Jean Grimaldi d’Esdra

Présentation de l’éditeur :

Dès le milieu des années 90, l’email a commencé à modifier notre manière de communiquer… Jusqu’à la bouleverser totalement. La simplicité d’écriture, la gratuité de l’envoi, la rapidité d’exécution et de réponse, la suppression des intermédiaires, l’anonymisation, sont autant de caractéristiques propres au mail qui ont transformé nos comportements tant personnels que professionnels.Tant et si bien que la gestion des mails est aujourd’hui devenue l’activité principale du manager, au détriment du contact direct : cliquer, c’est communiquer, cliquer, c’est manager.

Dans cet ouvrage, Jean Grimaldi d’Esdra retrace la naissance de cet « empire du mail » et les conséquences de son utilisation intensive sur l’activité professionnelle et les modes de relations humaines. Car les risques sont réels : la distraction par la messagerie entraîne une attention disloquée, et des rapports plus artificiels entre collègues, voire en famille.L’auteur nous invite ici à prendre du recul sur notre propre pratique des messages électroniques.

Combien de temps passons-nous connectés à notre boîte de réception ?

Comment classons-nous ? Quand répondons-nous et de quelle manière, avec quel langage ? Une réflexion qui, sans diaboliser la technique, apparaît nécessaire. Car qui comprend l’outil peut d’autant mieux le maîtriser… et en éviter les excès.

Mon avis :

Voici un document très intéressant sur un sujet qui nous concerne tous : le mail. Nous concerne tous oui, si ce n’est qu’il est question essentiellement d’usage professionnel, en entreprise, et moins l’usage privé. Le sujet eût pu être traité de manière plus globale, car l’internaute à domicile risque de se sentir peu concerné. Celui-ci a d’ailleurs tendance à abandonner le mail au profit de messageries instantanées, souvent liées à des comptes de réseaux dits « sociaux ».

Mais qu’à cela ne tienne… J’utilise le mail depuis les années ’80 en intranet, et je pensais trouver dans ce document matière à réflexion..(pour la petite histoire, je suis ingénieur en télécom donc aux première loges…) Ce qui fut le cas, puisque l’auteur met le doigt avec beaucoup de pertinence sur les avantages mais aussi sur les inconvénients du mail. Il nous apprend qu’un employé reçoit en moyenne 60 à 80 mails par jours, ce qui lui prend une bonne partie de la journée… Et l’auteur de s’interroger, à juste titre, sur le côté chronophage de cette activité, mais aussi sur les conséquences sociales qui en découlent. Le sujet est de ce point de vue fort bien développé, de façon méthodique et assez analytique…

L'empire du mailJe déplore la réduction de point de vue au milieu professionnel, réduction encore accentuée par le fait qu’il est davantage question du travail des cadres et non de l’employé moyen, lequel est loin d’être débordé – sauf pour ceux qui sont en charge de la communication. Il existe, en outre, des logiciels qui facilitent grandement le travail, avec des cases à cocher, des réponses types et des systèmes de classement automatiques et de référencement des expéditeurs. Tout n’est donc pas si compliqué. Le débat est un rien dépassé, au vu des techniques actuelles. Enfin, n’oublions pas qu’avant une entreprise devait engager des standardistes et gérer des call-centers.Les dialogues par téléphone étaient chronophages et pas forcément plus agréables… Aujourd’hui la technologie a grandement réduit les coûts et les moyens humains nécessaires. Tout n’est donc pas si morose, mais l’essentiel est d’adopter les moyens nécessaires. Il est bien regrettable que ceci se fasse souvent au détriment de l’humain, comme le souligne l’auteur à juste titre, mais l’humain est rarement au centre des débats…

Enfin, on aurait aimé que l’ouvrage soit nourri de plus d’anecdotes comme il en existe tant, et que le sujet soit plus étayé et plus documenté. Peu de citations, peu de références. Ce n’est pas un livre grand public mais ce n’est pas non plus un essai de haut niveau. Mon verdict est donc plutôt réservé…

L’empire du mail – Jean Grimaldi d’Esdra

Date de parution : 1/05/2017  
Article publié par Yves Rogne le 3 juin 2017 dans la catégorie vin de table
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Cru bourgeois

Des nouvelles de l’amour – Nicolas Rey

L’auteur nous invite à une balade de l’amour dans tous ses états, qu’il soit d’ordre sexuel, romantique, maladroit, un peu « vielle France » ou encore sensuel. Il en va même de l’issue la plus douloureuse, la rupture. À travers ces nouvelles qui sont tout de go livrées au lecteur comme des éclats, des messages envoyés en plein cœur, l’amour s’immisce entre chaque ligne puisqu’il est le seul dénominateur commun entre les personnages de ces récits succincts, s’arc-boutant tous, chacun à sa manière, à leur unique raison de vivre, l’Amour…

Et l’auteur de nous convaincre qu’aimer est essentiel, même si parfois l’on aime mal, on a le cœur de guingois, l’âme en plein chaos. Ici, il est aussi question d’amitié, de famille, d’autres sentiments que ceux que connaissent les amoureux.

Des nouvelles de l'amourAux antipodes l’un de l’autre, à Paris ou dans les villages de la France profonde, des destins illusoires se croisent ou non, mais partagent tous … Qu’ils soient artistes, femmes au foyer, ouvriers, ils se démènent tous pour connaître l’amour. Et pour trouver ce bonheur suprême d’aucuns se tourneront vers une sexualité débridée, se perdront dans l’univers des fantasmes, et à cause de cela se retrouveront aigris, désabusés, n’auront connus que quelques instants d’un bonheur fugace et artificiel sans jamais approcher l’amour, le vrai tandis que d’autres se noieront dans la mélancolie ou la sinistrose, ceux qui par chance ont connu la félicité, l’amour grandiose, mais l’ont perdu, ont essuyé une rupture, une séparation qui les a rendus exsangues, et d’autres encore sublimeront désormais leur amour que le temps avait un peu endormi.

Voici donc un recueil de nouvelles qui embaume l’amour et exclusivement l’amour. Des bouts de vie, ou plutôt des fragments d’amour qui s’enchaînent les uns et les autres à la manière d’un ballet rythmé, d’une farandole tantôt joyeuse tantôt morose quand l’amour fait mal.

De courts textes certes agréables à lire mais qui souffrent un peu du manque d’originalité de la thématique mille fois approchée…

Des nouvelles de l’amour, Nicolas Rey, éd. La Martinière

Date de parution : 13/04/2017  
Article publié par Catherine le 31 mai 2017 dans la catégorie Cru bourgeois
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Grand vin

Le chien, la neige, un pied – Claudio Morandini

Adelmo Farandola vit dans la montagne italienne, isolé du monde et des tumultes. Dans sa thébaïde, il ne fréquente ni ne voit personne, hormis peut-être de temps à autre croise-t-il le garde-chasse mais il ne s’en souvient guère. Adelmo perd la mémoire depuis quelque temps. Et son univers se résume à peu de chose : se nourrir un peu, ranimer l’âtre de sa cheminée, juste de quoi vivre un peu. Et puis il y a ce chien qui surgit de nulle part un beau jour, le suit et devient son seul interlocuteur et ami d’infortune. Les saisons défilent inlassablement sans que quoi que ce soit ne change dans la vie du vieil homme.

Le chien, la neige, un piedJusqu’à ce jour de printemps où le dégel fait place aux premiers balbutiements de la nature en éveil… Au creux d’un tapis de feuillage non loin du chalet, Adelmo fait une curieuse et morbide découverte. Un pied humain se trouve déposé là, sur le sol humide débarrassé de la neige qui s’en est allée doucement.

Et Adelmo se met à gamberger… Il essaie de se souvenir de ce qui s’est passé l’an dernier mais en vain. Sa mémoire lui joue des tours et il n’arrive pas à s’expliquer ce qui a bien pu se produire. Qui aurait bien pu déposer là-bas ce morceau d’humain ?

Avec une juste dose de suspense, l’auteur nous livre une fable au ton féroce qui désarçonne et nous tient en haleine jusqu’au bout. Le récit, certes succinct, au style aigrelet est lourd de messages tous percutants et nous parle de solitude, celle qui finit par rendre l’humain incapable de structures, de repaires, le met à plat jusqu’à devenir exsangue.

L’histoire est fascinante, jouxte même parfois l’épouvante mais à l’intérieur de la noirceur de ce conte, l’auteur injecte de petites touches poétiques qui donnent au récit une dimension onirique.

J’ai beaucoup aimé cet univers décalé et l’histoire m’a d’autant plus émue parce qu’elle me replonge dans le cadre montagneux de ma prime enfance…

Le chien, la neige, un pied de Claudio Morandini, éd. Anacharsis

Date de parution : 09/03/2017  
Article publié par Catherine le 18 mai 2017 dans la catégorie Grand vin
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Cru bourgeois

Qu’est-ce qu’on attend pour vivre mieux ? Jean-Michel Cohen

Présentation de l’éditeur :

S’appuyant sur son expérience de médecin, mais aussi de père et de grand-père, le Dr Jean-Michel Cohen nous révèle ses secrets pour bien vivre, plus longtemps et en meilleure forme. Vous découvrirez les 5 piliers du « Vivre mieux » : la nutrition, la forme, le sommeil, le mental et le corps.
« C’est si simple de vivre mieux ! » Voici le message que le Dr Cohen souhaite faire passer. Et ce message s’adresse à tous, que vous ayez 30, 40, 50, 60 ans ou plus : il est temps de prendre soin de vous pour gagner des points de vie !

Rien de difficile, il est surtout question de prise de conscience et de nouvelles habitudes : réapprendre à mieux manger, avoir une meilleure hygiène de vie… Mais tout en continuant à se faire plaisir. Car la frustration n’amène rien de bon ! Alors serez-vous prêts à relever le défi et appliquer ces « recettes de longévité » ? Car tout le monde peut y arriver !

Mon avis :

Qu'est-ce qu'on attend pour vivre mieux ?Ce livre est une mine d’or. Il donne des conseils nutritionnel importants, que tout le monde devrait connaitre, en particulier les restaurateurs. La tendance étant centrée sur le goût ou la facilité, au détriment du reste. Cinq fruits et légumes par jour, dit-on souvent, mais ce n’est pas si simple, parce que chaque fruit et chaque légume possède ses qualités. C’est ici que ce livre est intéressant : il brosse un portrait détaillé des principaux aliments, et en donne les qualités et les défauts ; vitamines, lipides, glucides et surtout fibres, en exposant pourquoi il est intéressant de les utiliser et en donnant des idées de menus. Il y a des tableaux détaillés avec les différentes teneurs en nutriments.

Mais ce n’est pas un simple guide sur l’alimentation. L’ouvrage est réparti en cinq clés : la nutrition, la forme, le sommeil, le mental et le corps. L’auteur aborde la pratique de l’activité physique et donne des indices pour des activités utiles, en insistant sur le fait qu’il n’est pas indispensable de faire de gros efforts ; toute activité même modérée est utile, et il n’est pas nécessaire de souffrir, au contraire. Cependant, tous les chapitres ne sont pas au même niveau d’utilité, et il y a aussi quelques évidences et leitmotivs. Nous savons tous que le mental est relié au physique, qu’il est indispensable de prendre soin de soi, y compris de son apparence. Il n’était peut-être pas indispensable de s’étendre sur ce que chacun sait, d’autant plus que nombres de bouquins ont déjà été publiés sur ce genre de question.

Néanmoins, ne fût-ce que comme (re)prise de conscience, la lecture de cet ouvrage peut-être conseillée pour tous. J’en retiendrai surtout quelques faits importants sur l’alimentation, domaine que l’auteur maitrise…

Qu’est-ce qu’on attend pour vivre mieux ? Jean-Michel Cohen

Date de parution : 27/04/2017  
Article publié par Noann le 18 mai 2017 dans la catégorie Cru bourgeois
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Cru bourgeois

La station balnéaire qui attendait la mer – Bertrand Menut

Bogard cumule les petits boulots bizarres. Ainsi, alors qu’il travaille comme testeur de grille-pain pour un magazine féminin, un bureau de recrutement lui propose un poste de gardien de phare dans une petite ville de province. Il accepte et s’attend à trouver une station balnéaire revigorante, léchée par les vents marins et l’iode. Rien de tout cela cependant… La mer est désespérément loin et la population fait confiance aux spécialistes car pour ceux-ci il n’y a aucun doute, le niveau de l’eau prend de l’ampleur et la mer qui arrive fera bientôt de cette petite ville sans histoire une grande station balnéaire de prestige.

La station balnéaire qui attendait la merEt les habitants se préparent, se hâtent, se réjouissent de leur bonheur futur. Assurément, se disent-ils tout bas, le réchauffement climatique et les conclusions des spécialistes ne peuvent que les conforter dans leurs espoirs…

Au fil de cette histoire insolite, l’auteur nous invite à infiltrer un monde en plein délire où se croisent des collectionneurs, des femmes aux formes généreuses, tous versatiles, un peu extravagants, en quête de lendemains plus rieurs.

La plume est imprégnée d’humour et l’on se réjouit de partager, fût-ce un instant, le quotidien de ces personnages loufoques et attachants, de se laisser porter dans un paysage sans queue ni tête, une plage sans mer, bordé d’un phare qui ne sert de guide qu’aux promeneurs, une taverne où le café est exécrable, un monde en perdition qui s’agite et se languit de voir le Saint-Graal, la divine marée.

Réjouissant, original, un bon moment de détente ma foi. Mais un souvenir fugace, comme un souffle d’air marin qui manque cruellement…

La station balnéaire qui attendait la mer par Bertrand Menut, éd. Paul & Mike

Date de parution : 24/02/2017  
Article publié par Catherine le 11 mai 2017 dans la catégorie Cru bourgeois
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Premier Grand Cru Classé

La délicatesse du homard – Laure Manel

Voici une histoire toute simple… En apparence. François, un homme qui semble bourru et solitaire, trouve sur une plage une jeune femme à moitié consciente, toute recroquevillée. Il décide de la sauver et l’emmène chez lui. Il est partagé entre deux tendances : aider la jeune femme mais préserver aussi sa solitude, son intimité, car cette inconnue représente pour lui un certain inconfort, sinon un danger. Mais voilà qu’elle met du temps à se rétablir, et commence alors un curieux huis clos entre ces deux personnages perdus, chacun à sa manière. Mais que cache cette Elsa ? Pourquoi est-elle si secrète ? D’où vient-elle et pourquoi s’entoure-t-elle de tant de mystère ? D’elle il ne sait rien, et ce n’est qu’au prix d’une patience infinie qu’il en découvrira plus, peu à peu. Et puis il va se passer plein de choses…

La délicatesse du homard

Roman porté par une écriture toute simple mais efficace, « la Délicatesse du homard » n’a l’air de rien, et pourtant on se laisse emporter par ces deux personnages discrets et pourtant pleins de sentiments. Les sentiments justement, voilà certainement ce qui nous porte nous lecteurs, et jusqu’au bout, car chaque ligne en contient. Tout ici est perception diffuse, émotions larvées mais savamment distillée de mot en mot. On ressent chaque vibration de ces deux personnes, qui s’expriment tour à tour, faisant écho l’une à l’autre. Le tout sans effet de style et sans démonstration, sans emphase ni péripéties inutiles.

Ce roman fut d’abord auto-publié, et il a trouvé son chemin dans des groupes de lecteurs, accumulant un nombre considérable de vues… et de fil en aiguille… Jusqu’à ce qu’un éditeur le remarque. C’est simple et touchant, vrai, beau, tout simplement ! Que dire de plus ?

La délicatesse du homard – Laure Manel

Date de parution : 18/05/2017  
Article publié par Noann le 5 mai 2017 dans la catégorie Premier Grand Cru Classé
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Grand vin

Le vertige des falaises – Gilles Paris

Une île funeste, l’Ile comme la qualifie l’auteur. Des paysages à perte de vue chargés de mystère, des falaises léchées par les vents marins et juste au-dessus une maison majestueuse… C’est là que vit Marnie de Mortemer, une adolescente de 14 ans, fragile, confinée dans l’univers hostile de sa famille. Entre sa mère Rose, gravement malade et sa grand-mère Olivia, qui gouverne tout, la famille et l’Ile, Marnie se désole dans sa geôle de verre et d’acier, appelée Glass… De l’Ile nous ne savons pas grand-chose et l’auteur se garde bien de dévoiler le lieu où le décor est planté. Toutes les îles recèlent des mystères, qu’elles soient françaises, anglo-normandes ou encore américaines.

Qu’importe… Ici tout réside dans l’atmosphère pesante et le suspense de ce huis-clos chargé d’énigmes, de trahison, de maladie, de violences de toutes sortes, où chacun se montre taciturne, sauf peut-être Marnie, plus éveillée, qui s’évade un peu de sa thébaïde pour déjouer le sort de ses proches meurtris par les souvenirs d’antan.

Il n’y plus guère d’hommes dans cette famille envenimée par les secrets… Le vertige des falaisesLe père est mort dans un accident de la route, tandis que le grand-père a été victime d’une crise cardiaque. Mais personne ne s’en émeut le moins du monde…

L’auteur se glisse dans les tréfonds de l’âme d’une gamine espiègle de 14 ans et nous livre un récit, certes empreint de gravité, mais qui jamais ne fait larmoyer. Car derrière la noirceur des événements s’immiscent un souffle de poésie et un doux soupçon d’espoir qui réchauffent le cœur. Et c’est ainsi que par la magie distillée par sa plume, il nous convainc de croire en la beauté des lendemains, à de faire fi des blessures du passé même si celui-ci est entaché de mille douleurs.

Marnie et les personnages autour d’elle nous captivent, les lieux traversés au fil de l’histoire sont magnifiquement décrits et tous baignés de mystère. L’auteur nous tient en haleine de bout à l’autre du récit et nous envoûte jusqu’à la chute, inattendue, démesurée, et nous révèle ce que le dais des secrets familiaux gardait cloisonnés jusqu’ores.

Et l’on ne peut que s’émerveiller quand on sait que le jour finit toujours par embrasser la nuit et que les brisures de la vie se recollent à force d’y croire…

Le vertige des falaises par Gilles Paris, éd. Plon

Date de parution : 06/04/2017  
Article publié par Catherine le 4 mai 2017 dans la catégorie Grand vin
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Dessin de Jordi Viusà. Conçu par Noann Lyne