Cru bourgeois

J’ai toujours ton cœur avec moi – Soffia Bjarnadottir

« Combien de fois ai-je senti la terre fondre sous mes pieds, senti la boue dans mes veines ? »

Sur une île au large de l’Islande, Hildur vient enterrer Siggy, sa mère. Et c’est le le déluge de souvenirs… Hildur gamberge, s’étonne de l’absence aux obsèques de son frère Pétur. L’atmosphère est lourde et mille questions surgissent alors, surtout celle, fondamentale, qui concerne l’étrange relation qu’entretenait Siggy avec ses enfants, aussi curieuse que celle qui la liait à son compagnon Kafka.

Ainsi Siggy s’en est allée si discrètement en laissant derrière elle une maison sur l’île de Flatey et son éternel égoïsme, qu’elle porte encore au-dessus d’elle comme une épée de Damoclès. Celle qui depuis toujours brillait par son absence a refermé un cahier de souvenirs inédits, extravagants, là-bas dans un coin de nulle part, un bout de terre accroché à l’océan, sous les cris des phoques et des oiseaux marins.J'ai toujours ton coeur avec moi

Mais Hildur n’oubliera pas et porte en elle la mémoire de son enfance auprès d’une mère qui n’avait pas la fibre maternelle, qui se mourait au quotidien de désolation, de sinistrose dans sa maison au bord de l’océan. Une femme qui menait une vie insensée, décalée, qui montrait des attitudes frisant la folie. Ainsi, il lui arrivait de se baigner tout habillée en se lamentant d’assumer à contre-cœur son rôle de mère.

Et Hildur n’avait d’autre refuge que celui de Laretta, sa grand-mère, pour apaiser sa tristesse.

Un texte aux notes poétiques où l’imaginaire et le fantastique frôlent la réalité d’une réconciliation entre mère et enfant, même si celle-ci arrive enfin lorsque sonne le glas de la mort.

La plume, certes belle parfois, et l’atmosphère du lieu qui invite à la rêverie ne sauvent cependant pas cette histoire à mi-chemin entre improbable et évidence…

J’ai toujours ton cœur avec moi de Soffia Bjarnadottir, éd. Zulma

Date de parution : 07/01/2016  
Article publié par Catherine le 3 avril 2016 dans la catégorie Cru bourgeois
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érotique

Orgie au château de Bonpré – ChocolatCannelle

«Lorsque Monsieur Charles Thiébaud, ancien acteur reconverti dans l’événementiel haut de gamme, avait sollicité une entrevue avec Monsieur le Maire, on avait murmuré que le château verrait renaître sa splendeur passée.»

Présentation de l’éditeur :

Le château de Triboncourt-sur-Herbe fait la fierté du village, mais cause aussi sa ruine. Aussi, la proposition de location venant d’un ancien acteur porno reconverti dans l’événementiel tombe à pic. De théâtrales fêtes libertines sont alors données pour la jet-set.

Le bon sens villageois côtoie le snobisme et la dérision les extravagances érotiques des personnages. Au final, Orgie au château de Bonpré tient peut-être de la farce, à moins qu’il ne s’agisse de satire.Orgie au château de Bonpré

Mon avis :

Voici une petite lecture insolite, où l’on retrouve les ingrédients habituels de l’auteure et qui ont fait son succès : une ambiance où la grivoiserie s’immisce peu à peu, des personnages truculents et qui semblent ne connaitre aucune limite… Le tout allié à un solide sens de la dérision, un zeste d’humour un peu grinçant, et un côté déluré, flirtant avec les limites du raisonnable et parfois même au delà. L’auteure ne mâche pas ses mots et n’hésite pas à titiller le sordide, dans cette fresque à nulle autre pareille.

Ce château de Bonpré est décidément, sous ses dehors propres et bienséants, un endroit bien peu tranquille. Une partouze de notables dégénère peu à peu, et il va se produire alors des choses impensables, des scènes de domination sur une actrice engagée pour la bonne cause, et puis et puis… Un drame qui surgit de manière décalée, semant une certaine confusion. Cette nouvelle est aussi l’occasion d’égratigner le vernis de la belle société… Ces bourgeois auxquels on donnerait le bon Dieu sont en fait de redoutables tyrans, sous leur apparence tranquille… Et des satyres qui ont vite fait de balayer les bons usages, pour laisser libre court à leurs démons intérieurs.

À lire absolument, pour lecteurs avertis !

Orgie au château de Bonpré, page sur le site de l’éditeur

« Clélie semblait si jeune, si tendre avec ses cheveux blonds, si naïve aussi avec son air timide et craintif qu’il serait plaisant à chacun de la déniaiser. L’instinct sadique de l’ensemble des convives, même de ceux qui goûtaient peu à l’exercice du pouvoir sur les chairs, s’était réveillé à l’évocation de son innocence et l’on se disputait le droit de lui arracher son vêtement, de la perforer immédiatement d’une verge épaisse ou encore de lui faire boire cyprine et foutre mêlés dans un verre où chacun aurait versé ses fluides. Madame V., seule, regretta que le choix du maître des lieux ne se fût porté sur un jeunet encore imberbe qu’elle aurait elle-même mis au pas. Les jeunes vierges à la beauté éthérée ne faisaient pas partie de ses fantasmes… »

Orgie au château de Bonpré – ChocolatCannelle. Éditions Dominique Leroy. Couverture illustrée par Virgilles

Date de parution : 31/01/2016  
Article publié par Noann le 3 avril 2016 dans la catégorie érotique
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vin de table

L’amour, simplement – Nane Beauregard

Avec les yeux d’une psychanalyste, ce qu’elle est, elle observe l’homme qu’elle l’aime dans tous ses contours. Et celui qui partage sa vie depuis longtemps se retrouve un peu comme un objet de musée, admiré pour ses qualités indéniables mais aussi pour ses maladresses, ses faux-pas, les traits de sa personnalité, tantôt adorables, tantôt agaçants. Ainsi l’on apprend que l’homme de sa vie est obnubilé par la propreté, le rangement, ne porte que des slips français, lui sourit et l’étreint quand elle traverse l’appartement.

L'amour simplementEntre journal intime et essai, l’auteur s’épanche, se livre et épluche chaque parcelle de la personnalité de son compagnon. Et Monsieur semble être un grand séducteur, s’il faut croire ce qu’en dit l’auteure. Un compagnon idéal, certes, qui la met en émoi ou l’énerve. Rien de bien original dans ce portrait qu’elle tisse avec amour, humour, dérision parfois. Un homme bien ordinaire en quelque sorte.

Certes l’amour s’immisce entre les lignes de ce court roman – et c’est bien là le rare intérêt qu’on peut lui trouver… – mais l’on ne sait pas très bien pourquoi l’auteure se borne à faire le portrait de l’homme qu’elle aime, qu’elle dévoile de lui les points plus sombres de son caractère, leur bouts de vie entre douceur et prises de tête. Elle eût mieux fait de s’abstenir de livrer cette prose un peu monotone qui ressemble tant à la vie sans anicroche, sans fantaisie de milliers de couples dans le monde. Rien d’exceptionnel donc dans ce qu’elle dit de Lui et de leur vie sentimentale dans ce qu’elle a de léger, doux-amer parfois.

Je ne m’attarderai pas à vous livrer un billet de lecture détaillé puisqu’en fin de compte il n’y a pas grand-chose à dire de ce roman succinct dont il n’émane guère d’émotions.

Quelques élucubrations conjugales sur fond de banalités…

Demain, moi aussi je dessinerai de mes mots l’homme de ma vie mais me garderai bien de vous confier tout ce qui de lui me fait chavirer, ne vous dévoilerai rien de ses trésors… Non, je garderai cloisonné au fond de mon cœur cet écrin de lui…

L’amour, simplement de Nane Beauregard, éd. Joëlle Losfeld

Date de parution : 07/01/2016  
Article publié par Catherine le 23 mars 2016 dans la catégorie vin de table
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vin de table

Des vies et des poussières – Louis Chédid

Autant j’apprécie le chanteur depuis bien longtemps (et c’est ce qui m’a d’ailleurs donné l’envie de découvrir son livre), autant je suis quelque peu dubitative quant à l’univers littéraire de l’auteur Louis Chédid en me plongeant dans son recueil de nouvelles. Seize textes succincts au style rythmé certes mais néanmoins peu exaltant. Des textes non dénués d’humour noir et de cocasserie, certes encore… mais qui ne m’ont guère enthousiasmée.

Ainsi l’auteur s’immisce tour à tour dans la peau d’un homme, d’un chat, d’un tourmenté, d’un disparu, d’un homme qui vit à 100 à l’heure. Il nous invite à le suivre dans ces bouts de vie, nous entraîne dans une promenade jubilatoire, où la mort toujours séjourne en toile de fond…

Des vies et des poussièresEt l’auteur se divertit – et il est bien le seul à mon sens – en nous livrant, à travers des mots simples, voire une plume scolaire, des histoires au sentiment de déjà vu, qui se concluent chaque fois par un épilogue imprévu… ou devinés bien avant. D’emblée l’on pense se réjouir de retrouver l’univers de Louis Chédid qu’on lui connaît dans ses chansons, tantôt teinté de drôlerie tantôt de pénombre.

Lesdites nouvelles où s’immiscent amour, férocité et irrationnel s’enchaînent trop vite et laissent le lecteur un peu désabusé car en fin de compte il n’émane pas grand-chose comme morale de ces histoires cousues de fil blanc.

Mais pourquoi donc le chanteur s’est-il fourvoyé en publiant ce recueil de nouvelles sans surprise qui ne laisse pas en mémoire un souvenir fracassant ?

Alors Monsieur Chedid, continuez donc à nous bercer et nous ravir de vos ritournelles et de votre belle musique… « Ainsi soit-il ».

Et puisqu’il faut en arriver au classement de ce livre sur notre site, mon cœur oscille entre un ou deux verres… Après moult réflexions, je lui attribuerai un seul verre.

Des vies et des poussières de Louis Chédid, éd. Calmann-Lévy

Date de parution : 06/01/2016  
Article publié par Catherine le 10 mars 2016 dans la catégorie vin de table
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Grand vin

Envoyée spéciale – Jean Echenoz

Constance, la trentaine, mène une vie parisienne sans anicroche… L’amour s’est effiloché et, dans l’appartement parisien, l’ambiance devient pesante. Alors qu’elle se rend auprès de l’agence immobilière chargée de la vente de son bien, cette dame oisive voit sa vie changer au quart de tour lorsque, kidnappée par les services secrets français, la voilà chargée d’une mission insolite et hilarante. Alors qu’une rançon est demandée à Louis-Charles, son mari artiste, musicien dénommé Lou Tausk, jadis couronné de succès. Personne ne réagit à cette instance, pas même Hubert, le demi-frère avocat. Personne. Un pli contenant un bout de doigt de Solange ne fait guère plus réagir l’entourage de celle-ci…

Envoyée spécialeDans la fourgonnette qui emmène Constance se trouvent Victor et deux comparses, Christian et Jean-Pierre. D’abord retenue prisonnière dans une ferme vétuste dans la Creuse, puis dans la cabine d’une éolienne, puis en Corée du Nord et enfin au point de départ, toujours sans que personne ne s’inquiète de sa disparition… Pourquoi ce rapt ?
Et l’auteur de nous entraîner à suivre les péripéties de cette héroïne côtoyant tour à tour une faune de personnages totalement loufoque à l’âme disloquée, eux-mêmes poursuivant leurs aventures comme dans une sorte de feuilleton qui tourne en boucle devant des téléspectateurs à la fois agacés et impatients de connaître très vite l’issue de leur course folle.

L’auteur nous offre un écrin de mots dans une langue française qui frise la perfection, se prend d’un coup pour un auteur policier malgré lui, s’autorisant un récit jubilatoire qui tantôt irrite le lecteur, tantôt le séduit. Car tout ici ressemble quelque peu aux commentaires délivrés par le présentateur d’un journal sur une chaîne TV devant des milliers de téléspectateurs avides de nouvelles à sensations.

Cette histoire qui ne tient pas debout est menée pourtant de main de maître, celle d’un auteur qui joue avec les mots, les fait virevolter, dans un style cadencé qu’il entoure d’humour à profusion. C’est là même que l’auteur sauve cette histoire décalée qui met en pelote les nerfs du lecteur. Car, certes, l’auteur se divertit incontestablement en se mettant dans la peau d’un auteur policier et le lecteur est à la fois énervé par cette histoire improbable et esbaudi par l’usage des mots justes et l’indéniable qualité d’écriture de l’auteur.

Désopilant…

L’on adore ou l’on abhorre. J’ai aimé.

Envoyée spéciale de Jean Echenoz, Les Editions de Minuit

Date de parution : 07/01/2016  
Article publié par Catherine le 29 février 2016 dans la catégorie Grand vin
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Grand vin

Les passants de Lisbonne – Philippe Besson

« On se déteste d’attendre mais c’est moins pénible que l’abandon, que la résignation totale. Voilà : on attend quelqu’un qui ne reviendra probablement pas. »

Tandis que dans une ville au bout du monde où le mari d’Hélène séjourne, se produit un tremblement de terre qui détruit tout, quelque part, ailleurs, Mathieu trouve son appartement entièrement vide et découvre au sol une lettre de rupture. Les voilà en plein désarroi. Au hasard d’un voyage à Lisbonne, Hélène et Mathieu se rencontrent à la réception de l’hôtel où ils séjourneront. Ils sympathisent, puis tout à tour se parlent, s’épanchent, se comprennent, partagent leurs souffrances et essaient tant bien que mal de les apaiser un peu. Tant de questions se posent à présent : comment vivre à nouveau après la perte d’un être aimé ? Comment survivre au manque de l’autre ?

Les passants de LisbonneEt alors qu’ils flânent dans les ruelles sinueuses de Lisbonne, la déprime s’installe, larvée mais difficile à chasser des pensées, la saudade imbibe les lieux et les berce d’une douce mélancolie. Mais que cherchent-ils à présent, si ce n’est guérir un peu et se tourner vers la vie qui revient petit à petit ?

Car la saudade, n’est-ce pas tout simplement un retour à la quiétude et non un renoncement ?

L’auteur livre ici encore un récit nimbé de nostalgie, sans jamais toutefois tomber dans le pathos et les versets larmoyants. Il nous convainc que derrière la douleur il y a toujours cet instinct de survie qui nous tient debout et en toile de fond de la mort ou du manque, séjournent l’espoir et la volonté d’avancer, de ne pas fléchir.

Ainsi, entre deux âmes en perdition, l’une endeuillée et l’autre quittée, va naître une complicité très forte, inattendue. Renaissance d’un amour ? Pas sûr… De ce duo improbable, l’on ne sait pas grand-chose… L’écriture est pudique, toute en émotion et délicatesse. Et le message qui s’immisce entre les lignes est tout rempli d’espérance.

De ce récit grave et tragique, l’on sort pourtant réconforté…

Les passants de Lisbonne de Philippe Besson, éd. Julliard

Date de parution : 07/01/2016  
Article publié par Catherine le 22 février 2016 dans la catégorie Grand vin
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Comestible ?

Le Talisman – Mathieu Terence

Le narrateur se souvient de sa rencontre avec Farrah qui a bousculé sa vie, de cette femme qu’il a aimée à perdre la raison et qui mit fin à ses jours. D’elle on ne sait rien de plus…

Un récit qui ressemble à un kaléidoscope, frise la confusion et nous entraîne dans la spirale de l’onanisme intellectuel. On ne sait pas vraiment vers quoi l’on s’aventure en poursuivant la lecture de cette histoire décousue, dénuée d’émotion, qui sert de prétexte à l’auteur pour divaguer, lui qui sort de sa thébaïde, lui qui jadis voulait faire des études de psychologie, et finit par suivre le chemin de l’écriture. talisman

Dans ce récit qui se lit comme une partition de musique inachevée, passant des notes graves à celles plus délicates sans marquer de pause, le narrateur nous entraîne dans les tréfonds de sa mémoire et nous livre une sorte de journal d’un auteur en mal d’inspiration où il nous fait l’étalage de sa vie, celle d’un homme superficiel voire snob qui s’écoute parler… Et le funeste auteur tente de nous apitoyer en se montrant sensible, défiant même les méandres du sentiment de Saint-Bernard qu’il avait approché dans le passé.

Ainsi je ne m’attarderai pas à vous donner une chronique détaillée et me bornerai à vous faire part de ma déception. Dois-je ajouter encore que je ne recommande pas la lecture de cet opus. Dommage pour les quelques soubresauts poétiques qui s’immiscent parfois entre les lignes…

Le Talisman de Mathieu Terence, éd. Grasset

Date de parution : 20/01/2016  
Article publié par Catherine le 17 février 2016 dans la catégorie Comestible ?
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Grand vin

Le monde sensible – Nathalie Gendrot

Delphine avait rendez-vous avec Elvin, rencontré trois jours plus tôt. Elle est géographe et nourrit le rêve de tailler la zone d’un point à l’autre de la planète mais tout lui fait peur, elle fuit le tumulte, la vie trépidante, le bruit. En Elvin, elle avait trouvé un apaisement, une sorte de plénitude. Il l’attirait incontestablement.

Ce soir, il peut des hallebardes et sur le trottoir d’en face, elle le voit Lui, son amoureux, qui l’attend patiemment. Alors qu’elle court pour le rejoindre, elle est soudain renversée par une voiture. Transportée à l’hôpital, Delphine se retrouve dans le coma. Perfusée, elle reçoit de la morphine qui la rend nauséeuse, en plein délire et la plonge dans un état ouateux et irréel. Alors qu’elle ne sent plus son corps et laisse errer son esprit, elle fait un étrange voyage intérieur à mille lieues de la réalité, multiplie, additionne, soustrait les nombres à l’infini et contraint sa voisine de chambre à suivre désormais l’émission Des chiffres et des lettres et décide d’affubler du prénom d’Asclépios l’anesthésiste du service.

le monde sensibleUn long périple la mène finalement à la guérison mais elle gardera toujours ses délires d’antan puisqu’alors qu’elle se rend à l’observatoire, elle se met à parler aux étoiles…

Et dans cet univers délirant, on se laisse emporter, bercé par l’écriture cristalline et délicate de l’auteure.

Un premier roman tout en émotion pour cette auteure qui dissèque à merveille le monde des songes, les voyages irréels de l’âme fracassée et les virages dans le monde onirique qu’engendre le coma. De cette promenade dans le monde de l’imaginaire, nous ne ressortons pas indemnes et à l’instar de Delphine notre esprit divague encore et encore. Et d’ailleurs l’auteure sort-elle de cette divine torpeur, de cette échappée irréelle et imposée ? Nul ne le sait…

Voilà ce qui fait la force de ce roman, nous faire voler dans les nues à mille lieues d’ici-bas et nous aider à garder cloisonné quelque part dans sa tête le souvenir d’un voyage merveilleux et improbable…

J’ai beaucoup aimé…

Le monde sensible de Nathalie Gendrot, éd. de l’Olivier

Date de parution : 14/01/2016  
Article publié par Catherine le 9 février 2016 dans la catégorie Grand vin
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Dessin de Jordi Viusà. Conçu par Noann Lyne