Cru bourgeois

Petit dictionnaire des mots retrouvés

Réédition d’un titre paru en 1938.

Quelques collaborateurs de la Nouvelle Revue Française, dont le rédacteur en chef était Jean Paulhan, ont réhabilité à leur façon des mots détournés de leur sens premier.

Par exemple :

Diarrhée : n.p.f princesse mérovingienne célèbre pour ses débordements. Epouse de Lentheric premier, roi des Mégoths

Prépuce : s.m. Petit insecte sauteur, universellement répandu, excepté en Orient. Parasite et antisémite.

Curateur : s.m. Praticien chargé par les lois romaines du bon fonctionnement des organes digestifs…

Jargon: s.m. Gaz rare, nauséabond, et à fort pouvoir éclairant.

Fallus s.m. Nuage de forme allongée, précurseur d’orage lorsqu’il se développe.

Petit dictionnaire des mots retrouvés, éditions Mots et Cie

Article publié par Noann le 28 janvier 2010 dans la catégorie Cru bourgeois
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Premier Grand Cru Classé

Les Noces Barbares – Yann Queffélec

L’histoire en soi n’a rien d’exaltant, et est, il faut bien le dire, morose d’un bout à l’autre.

Un groupe de soldats américains viole une jeune française, Nicole. A priori on pourrait se dire : mais pourquoi Queffélec s’acharne-t-il sur les Américains, eux qui sont venus à notre rescousse à deux reprises, eux sans qui les deux guerres mondiales se seraient éternisées ? Il eût été de meilleur ton d’accabler des Allemands, comme à l’accoutumée. Mais il faut savoir que les Américains se sont rendus coupables de milliers d’actes de barbarie dans la France de l’après-guerre. Le fait n’est donc pas unique et Queffélec, en choisissant cette voie, évite le cliché du soldat germain sans pitié, et donne un contrepoint à l’image du pioupiou bienveillant venu d’outre-Atlantique pour nous sauver, avec son Coca-Cola, son chewing-gum et ses Marlboro, véritable frêre à qui l’on doit tout.

Il faut parfois résister aux amalgames, même quand tout concourt à les rendre crédibles.

Nicole donc, jeune bretonne naïve, âgée de treize ans (décidément tout a été fait pour renforcer le côté sordide…) tombe dans une souricière tendue par trois soldats US dévoyés. De cette union barbare naîtra un fils, Ludovic, souffre-douleur de sa famille… et de l’auteur, car Queffélec ne lui épargne rien. Tout juste le garçonnet connaitra-t-il un répit, lorsque sa mère épousera un riche mécano de la région, Micho. Mais très vite l’aspect dramatique reprend le dessus, le fils de Micho est une peste, Nicole continue de détester sa progéniture honteuse.Elle finira par faire enfermer Ludo dans un asile.

Tout ceci n’est pas très réjouissant.

Mais cette histoire glauque est surtout portée par une écriture magistrale, et à ce titre, le prix Goncourt est mérité, pour une fois. Les personnages sont extrêmement vivants, les dialogues réalistes, et Queffélec parvient à nous séduire par son style (mais y parvient-il seul ?). En particulier, la troisième partie de ce triptyque contient quelques passages de toute beauté.

Les Noces Barbares – Yann Queffélec, régulièrement réédité en Poche

Article publié par Noann le 26 janvier 2010 dans la catégorie Premier Grand Cru Classé
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Comestible ?

La Dégustation – Yann Queffélec

Michel, 50 ans, riche propriétaire d’un domaine viticole épouse en 1973 Muriel, de trente ans sa cadette. Il traîne derrière lui un lourd passé de collaboration lors de la Seconde Guerre Mondiale, allant même jusqu’à être à l’origine de la déportation de la grand-mère de Muriel …

Plus on avance dans ce récit pourtant court, plus l’agacement nous gagne … Irritants le cynisme froid et l’antisémitisme larvé de Michel. Irritante la passivité de Muriel qui fait la sourde alors qu’en elle-même elle sait, elle a reconnu Michel. Agaçante la confrontation inaboutie entre les deux époux au moment de vérité. Agaçant le dénouement qui ne résout rien et n’apporte aucune réponse. Pour conclure, j’ai refermé ce livre, exaspérée.

La plume de Yann Quefféllec est vraiment inégale … En suivant son chemin d’écriture, nous allons de ravissements en déceptions. Ce roman-ci est un désastre ! Autant j’avais pu me délecter de « La Mineure » qui dégageait un charme envoûtant derrière une plume pudique, autant « La dégustation » m’a donné la migraine. Il me reste à lire « Les Noces Barbares » pour me réconcilier avec un auteur qui m’a déjà donné de beaux souvenirs de lecture mais aussi … du fil à retordre au fil de pages que j’ai maudites !

En refermant le livre, j’ai été tentée par une dégustation … d’aspirine.

« La Dégustation » – Yann Queffélec – Fayard 11/2005

Article publié par Celeste le 25 janvier 2010 dans la catégorie Comestible ?
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Cru bourgeois

Belange – Patrick Cauvin

Voilà un auteur pour qui nous avons une affection particulière, fût-ce pour les nombreuses heures de lecture hilarante dans la salle d’attente du dentiste. C’en était même gênant, une fois le livre refermé, on continue à rire et pendant le placement d’une couronne dentaire ce n’est pas sans conséquences…

Patrick Cauvin a écrit de très nombreux livres, dans un genre qui lui est propre et qu’il n’a cessé de perfectionner. Il nous a juste fait une petite crise, quand il a tenté d’écrire comme D’ormesson ou à peu près, soucieux probablement de reconnaissance et désirant comme tout le monde obtenir le Prix Goncourt.

Belange est une de ses histoires typiques, trois ou quatre personnages de la vie de tous les jours, dont l’auteur nous livre les états d’âmes avec un peu de poil à gratter, quelques anecdotes et une façon de conter qui lui est propre.

C’est du pur Cauvin. Certes ce n’est pas de la haute littérature, bien que le vocabulaire soit riche et précis et qu’on sente le pro derrière les boutades, mais c’est distrayant et souvent très drôle. Et si un livre amuse et nous fait oublier la noirceur du monde, avec ses crises, ses calamités et son pétrole, n’est-ce pas le principal ?

Belange – Patrick Cauvin Éditions Albin Michel / le Livre de Poche

Article publié par Noann le 24 janvier 2010 dans la catégorie Cru bourgeois
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vin de table

Le Gardien du Phare – Catherine Hermary-Vieille

Trois femmes échouées sur une île sauvage dont un monstre de pierres grises barre tous les accès. Un gardien de phare fantôme dont elles ignorent s’il existe vraiment … Pourtant, elles guettent, épient et redoutent sa présence …
Pour quelle obscure raison le destin les a-t-il jetées sur ce bout de terre inaccessible ?

*****

J’ai aimé le parfum d’eau salée qu’exhale ce roman. L’auteur nous transporte vers un paysage désolé, nous pousse vers des falaises léchées par la mer et le vent. Les paysages sont décrits avec beaucoup d’émotion.  L’auteur fouille l’âme humaine dans tous ses tréfonds. On sent dans celle de ces trois femmes, très différentes, l’espoir de s’en sortir paradoxalement avec l’espoir d’une vie différente, une vie qu’elles méprisent. J’ai aimé ce désespoir qui guette à chaque page, ces portraits de femmes résignées ou battantes, qui veulent se sortir de ce que l’île peut leur offrir ou qui acceptent sans dire mot, mais aspirent à changer de vie, loin de cette thébaïde obligée. On se laisse porter par l’ambiance de l’île, les joues fouettées par le vent, on découvre le monde des marins, des pêcheurs, un cadre pas toujours enchanteur…

Toutefois,  ce roman peut laisser une impression d’inachevé. La fin est un peu floue et de nombreuses questions restent sans réponses. Que s’est-il passé réellement ? Je dirais que c’est avant tout un roman d’atmosphère où tout est suggestif, envoûtant et, après tout, même si on a du mal à trouver la clef de l’énigme, est-ce vraiment  important ?

« Le Gardien du Phare » (Catherine Hermary-Vieille) – Poche décembre 2009

Article publié par Celeste le 22 janvier 2010 dans la catégorie vin de table
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Comestible ?

Le travail du style littéraire – L. Timbal-Duclaux

Louis Timbal-Duclaux devient connu dans le monde des écrivains amateurs. Il a rédigé plusieurs livres sur les techniques d’écriture de romans, nouvelles, contes, etc, etc, etc…

En ce qui me concerne j’aime bien cette boutade :

Celui qui sait faire quelque chose le fait.

Celui qui ne sait pas le faire l’enseigne.

Celui qui ne sait pas enseigner inspecte.

Eh oui Louis TD, vous qui prétendez tout savoir de l’écriture et de comment il faut la formater pour vendre, pourquoi n’êtes vous pas l’auteur de best-sellers ?

Louis TD dit des choses qui ne sont pas toutes dénuées d’intérêt. Mais manifestement il a réduit l’écriture a une technique, faisant fi de toute émotion et de toute dimension artistique. Or si écrire demande de la technique, c’est surtout le reste qui fera la différence, les capacités, la personnalité, le talent. Et le talent, on n’en trouve pas la recette dans les livres.  Louis TD analyse, déduit, schématise. C’est plein de graphiques, d’histogrammes… Il aurait pu faire carrière dans l’informatique !

Au chapitre six, on peut lire : « la lisibilité, c’est ce qui rend la lecture facile et le lecteur heureux. » Tiens tiens LTD, seriez-vous en train de nous dire qu’il faut faire des phrases les plus simples possibles pour que tout le monde comprenne ? Eh bien oui, la suite confirme ce point de vue. Voilà qui pourrait instruire les éditions Actes Sud ou Seuil.

On trouve un tableau qui indique que les bandes dessinés obtiennent  plus de 10 millions de lecteurs avec des phrases de treize mots en moyenne… contre 1 million de lecteurs (?) et 20 mots pour les revues culturelles…On apprend aussi que Proust a un indice de lisibilité de -10 (très mauvais !), alors qu’un livre de deuxième primaire a un indice de 80 (très très facile à lire).

Conclusion : un peu manichéen tout ça ! Louis TD a trouvé un bon filon pour gagner de l’argent. J’ignore si sa technique de plume est bonne, mais la technique pour nous plumer est excellente ! Les écrivains amateurs sont de plus en plus nombreux ! Ça se bouscule. Bientôt plus d’écrivains que de lecteurs !

Le travail du style littéraire – Louis Timbal-Duclaux – Éditions Écrire aujourd’hui

Article publié par Noann le 21 janvier 2010 dans la catégorie Comestible ?
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Grand vin

Les Chats de hasard – Anny Duperey

Il est rare qu’une actrice ou une chanteuse réussisse dans le milieu difficile de l’écriture (à chacun sa spécialité remarquez bien…). Toutes ou presque s’y sont risqué, avec des résultats divers, souvent peu convaincants… On ne citera personne. Y aurait-il une antinomie dans les talents, qui rend impossible d’être bonne dans plusieurs registres ? Nous poserons la question à Sheila …

Anny Duperey a réussi le pari d’écrire des livres intéressants, sans se hisser au panthéon des sommités littéraires, mais avec un réel talent de conteuse…

Son écriture n’est pas celle d’un écrivain, mais ses phrases sont justes, bien écrites sans être simplistes.

Nous sommes passés avec bonheur d’une page à l’autre de ce livre où l’actrice évoque pèle-mêle sa vie, son métier, et surtout ses chats. En réalité, bien qu’elle aime parler de sa personne, ce n’est pas une auto-biographie d’Anny, mais plutôt une félino-graphie. Pour qui sait apprécier les félins, ce livre est juste et divertissant. Ceux qui ne les aiment pas… eh bien en voyant le titre ils auront passé leur chemin…

Anny Duperey a su utiliser subtilement sa vie de comédienne connue pour enrichir le récit, sans pour autant être narcissique. De petits souvenirs de sa carrière jalonnent le texte.

Les Chats de hasard – Anny Duperey. Collection Points (poche)

Article publié par Noann le 21 janvier 2010 dans la catégorie Grand vin
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Comestible ?

Tu ne jugeras point – Armel Job

Dans « tu ne jugeras point », Armel Job relate un fait divers fictif, l’enlèvement d’un petit garçon… fictif mais quand même nettement appuyé par les affaires des dernière années, de Dutr*** à Outreau, en passant par Mac Cann. Le résultat contient hélas quelques clichés et idées préconçues tels qu’il s’en propage dans les bistrots. L’auteur semble s’être relativement peu documenté sur la justice et le milieu judiciaire. Le récit est donc peu étayé et peu convaincant. Il n’est pas impossible d’écrire sur un sujet dont on ignore tout au départ, moyennant une bonne documentation. Malraux a écrit la Condition humaine, histoire qui se passe en Chine, sans avoir mis un pied au delà de l’Oural. Les Bienveillantes a été écrit par un écrivain né après la guerre, et pourtant il contient une profusion de détails.

La fin, au lieu d’éclairer le roman, l’assombrit. On s’aperçoit que l’affaire est assez simple, un cas de figure vu mille fois.

Quelques approximations, parmi les plus flagrantes :

Page 24 : « Rex ne comprenait que le flamand, langue dans laquelle zouk signifie : cherche »

On n’écrit pas « zouk » mais « zoek » (bien que ça se prononce zouk en effet)

Page 257 : « Elle irait voir le juge Conrad, elle lui avouerait ce qu’elle avait sur le cœur. Il suffisait de prendre à droite la rue Hors-Château, puis de suivre les ruelles obscures au pied de la Citadelle. Elle arriverait à l’arrière du palais et chercherait l’entrée. C’est une haute porte cochère par laquelle on accède à une cour carrée… »

Cette description de la ville de Liège, il me semble que l’auteur l’a tirée de sa mémoire lointaine. En effet, la rue Hors-Château conduit directement au palais. Pour y passer souvent, je dois avouer que je n’aurais pas deviné l’endroit pourtant si particulier s’il n’était nommé.

Tu ne jugeras point -Armel Job. Éditions Laffont

Article publié par Noann le 20 janvier 2010 dans la catégorie Comestible ?
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