Grand vin

Les vaisseaux du coeur – Benoîte Groult

Elle l’appellera Gauvain pour ne pas le dévoiler, pour l’aimer à distance, pour se protéger et le protéger. Ils sont aux antipodes l’un de l’autre. Lui, pêcheur breton et elle, intellectuelle parisienne. Mariés aussi, chacun de leur côté …

Qu’est qui va donc les rapprocher ?

Ils vont traverser le monde d’un bout à l’autre, s’arrêtant de temps en temps pour une courte pause, un bout de vie « commune », un instant dérobé, une halte parallèle. Les aléas de la vie les feront se croiser : mariage, divorce, accident, maladie … pour se retrouver un peu plus fort chaque fois, et faire l’amour encore et encore.

On sent bien ce désir insatiable, impérieux et viscéral qu’ils éprouvent l’un pour l’autre, cet amour si fort, si violent, qui finit par briser … les vaisseaux du cœur de Gauvain.

Une histoire d’amants qui dure 30 ans … une passion qui ne s’émousse pas … L’histoire – si belle – d’abord de deux peaux qui s’accordent, et qui finit par deux âmes qui s’accrochent et fusionnent, un cœur qui porte un poids trop lourd qui finit par exploser.

Ce roman magnifiquement bien mené du début à la fin, élégant, émouvant, sensuel convainc le lecteur qu’une histoire d’amour comme celle-là est … possible. Je l’ai refermé avec une larme à l’œil.

A travers des mots bien choisis qui vous font frissonner d’émotion, l’auteur nous livre une histoire qui se situe à mi-chemin entre le roman d’amour classique et le roman érotique, sans jamais déborder d’un côté ou de l’autre et sombrer dans une histoire fleur bleue ou un récit pornographique …. Un univers de mots vrais, impudiques, mais sans jamais tomber dans la vulgarité.

« Les vaisseaux du coeur » – Benoîte Groult, Grasset, 1993 / Le livre de poche

Article publié par Catherine le 6 février 2010 dans la catégorie Grand vin
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Premier Grand Cru Classé

La petite fille de monsieur Linh – Philippe Claudel

La petite fille de monsieur LinhLa petite fille de Mr Linh est un régal. Une écriture simple et efficace, sobre, éthérée, tout le contraire du style habituel, pour raconter le périple d’un homme expatrié avec sa petite-fille. Il se retrouve dans un centre pour immigrés, se sent seul parmi des dizaines de personnes d’origines diverses, jusqu’au jour où il croise un homme affable, sur un banc, qui ne parle pas sa langue. Une sorte de magie opère alors, une amitié taciturne nait, authentique, sans fioriture.

Un livre où chaque ligne apporte une émotion. Factice diront certains, enrobage, miel… On a lu des avis très négatifs. Pour moi le truc, s’il en est un, a fonctionné et je pense que beaucoup de lecteurs se laisseront subjuguer.

La petite fille de Mr Linh – Philippe Claudel Éditions Stock

Article publié par Noann le 5 février 2010 dans la catégorie Premier Grand Cru Classé
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vin de table

Recommencer – Pierre Vavasseur

L’histoire :

Un homme de trente-neuf ans est coupé en deux à Londres par un bus à étages. Il avait oublié qu’on roule à gauche. Il quitte notre monde et se retrouve dans un univers assez glauque, face à une sorte d’archange qu’on appelle « Legrand ». Le défunt, après avoir recouvré ses esprits, se rebiffe : moi, dit-il à Legrand, je ne veux pas rester ici, je veux recommencer ma vie à zéro. Voilà une objection que Legrand n’avait jamais entendue ! Va-t-il y donner une suite favorable ?

Curieux endroit que ce « paradis », fort similaire à notre monde. On fume et boit de l’alcool, on roule à bicyclette. Legrand, personnage bizarre, s’exprime parfois dans une sorte d’argot des faubourgs et consulte un ordi qui fait ziiip et crouiic…

Notre impression :

Bon. Alors. Euh… Oui. Bref. Je ne sais trop quoi en penser. Pour tout dire je ne suis pas entré dedans comme on dit. Je cherche des qualités à ce livre… disons qu’il est original…. Je pense que l’écriture est un peu bâclée et que le sujet n’a pas assez mûri avant d’être saisi par l’encre d’imprimerie. Les dialogues sont parfois brouillons, les personnages n’ont pas assez de consistance. Certes le ton est distrayant et l’ambiance particulière peut séduire… Mais je me serais attendu soit à quelque chose de plus grandiose s’agissant de l’au-delà, un conte philosophique ou un texte à message, soit à une histoire carrément désopilante. Ça l’est un peu notez bien, mais de façon trop peu convaincante. L’ironie larvée manque cruellement de ce petit quelque chose pour séduire…

Recommencer – Pierre Vavasseur Éditions JC Lattés

Article publié par Noann le 4 février 2010 dans la catégorie vin de table
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Premier Grand Cru Classé

Le Premier Amour – Véronique Olmi

Emilie, 48 ans, mariée, trois enfants, une vie sans histoire … Elle se prépare à fêter avec Marc leurs 25 ans de mariage …

Sa vie va basculer à la découverte de deux lignes lues dans le journal qui entoure la bouteille de champagne trouvée dans la cave et destinée à accompagner le dîner d’anniversaire de mariage …

le premier amour« Emilie, Aix, 1976. Rejoins-moi au plus vite à Gênes. Dario »

J’ai été conquise par ce roman doux amer qui remue des souvenirs délicieux, des émois jamais disparus. L’écriture dégage un charme sensuel, sensible à faire pleurer d’émotion. Cette histoire vous touche en plein cœur, vous bouscule tout au fond, là où il reste quelque parcelle de soi à explorer. L’auteur nous invite à suivre une femme d’un bout à l’autre du monde pour des retrouvailles inespérées avec un homme qui … a perdu la mémoire. De Paris à Gênes, on croisera çà et là des bouts de terre chauffés à blanc par le soleil de juin, des étreintes inlassables entre le ciel et la mer et on s’enivrera des senteurs de lauriers, d’oliviers. C’est aussi pour le lecteur le voyage d’un bout à l’autre de soi, à la recherche de vérité, d’intensité …

« Le premier amour » – Véronique Olmi, Grasset, 6 janvier 2010

Article publié par Catherine le 2 février 2010 dans la catégorie Premier Grand Cru Classé
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Cru bourgeois

Tout savoir sur les maisons d’édition – V. Bouadjio

Sous-titre : Comment les manuscrits sont sélectionnés… Entretiens avec des éditeurs.

Voilà un livre sur lequel tout auteur (injustement) inconnu aurait envie de se jeter. Il contient des réponses à quelques questions simples posées à des responsables de maisons d’édition relativement grandes…

Le but est d’aider les auteurs (injustement) inconnus à connaitre le monde de l’édition, et à savoir comment les éditeurs (mal)traitent les piles de manuscrits qui leur parviennent par la poste.

Attention toutefois, certaines vérités, même si elles sont entourées de friandises, sont parfois déprimantes. 🙁

Il ressort de ce livre que les éditeurs seraient toujours à l’affut de nouveaux talents (notez le conditionnel)… mais aussi que leurs exigences sont grandes et que la plupart des manuscrits acceptés sont arrivés plus souvent par relations personnelles que par la poste… (notez l’indicatif). Vous voilà prévenus !

Extraits :

➡ Nous recrutons nos auteurs par tous les moyens (S. Leroy – le Seuil)

➡ … il y a entre 3500 et 5000 manuscrits qui nous parviennent tous les ans. On retient un auteur pour 10.000… (P. Béthourné – Fayard)

➡ Si on a publié ailleurs, il vaut mieux le dire car cela prouve qu’un autre éditeur s’est intéressé à vous, et donc qu’il y a des raisons d’examiner votre travail avec attention… (J. Peuchmaurd – Laffont)

➡ Lorsqu’on ouvre un manuscrit, on aspire à être surpris, ému, conquis par une écriture, une voix… Une histoire forte mais mal écrite a peu de chance d’être publiée chez Gallimard (JM Laclavetine – Gallimard)

➡ Nous avons, nous, de la morale… (J. Peuchmaurd – Laffont)

➡ …Personnellement, je m’attache toujours à répondre. En général, je dis toujours ce que je pense du texte, ce que ne font pas tous les éditeurs, si ce n’est par une lettre type (J. Peuchmaurd – Laffont)

➡ Ce que je redoute de trouver, ce sont les lieux communs et les clichés  (M Rodde – Stock)

Tout savoir sur les maisons d’édition – V. Bouadjio Éditions Écrire aujourd’hui

Article publié par Noann le 1 février 2010 dans la catégorie Cru bourgeois
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Premier Grand Cru Classé

La passion selon Juette – Clara D- Monod

Clara Dupont-Monod a su trouver des mots élégants pour écrire la vie fictive de Juette, femme séditieuse née en 1158 à Huy, petite ville de l’actuelle Belgique.

Juette est victime d’un mariage de raison. Son mari, homme brutal et fruste, décède quelques années plus tard. Commence alors pour la jeune veuve une longue période de réflexion. Juette remet en cause la position de la femme, de l’homme, et de l’église, à une époque où les dogmes sont omniprésents. Elle s’interroge et progresse constamment sur le chemin de la raison, en dépit des avertissements du clergé.

Cette histoire passionnante est portée par une écriture particulière, sobre et élégante, où les mots superflus sont absents. C’est un véritable régal pour l’esprit. On peut toutefois regretter une chose : quand le confident de Juette, le prêtre Hugges de Floreffe, s’exprime, le style est exactement le même que celui de Juette.Une écriture à quatre mains eût donné une touche encore plus convaincante.

Quelques extraits :

« J’étais sûr de l’avoir oubliée. Comment font les souvenirs pour ne jamais mourir tout à fait ? »

« Elle dit souvent : « j’ai peur de devenir folle. » Je la rassure, chacun dissimule un autre visage, sombre et compliqué. Ce genre de choses. Je lui mens.  Je pense qu’elle est déjà un peu folle. Mais fût-ce au prix d’un mensonge, vouloir protéger quelqu’un est d’abord un acte de charité. »

« Ce qu’ils ne savent pas, c’est que Juette n’a plus peur. La folie est une paix comme une autre. »

« La maternité, c’est l’addition d’un homme et d’une rivière de sang. Je suis sûre que la Vierge comprend cela. Elle n’a pas connu l’aberration du corps qui gonfle, Le corps envahi de l’intérieur. »

La passion selon Juette – Clara Dupont-Monod. Editions Grasset – Le livre de Poche

Article publié par Noann le 31 janvier 2010 dans la catégorie Premier Grand Cru Classé
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Grand vin

Les aimants – Jean-Marc Parisis

Dans les années 80, un homme (le narrateur) et une femme (Ava) s’attirent, s’accrochent, s’aiment … Leur histoire n’est que passion, feu, liberté, insouciance… Ils vivent pour écrire et écrivent pour vivre, fréquentent les cafés littéraires, les cinémas.  Ava disparaît …

les aimantsJ’ai aimé ce récit dense, bouleversant. C’est un hommage déchirant à une femme aimée trop fort mais aimée trop tard, une ode à l’amour – courte – comme est la vie pour peu qu’on ne retienne que l’essentiel, une quête désespérée vers le sublime, l’absolu, l’éternité et le refus, lorsque le deuil vous frappe, que l’au-delà soit ailleurs qu’ici bas.

C’est à travers la perte soudaine, l’absence de celle qu’il aimait que le narrateur va saisir que l’écriture est le seul moyen pour lui de s’approcher d’elle. Elle qui brillait si fort, dont les mots étaient si puissants qu’ils pouvaient transpercer son âme …

« Les aimants » – Jean-Marc Parisis – Stock, août 2009

Article publié par Catherine le 30 janvier 2010 dans la catégorie Grand vin
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Cru bourgeois

Petit dictionnaire des mots retrouvés

Réédition d’un titre paru en 1938.

Quelques collaborateurs de la Nouvelle Revue Française, dont le rédacteur en chef était Jean Paulhan, ont réhabilité à leur façon des mots détournés de leur sens premier.

Par exemple :

Petit dictionnaire des mots retrouvésDiarrhée : n.p.f princesse mérovingienne célèbre pour ses débordements. Épouse de Lentheric premier, roi des Mégoths

Prépuce : s.m. Petit insecte sauteur, universellement répandu, excepté en Orient. Parasite et antisémite.

Curateur : s.m. Praticien chargé par les lois romaines du bon fonctionnement des organes digestifs…

Jargon: s.m. Gaz rare, nauséabond, et à fort pouvoir éclairant.

Fallus s.m. Nuage de forme allongée, précurseur d’orage lorsqu’il se développe.

Petit dictionnaire des mots retrouvés, éditions Mots et Cie

Article publié par Noann le 28 janvier 2010 dans la catégorie Cru bourgeois
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Blog de littérature. Critiques, extraits, avis sur les livres…

Dessin de Jordi Viusà. Conçu par Noann Lyne