Premier Grand Cru Classé

Le Premier Amour – Véronique Olmi

Emilie, 48 ans, mariée, trois enfants, une vie sans histoire … Elle se prépare à fêter avec Marc leurs 25 ans de mariage …

Sa vie va basculer à la découverte de deux lignes lues dans le journal qui entoure la bouteille de champagne trouvée dans la cave et destinée à accompagner le dîner d’anniversaire de mariage …

le premier amour« Emilie, Aix, 1976. Rejoins-moi au plus vite à Gênes. Dario »

J’ai été conquise par ce roman doux amer qui remue des souvenirs délicieux, des émois jamais disparus. L’écriture dégage un charme sensuel, sensible à faire pleurer d’émotion. Cette histoire vous touche en plein cœur, vous bouscule tout au fond, là où il reste quelque parcelle de soi à explorer. L’auteur nous invite à suivre une femme d’un bout à l’autre du monde pour des retrouvailles inespérées avec un homme qui … a perdu la mémoire. De Paris à Gênes, on croisera çà et là des bouts de terre chauffés à blanc par le soleil de juin, des étreintes inlassables entre le ciel et la mer et on s’enivrera des senteurs de lauriers, d’oliviers. C’est aussi pour le lecteur le voyage d’un bout à l’autre de soi, à la recherche de vérité, d’intensité …

« Le premier amour » – Véronique Olmi, Grasset, 6 janvier 2010

Article publié par Celeste le 2 février 2010 dans la catégorie Premier Grand Cru Classé
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Cru bourgeois

Tout savoir sur les maisons d’édition – V. Bouadjio

Sous-titre : Comment les manuscrits sont sélectionnés… Entretiens avec des éditeurs.

Voilà un livre sur lequel tout auteur (injustement) inconnu aurait envie de se jeter. Il contient des réponses à quelques questions simples posées à des responsables de maisons d’édition relativement grandes…

Le but est d’aider les auteurs (injustement) inconnus à connaitre le monde de l’édition, et à savoir comment les éditeurs (mal)traitent les piles de manuscrits qui leur parviennent par la poste.

Attention toutefois, certaines vérités, même si elles sont entourées de friandises, sont parfois déprimantes. 🙁

Il ressort de ce livre que les éditeurs seraient toujours à l’affut de nouveaux talents (notez le conditionnel)… mais aussi que leurs exigences sont grandes et que la plupart des manuscrits acceptés sont arrivés plus souvent par relations personnelles que par la poste… (notez l’indicatif). Vous voilà prévenus !

Extraits :

➡ Nous recrutons nos auteurs par tous les moyens (S. Leroy – le Seuil)

➡ … il y a entre 3500 et 5000 manuscrits qui nous parviennent tous les ans. On retient un auteur pour 10.000… (P. Béthourné – Fayard)

➡ Si on a publié ailleurs, il vaut mieux le dire car cela prouve qu’un autre éditeur s’est intéressé à vous, et donc qu’il y a des raisons d’examiner votre travail avec attention… (J. Peuchmaurd – Laffont)

➡ Lorsqu’on ouvre un manuscrit, on aspire à être surpris, ému, conquis par une écriture, une voix… Une histoire forte mais mal écrite a peu de chance d’être publiée chez Gallimard (JM Laclavetine – Gallimard)

➡ Nous avons, nous, de la morale… (J. Peuchmaurd – Laffont)

➡ …Personnellement, je m’attache toujours à répondre. En général, je dis toujours ce que je pense du texte, ce que ne font pas tous les éditeurs, si ce n’est par une lettre type (J. Peuchmaurd – Laffont)

➡ Ce que je redoute de trouver, ce sont les lieux communs et les clichés  (M Rodde – Stock)

Tout savoir sur les maisons d’édition – V. Bouadjio Éditions Écrire aujourd’hui

Article publié par Noann le 1 février 2010 dans la catégorie Cru bourgeois
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Premier Grand Cru Classé

La passion selon Juette – Clara D- Monod

Clara Dupont-Monod a su trouver des mots élégants pour écrire la vie fictive de Juette, femme séditieuse née en 1158 à Huy, petite ville de l’actuelle Belgique.

Juette est victime d’un mariage de raison. Son mari, homme brutal et fruste, décède quelques années plus tard. Commence alors pour la jeune veuve une longue période de réflexion. Juette remet en cause la position de la femme, de l’homme, et de l’église, à une époque où les dogmes sont omniprésents. Elle s’interroge et progresse constamment sur le chemin de la raison, en dépit des avertissements du clergé.

Cette histoire passionnante est portée par une écriture particulière, sobre et élégante, où les mots superflus sont absents. C’est un véritable régal pour l’esprit. On peut toutefois regretter une chose : quand le confident de Juette, le prêtre Hugges de Floreffe, s’exprime, le style est exactement le même que celui de Juette.Une écriture à quatre mains eût donné une touche encore plus convaincante.

Quelques extraits :

« J’étais sûr de l’avoir oubliée. Comment font les souvenirs pour ne jamais mourir tout à fait ? »

« Elle dit souvent : « j’ai peur de devenir folle. » Je la rassure, chacun dissimule un autre visage, sombre et compliqué. Ce genre de choses. Je lui mens.  Je pense qu’elle est déjà un peu folle. Mais fût-ce au prix d’un mensonge, vouloir protéger quelqu’un est d’abord un acte de charité. »

« Ce qu’ils ne savent pas, c’est que Juette n’a plus peur. La folie est une paix comme une autre. »

« La maternité, c’est l’addition d’un homme et d’une rivière de sang. Je suis sûre que la Vierge comprend cela. Elle n’a pas connu l’aberration du corps qui gonfle, Le corps envahi de l’intérieur. »

La passion selon Juette – Clara Dupont-Monod. Editions Grasset – Le livre de Poche

Article publié par Noann le 31 janvier 2010 dans la catégorie Premier Grand Cru Classé
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Grand vin

Les aimants – Jean-Marc Parisis

Dans les années 80, un homme (le narrateur) et une femme (Ava) s’attirent, s’accrochent, s’aiment … Leur histoire n’est que passion, feu, liberté, insouciance… Ils vivent pour écrire et écrivent pour vivre, fréquentent les cafés littéraires, les cinémas.  Ava disparaît …

les aimantsJ’ai aimé ce récit dense, bouleversant. C’est un hommage déchirant à une femme aimée trop fort mais aimée trop tard, une ode à l’amour – courte – comme est la vie pour peu qu’on ne retienne que l’essentiel, une quête désespérée vers le sublime, l’absolu, l’éternité et le refus, lorsque le deuil vous frappe, que l’au-delà soit ailleurs qu’ici bas.

C’est à travers la perte soudaine, l’absence de celle qu’il aimait que le narrateur va saisir que l’écriture est le seul moyen pour lui de s’approcher d’elle. Elle qui brillait si fort, dont les mots étaient si puissants qu’ils pouvaient transpercer son âme …

« Les aimants » – Jean-Marc Parisis – Stock, août 2009

Article publié par Celeste le 30 janvier 2010 dans la catégorie Grand vin
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Cru bourgeois

Petit dictionnaire des mots retrouvés

Réédition d’un titre paru en 1938.

Quelques collaborateurs de la Nouvelle Revue Française, dont le rédacteur en chef était Jean Paulhan, ont réhabilité à leur façon des mots détournés de leur sens premier.

Par exemple :

Petit dictionnaire des mots retrouvésDiarrhée : n.p.f princesse mérovingienne célèbre pour ses débordements. Épouse de Lentheric premier, roi des Mégoths

Prépuce : s.m. Petit insecte sauteur, universellement répandu, excepté en Orient. Parasite et antisémite.

Curateur : s.m. Praticien chargé par les lois romaines du bon fonctionnement des organes digestifs…

Jargon: s.m. Gaz rare, nauséabond, et à fort pouvoir éclairant.

Fallus s.m. Nuage de forme allongée, précurseur d’orage lorsqu’il se développe.

Petit dictionnaire des mots retrouvés, éditions Mots et Cie

Article publié par Noann le 28 janvier 2010 dans la catégorie Cru bourgeois
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Premier Grand Cru Classé

Les Noces Barbares – Yann Queffélec

L’histoire en soi n’a rien d’exaltant, et est, il faut bien le dire, morose d’un bout à l’autre.

Un groupe de soldats américains viole une jeune française, Nicole. A priori on pourrait se dire : mais pourquoi Queffélec s’acharne-t-il sur les Américains, eux qui sont venus à notre rescousse à deux reprises, eux sans qui les deux guerres mondiales se seraient éternisées ? Il eût été de meilleur ton d’accabler des Allemands, comme à l’accoutumée. Mais il faut savoir que les Américains se sont rendus coupables de milliers d’actes de barbarie dans la France de l’après-guerre. Le fait n’est donc pas unique et Queffélec, en choisissant cette voie, évite le cliché du soldat germain sans pitié, et donne un contrepoint à l’image du pioupiou bienveillant venu d’outre-Atlantique pour nous sauver, avec son Coca-Cola, son chewing-gum et ses Marlboro, véritable frêre à qui l’on doit tout.

Il faut parfois résister aux amalgames, même quand tout concourt à les rendre crédibles.

les noces barbaresNicole donc, jeune bretonne naïve, âgée de treize ans (décidément tout a été fait pour renforcer le côté sordide…) tombe dans une souricière tendue par trois soldats US dévoyés. De cette union barbare naîtra un fils, Ludovic, souffre-douleur de sa famille… et de l’auteur, car Queffélec ne lui épargne rien. Tout juste le garçonnet connaitra-t-il un répit, lorsque sa mère épousera un riche mécano de la région, Micho. Mais très vite l’aspect dramatique reprend le dessus, le fils de Micho est une peste, Nicole continue de détester sa progéniture honteuse.Elle finira par faire enfermer Ludo dans un asile.

Tout ceci n’est pas très réjouissant.

Mais cette histoire glauque est surtout portée par une écriture magistrale, et à ce titre, le prix Goncourt est mérité, pour une fois. Les personnages sont extrêmement vivants, les dialogues réalistes, et Queffélec parvient à nous séduire par son style (mais y parvient-il seul ?). En particulier, la troisième partie de ce triptyque contient quelques passages de toute beauté.

Les Noces Barbares – Yann Queffélec, régulièrement réédité en Poche

Article publié par Noann le 26 janvier 2010 dans la catégorie Premier Grand Cru Classé
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Comestible ?

La Dégustation – Yann Queffélec

Michel, 50 ans, riche propriétaire d’un domaine viticole épouse en 1973 Muriel, de trente ans sa cadette. Il traîne derrière lui un lourd passé de collaboration lors de la Seconde Guerre Mondiale, allant même jusqu’à être à l’origine de la déportation de la grand-mère de Muriel …

la degustationPlus on avance dans ce récit pourtant court, plus l’agacement nous gagne … Irritants le cynisme froid et l’antisémitisme larvé de Michel. Irritante la passivité de Muriel qui fait la sourde alors qu’en elle-même elle sait, elle a reconnu Michel. Agaçante la confrontation inaboutie entre les deux époux au moment de vérité. Agaçant le dénouement qui ne résout rien et n’apporte aucune réponse. Pour conclure, j’ai refermé ce livre, exaspérée.

La plume de Yann Quefféllec est vraiment inégale … En suivant son chemin d’écriture, nous allons de ravissements en déceptions. Ce roman-ci est un désastre ! Autant j’avais pu me délecter de « La Mineure » qui dégageait un charme envoûtant derrière une plume pudique, autant « La dégustation » m’a donné la migraine. Il me reste à lire « Les Noces Barbares » pour me réconcilier avec un auteur qui m’a déjà donné de beaux souvenirs de lecture mais aussi … du fil à retordre au fil de pages que j’ai maudites !

En refermant le livre, j’ai été tentée par une dégustation … d’aspirine.

« La Dégustation » – Yann Queffélec – Fayard 11/2005

Article publié par Celeste le 25 janvier 2010 dans la catégorie Comestible ?
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Cru bourgeois

Belange – Patrick Cauvin

Voilà un auteur pour qui nous avons une affection particulière, fût-ce pour les nombreuses heures de lecture hilarante dans la salle d’attente du dentiste. C’en était même gênant, une fois le livre refermé, on continue à rire et pendant le placement d’une couronne dentaire ce n’est pas sans conséquences…

BelangePatrick Cauvin a écrit de très nombreux livres, dans un genre qui lui est propre et qu’il n’a cessé de perfectionner. Il nous a juste fait une petite crise, quand il a tenté d’écrire comme D’ormesson ou à peu près, soucieux probablement de reconnaissance et désirant comme tout le monde obtenir le Prix Goncourt.

Belange est une de ses histoires typiques, trois ou quatre personnages de la vie de tous les jours, dont l’auteur nous livre les états d’âmes avec un peu de poil à gratter, quelques anecdotes et une façon de conter qui lui est propre.

C’est du pur Cauvin. Certes ce n’est pas de la haute littérature, bien que le vocabulaire soit riche et précis et qu’on sente le pro derrière les boutades, mais c’est distrayant et souvent très drôle. Et si un livre amuse et nous fait oublier la noirceur du monde, avec ses crises, ses calamités et son pétrole, n’est-ce pas le principal ?

Belange – Patrick Cauvin Éditions Albin Michel / le Livre de Poche

Article publié par Noann le 24 janvier 2010 dans la catégorie Cru bourgeois
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Blog de littérature. Critiques, extraits, avis sur les livres…

Dessin de Jordi Viusà. Conçu par Noann Lyne